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DROIT DE L'HOMME

Mercredi 27 février 2013 3 27 /02 /Fév /2013 20:27

 

 

 


 

 

 

 


 

 

Alors que la famille d’Ibni Oumar Mahamat Saleh commémore les cinq ans de son enlèvement par des éléments de l’armée tchadienne et vraisemblablement de son assassinat, cette même armée envoie 2 000 de ses soldats au nord Mali afin d’appuyer l’armée française dans la guerre menée contre les groupes armés islamistes.


Depuis cinq ans, la famille d’Ibni Oumar Mahamat Saleh et ses soutiens – défenseurs des droits de l’homme et parlementaires français – se mobilisent pour établir la vérité sur sa disparition et pour que le président tchadien Idriss Déby Itno respecte les engagements qu’il a pris et qui doivent permettre à la justice tchadienne de faire toute la lumière sur les conditions de cette disparition. La disparition du dirigeant du Parti pour les libertés et le développement (PLD) est survenue le 3 février 2008 à N’Djamena, après qu’il eut été fait prisonnier à son domicile par des membres de la garde présidentielle, et emmené vers une destination inconnue.

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Mardi 5 février 2013 2 05 /02 /Fév /2013 22:46

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« En tuant mon père, ils l’ont rendu plus grand »

Mohamed-Saleh Ibni-Oumar, fils de l’opposant disparu Ibni Oumar Mahamat Saleh

Vendredi 1° février, dans les locaux d’Amnesty International

 

« Idriss Deby et ses sbires commettent l’erreur de vouloir cacher les choses au lieu de nous rendre le corps de mon père pour qu’une sépulture digne lui soit donnée. Mais nous ne laisserons pas disparaître la mémoire de mon père. Il ne faut pas que le crime de l’oubli s’ajoute au crime de l’assassinat ».

Mohamed-Saleh Ibni-Oumar est un homme jeune portant un fardeau sur les épaules. Le 3 février 2008 vers 19h30, il était à Paris, préparant une thèse de doctorat en mathématiques, lorsque son père a été emmené par huit hommes revêtus de treillis de la garde présidentielle à N’Djamena. Sa famille ne l’a plus jamais revu. Un autre opposant arrêté le même jour,Ngarlejy Yorongar, affirme l’avoir vu et avoir parlé avec lui dans une prison secrète de la ville. Il pense qu’Ibni Oumar Mahamat-Saleh , qui était depuis une dizaine d’années une des principales figures de l’opposition tchadienne, a  succombé à des mauvais traitement et à un manque de soins.

« Des réunions avec l’Acat et Amnesty international »


« Ma mère s’est réfugiée à Orléans »
« Lorsque mon père a disparu, j’ai arrêté mon travail de thèse« , raconte Mohamed-Saleh Ibni-Oumar vendredi 1° février lors d’un entretien dans les locaux d’Amnesty international, quelques heures avant une réunion publique tenue en la mémoire de son père dans un des amphithéâtre de Sciences-Po Paris. « Il fallait que je participe à des mobilisations pour tenter de le sauver et savoir ce qu’il était devenu. Il y avait des réunions organisées par l’Action des chrétiens contre la torture, Amnesty international, des organisations tchadiennes de défense des droits de l’homme« .

« Depuis, ma mère et deux de mes frères sont venus en France et se sont réfugiés à Orléans« ,ajoute-t-il. « Mon frère aîné vit au Luxembourg. Moi, j’ai été professeur de mathématiques en lycée et en classe préparatoire et j’ai repris ma thèse. Je suis un peu sur les traces de mon père, qui était aussi mathématicien, docteur de l’université d’Orléans. Comme je suis à Paris, je suis souvent mobilisé pour des actions de dénonciation de sa disparition« .

« Le 3 février, date de ce triste anniversaire »

« Chaque 3 février, date de ce triste anniversaire, on essaie d’organiser une commémoration », explique tristement Mohamed-Saleh Ibni-Oumar.« Pour que l’oubli ne gagne pas. Nous parlons aussi des autres disparus au Tchad, des autres victimes de la répression : Bichara Digui, Bailaou Mianbé, Abbas Koty, Dr Guetti, Laoken Bardé, Moise Ketté, Bisso Mamadou, Me Behidi, et bien des milliers d’héroïques anonymes, morts dans les caves, torturés, martyrisés, exécutés sommairement ». »

« Un prix en mathématique porte le nom de mon père »

« Un film a été réalisé sur la vie de mon père », précise-t-il. « En sa mémoire, un prix portant son nom est attribué tous les ans à un jeune mathématicien ou à une jeune mathématicienne d’Afrique Centrale ou d’Afrique de l’Ouest, par un comité scientifique internationale. Deux parlementaires, Jean-Pierre Sueur et Gaetan Gorce, nous soutiennent, ainsi que notre avocat Me William Bourdon ».

« Des jumelages entre universités tchadiennes et françaises »

« Mon père était d’abord un universitaire« , résume le fils. « Il avait fait ses études à Orléans. A son retour au Tchad, il a créé l’équivalent du Cnrs, il a été recteur, puis ministre de l’enseignement supérieur sous Hissène Habré. Il a créé des jumelages et des échanges entre universités tchadiennes et françaises.»

« Un homme de savoir et un homme politique »

« Mais l’homme de savoir était aussi un homme politique« ,  poursuit Mohamed-Saleh Ibni-Oumar. « Il a collaboré pendant un court moment avec le président Idriss Deby. Il est passé dans l’opposition mais Deby l’a sollicité deux fois pour devenir premier ministre. C’était un intellectuel compétent et consciencieux. Un patriote laïque qui voulait dépasser le clivage nord-sud, très fort dans le pays ».

« Mon père a été aux congrès du Mans et de Dijon du PS »

« En 1993, quand le multipartisme a été reconnu, mon père a créé un parti, le parti pour les libertés et le développement. On l’appelait le parti ‘bac+3′ parce qu’on y réfléchissait beaucoup. Il tenait des réunions régulières. Il avait des liens avec l’Internationale socialiste, avec le Front patriotique ivoirien de Laurent Gbagbo et le PNDS de l’actuel président nigérien Mamadou Issoufou. Mon père a participé à de nombreux colloques de la Fondation Jean-Jaurès. Il était aux congrès du parti socialiste français à Dijon (2003) et au Mans (2005). « . »

« Il voulait incarner une troisième voie »

« Mon père dénonçait la prise ou la confiscation du pouvoir par la force« , souligne Mohamed-Saleh Ibni-Oumar. « Au Tchad, historiquement, le pouvoir se prend par les armes. Lui voulait incarner une troisième voie, entre le pouvoir et l’opposition armée. Il a animé des coalitions ou des coordinations d’opposants notamment en 2004 pour s’opposer à la révision constitutionnelle qui allait permettre au président Deby de se représenter pour la troisième fois à l’élection présidentielle. Mais il y a un grand nomadisme politique au Tchad » .

« Cinq ans d’impunité, c’est trop »

Ce vendredi après-midi, un chercheur d’Amnesty International est aux côtés de Mohamed-Saleh Ibni-Oumar. Christian Mukosa, basé à Londres et de nationalité congolaise, s’est rendu plusieurs au Tchad pour exiger le procès des responsables de la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh. »Cinq ans d’impunité et d’injustice, c’est trop » insiste-t-il d’une voix douce. « Nous continuons à faire pression pour que sa famille sache ce qu’il est devenu. L’absence d’informations et de procès est une situation déshumanisante et intenable. Ses proches ont besoin de pouvoir faire leur deuil » .

« Les écoutes des soldats français »

« Pourquoi Ibni Oumar Mahamat Saleh a-t-il été enlevé« ?, interroge Christian Makusa. « En février 2008, depuis deux jours, des rebelles avaient attaqué N’Djamena et cerné le palais présidentiel. Au soir du 3 février, ils commençaient à être repoussé. Selon certains rumeurs, des soldats français qui géraient les services d’écoute auraient eu des informations comme quoi les rebelles avaient appelé trois leaders de l’opposition, qui ont tous les trois été arrêtés. Ibni a sans doute été tué avant que l’émotion internationale n’exerce une pression sur le régime de N’Djamena. Les deux autres leaders ont été libérés, l’un dans une caserne, l’autre, de façon rocambolesque, dans un cimetière« .

« La France aura du mal à critiquer Deby qui la soutient au Mali »

« Avec les combats en cours au Mali, notre combat contre l’impunité va être un peu difficile« , prévoit le chercheur d’Amnesty International. « La France aura du mal à critiquer le président Deby qui a envoyé 2000 soldats en renfort au côté de ses troupes » .

« Le fils d’Idriss Deby, promu général à 24 ans »

« Il a beaucoup de chances, Deby« , soupire Mohamed-Saleh Ibni-Oumar. « La France n’avait pas besoin de son aide. Mais il a fait croire qu’il était très utile. La logistique va être payé par d’autres. Il a envoyé son fils de 24 ans, promu général en janvier, pour commander un bataillon. Cela va lui permettre de se familiariser avec les autres officiers ouest-africains et français, de se socialiser avec ces élites. Dans sa famille, on néglige l’école et les études mais on compte sur la ténacité au combat » .

« Un message de paix, non-violent et laïque »

« Mon père, c’était une autre image du Tchad que la passion guerrière »,conclut Mohamed-Saleh Ibni-Oumar. « Ils ont brisé un espoir, ils ont voulu faire taire un message de paix, non violent et laïque. Il faut faire la lumière sur son sort pour que l’aube de la liberté et de la démocratie puisse grandir. Aujourd’hui, tout est bloqué mais l’espoir fait vivre. C’est notre destin, c’est notre devoir » .

Entretien avec Jean-Christophe Ploquin 

Rédacteur en chef adjoint du Journal  La Croix.


 

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Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 20:37

 

                                      

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Ce dimanche, 5 années exactement se sont écoulées depuis la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh. Cinq années d'angoisse pour la famille qui sait maintenant qu'Ibni est mort (comment en douter ?) assassiné mais sans savoir ni où, ni comment, ni  par qui ! Et ceci en dépit des conclusions rendues dès août 2008 par une commission d'enquête indépendante qui avait clairement désigné les pistes conduisant aux coupables.


Cinq années de faux-semblant, de manœuvres et de manipulations visant à empêcher, différer, saboter une enquête dont le pouvoir tchadien compte bien qu'elle finira par définitivement s'enliser.

Et pourtant, cinq années de démarches réitérées, de conférences de presse en questions au gouvernement, de rendez-vous multipliés au Quai d'Orsay, Place Vendôme, à l'Elysée par tout temps et sous tout gouvernement, avec mon ami et collègue Jean-Pierre Sueur dont je salue la ténacité.


Cinq années au fond sans véritable espoir, comme si la vie d'un homme comptait pour rien. Rien face au sentiment d'impunité d'un triste (mais enrichi) dictateur africain parmi d'autres. Rien face à la cynique paresse de dirigeants ne voyant guère l'intérêt de s'encombrer d'un dossier sans issue qui empoisonnerait les relations avec un régime que la France a elle-même mis en place.

 

L'affaire malienne en témoigne : qui voudrait aujourd'hui, 5 ans après les faits, chercher des poux dans la tête au seul chef d'État africain qui ait dépêché ses troupes aux cotés de nos soldats engagés au Sahel ?


Et pourtant nous allons continuer. Parce que la seule manière d'empêcher le cynisme de l'emporter définitivement, c'est de lui contester sans relâche le terrain. Au grand étonnement de celles et ceux qui en font profession et pour leur montrer que leur vice n'est pas contagieux, laissant aux autres l'espoir de connaître un jour la vérité... Celle-là ou une autre, toutes étant bonnes à prendre (et à apprendre) contre le mensonge officiel sous toute ses formes.

 

Gaetan Gorce

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Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 20:16

 

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Tchad : le flou, cinq ans après l'enlèvement de l'opposant Ibni Oumar Mahamat Saleh

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Samedi 2 février 2013 6 02 /02 /Fév /2013 20:25

 

La décision de la Cour criminelle de N'Djamena du 26 décembre 2007 ne mentionne pas les noms des enfants victimes de l'Arche de Zoé !

1-copie-1.pngLes vociférations d’un Idriss Déby bavant devant les cameras de télévisions du monde entier ce 5 décembre 2012 à Paris pour réclamer l’exécution de la décision de la Cour criminelle de N’Djamena condamnant les membres de l’Arche de Zoé à payer 6,3 millions d’euros sont restées sans effets.

L’Etat tchadien vient d’être débouté par la justice française.

Le chef de l’Etat a beau nié avoir pris un quelconque décret pour accorder la grâce présidentielle aux condamnés, cela n’a servi au final qu’à faire tordre de rire les magistrats français et les avocats de Philippe van Winkelberg (le médecin de l'Arche de Zoé).

Le pire, c’est que Idriss Déby et ses conseillers juridiques se sont trimballés jusque dans la capitale française pour réclamer 4 milliards de Fcfa sans vérifier le contenu du jugement rendu par nos chers magistrats.

Bref rappel : le 25 octobre 2007, plusieurs membres de l'association ont été interpellés. Le procès a débuté le 21 décembre 2007 devant la Cour criminelle de N’Djamena. Le 26 décembre, soit exactement 5 jours plus tard (un record dans les arcanes de la Justice), les six membres de l’Arche de Zoé sont condamnés à huit ans de travaux forcés ainsi qu’à 4,12 milliards de francs CFA (soit environ 6,5 millions d'euros) de dommages-intérêts à payer aux familles.

Mais dans leur précipitation à rendre une justice conforme aux souhaits de Déby, les magistrats tchadiens ont tout simplement omis de mentionner dans leur décision les noms des 103 enfants auxquels les condamnés de l’Arche de Zoé devaient verser les 4,12 milliards de Fcfa.

Une bourde monumentale des avocats des victimes mais que les magistrats, censés connaître la procédure aussi bien sinon mieux que les auxiliaires de Justice, auraient pu corriger en temps utile.

Hélas ! les avocats français de Philippe van Winkelberg eux n’ont pas tardé à s’engouffrer dans cette brèche et demandé à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence de constater qu’ « il résulte de la lecture de ladite décision (de la cour tchadienne, ndlr) que celle-ci ne comporte pas mention formelle de la constitution de parties civiles ».

Autrement dit, la décision de la Cour criminelle de N’Djamena ne mentionnant aucune partie civile, « pas même le nom des enfants victimes », Philippe van Winkelberg et ses comparses ne sont tenus de verser les 4,12 milliards Fcfa à personne.

D’où l’impossibilité pour le juge français d’ordonner la mise en exécution de cette décision et de débouter, par voie de conséquence, l'Etat tchadien.

Et il faut préciser qu’il est désormais impossible pour les 103 enfants victimes d’obtenir gain de cause puisque l’article 293 du code de procédure pénale tchadien énonce que la constitution de partie civile par voie d’intervention « peut intervenir à tout moment de la poursuite, de l’instruction et des débats à l’audience mais au plus tard avant la fin des débats ».

La fin des débats, c'était le 26 décembre 2007, il y a un peu plus de 5 ans.

Pour autant, tout n'est peut-être pas perdu.

Les enfants victimes et leurs parents peuvent se retourner contre leurs avocats, lequels ont visiblement passé plus de temps à réfléchir à leurs honoraires et donc aux modalités de partage des 2/3 des trois miliards Fcfa que l'Etat tchadien a avancés aux familles plutôtqu'aux intérêts matériels et moraux de leurs jeunes clients.

Ils peuvent également actionner l'Etat en responsabilité pour faute du fait du fonctionnement défectueux du service public de la Justice.

Ceux qui, comme Moussa Dago, prônent le favoritisme aveugle là où l’intérêt du pays commande de privilégier la compétence, doivent se sentir vraiment ridicules face à cet affront que la Justice française vient de faire à nos magistrats recrutés pour la plupart parmi ceux dont le seul diplôme valable est la carte du parti MPS ou l’appartenance ethnique.

Avec des petits « hauts responsables » incapables de se hisser au-dessus des considérations partisanes d’un autre âge, notre pays demeurera toujours la risée du monde.


©Tchadoscopie

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Jeudi 4 octobre 2012 4 04 /10 /Oct /2012 23:29
 

L'ancien patron du pétrolier français Elf, Loïk Le Floch-Prigent, incarcéré au Togo pour complicité d'escroquerie, se trouve "dans une situation extrême" en raison d'un état de santé "catastrophique", a affirmé jeudi son avocat, s'appuyant sur l'attestation d'un professeur de médecine. M. Le Floch-Prigent souffre en particulier de psoriasis et devait subir fin septembre une intervention chirurgicale en France.


L'attestation du professeur Jean-Paul Escande, dermatologue réputé, réalisée à partir de photos, indique que "l'évolution de la situation médicale de M. le Floch-Prigent telle qu'on peut la suivre est maintenant catastrophique", a dit Me Patrick Klugman. "Les avertissements donnés précédemment n'ayant eu aucun écho, il se trouve dans une situation d'extrême urgence carcinologique et infectieuse. Faute de mesure appropriée, le pire est à redouter", selon cette attestation lue par l'avocat.


"SITUATION SANITAIRE ET JUDICIAIRE"


Me Klugman avait déposé, le 24 septembre, une demande de remise en liberté de M. Le Floch-Prigent, qui a été rejetée le 27 septembre. Ses avocats français et togolais ont fait appel mais cet appel n'a pas encore été étudié. "L'attestation du Pr Escande a été transmise aux autorités judiciaires togolaises, au Quai d'Orsay et doit être confirmée par un examen médical à Lomé, a dit l'avocat. Nous ne sommes plus dans une situation judiciaire mais dans une situation sanitaire et humanitaire. Mon client se trouve dans une situation extrême et il doit être rapatrié sans délai en France pour être soigné."

La justice togolaise le soupçonne d'être impliqué dans une affaire d'escroquerie internationale portant sur 48 millions de dollars (environ 36,5 millions d'euros). L'escroquerie présumée oppose un homme d'affaires togolais, Bertin Sow Agba, à un homme d'affaires émirati, Abbas El Youssef. L'Emirati a porté plainte contre M. Agba, l'accusant d'avoir organisé un réseau pour lui soutirer 48 millions de dollars. Il estime que M. Le Floch-Prigent "serait le chef d'orchestre dans cette affaire d'escroquerie". Loïk Le Floch-Prigent avait été condamné en 2003 à cinq ans de prison dans l'affaire Elf et a passé environ deux ans derrière les barreaux pour des malversations financières.

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Lundi 10 septembre 2012 1 10 /09 /Sep /2012 21:07



TCHAD : « NOUS SOMMES TOUS EN TRAIN DE MOURIR ICI ». LES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS DANS LES PRISONS.
Les conditions de détention dans les prisons tchadiennes sont si déplorables qu'elles s'apparentent à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les cellules sont fortement surpeuplées. Par ailleurs, la nourriture et l'eau sont impropres à la consommation et manquent parfois. Les détenus dépendent de leur famille et de leurs amis pour obtenir des provisions supplémentaires et des produits de première nécessité. Par conséquent, ceux qui n'ont personne ou sont détenus loin de leur domicile sont contraints de se passer de ces compléments. Les enfants, y compris les fillettes, sont détenus avec les adultes. La plupart des prisonniers sont en fait des prévenus qui, pour certains, attendent leur procès depuis plusieurs années.

 

Dans la majorité des prisons tchadiennes, les services médicaux sont inexistants. Les délégués d'Amnesty international ont constaté que, dans plusieurs prisons visitées, de nombreux détenus avaient besoin de soins médicaux et présentaient des maladies et inflammations cutanées qui n'étaient pas traitées. Les détenus atteints d'une maladie contagieuse grave, comme la tuberculose, de maladies sexuellement transmissibles ou du VIH courent des risques particuliers. Des émeutes ont éclaté à plusieurs reprises du fait de ces conditions épouvantables et des prisonniers ont été abattus par des gardiens. Les moyens affectés aux prisons, déjà limités, sont ponctionnés par les pots de vin et la corruption.

 

Ce rapport s'appuie sur des visites de prisons, des entretiens et divers travaux de recherche menés par Amnesty international en novembre 2011 et mars 2012. il décrit les conditions dans les prisons tchadiennes et les atteintes aux droits humains qui y sont commises. Il lance un appel au gouvernement tchadien à prendre des mesures immédiates pour réformer le système pénitentiaire, au besoin avec l'aide de la communauté internationale.

 

Des détenus sont enchaînés par les chevilles à la prison d'Abéché, en mars 2012. Les détenus portent des chaînes lors des trajets entre la prison et le tribunal ou l'hôpital mais ils peuvent également être maintenus ainsi nuit et jour pendant des mois, souvent sans raison apparente.

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Mercredi 5 septembre 2012 3 05 /09 /Sep /2012 14:49

 

 

 

mnour.JPGDepuis le 28 Août 2012, M. Dahab ABDERAHIM DAHAB, Chef de canton de Ouadi-Hamra est injustement arrêté  et dans la foulée écroué à la maison d’arrêt d’Abéché sur instruction du sinistre Ministre de la sécurité publique Ahmat MAHAMAT BACHIR.

 

C’est une machination, une manœuvre montée de toute pièces par ce dernier et un certain commerçant  véreux nommé Ahmat AB-YANGOU contre l’illustre Chef  traditionnel.

 

Cette affaire est un secret de polichinelle. Depuis plusieurs années, il n’y a nul doute que le Cantonnât de   Ouadi-Hamra était convoité bec et oncle par l’imposteur AB-YANGOU pour Y placé son propre gendre.

Un projet machiavélique a été mis en place par Bachir et son Commerçant abdjangou, imaginons la suite.

 

Certes, étant Ministre de son Etat, le sieur pourrait user des pouvoirs qui lui sont conférés et de toute son influence pour démettre un chef de traditionnelle, toutefois il faut qu’il aille calmement sans trop s’acharner. Qu’il n’aille pas par quatre chemins, ce qu’on veut c’est qu’il ne s’attaque pas à l’intégrité de monsieur Dahab car accuser à tord un chef de canton d’atteinte a la sûreté  de l’état est une chose extrêmement grave dans une République.

 

Notre Ministre  cherche à accabler un innocent citoyen et à le démettre de ses fonctions avant même un éventuel procès équitable. Ceci par le truchement de la politique de division instaurée au Tchad, et ce en dressant  les uns contre les autres.

 

Tout  ce ménage et ce mélange de genres ne participent guères aux règlements des problèmes du pays.

 

D’une part, j’invite humblement le magistrat en charge du dossier d’user de son professionnalisme, d’observer et de trancher en son âme et conscience ce litige. Et d’autres parts, il est du devoir des organisations nationales et internationales (des Droits de l’Homme) de faire des pressions sur le Gouvernement tchadien  afin de permettre à un innocent citoyen, injustement et abusivement détenu d’être libéré.

 

 

Mahamat nour ABDOULAYE

Combattant de la liberté au Tchad

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Jeudi 30 août 2012 4 30 /08 /Août /2012 08:23

 

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A l'occasionde la journée internationale des personnes disparues : Mohamed Saleh IBNI OUMAR est l'invité de NadineEpstain.0

30.08.2012 - 07:30 Ajouter à ma liste de lectureRecevoir l'émission sur mon mobile

Nous nous penchons sur le cas de "disparitions forcées" organisées par des agents de la force publique.

 

On certainement beaucoup plus évoqué l'Amérique latine sur ce sujet dont  l'Argentine mais l'Europe n'est pas épargnée par les cas de disparition forcée en particulier, en Bosnie, en Tchétchénie et en Géorgie.

 

Toutes ces disparitions obligent les familles des victimes à tenter de se battre contre l'Etat sans pouvoir espérer avoir un jour gain de cause.

 

Un dossier de Nadine Epstain.

Thème(s) : InformationCommémorationDroit

 

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Mardi 26 juin 2012 2 26 /06 /Juin /2012 10:56

 


Le président sénégalais Macky Sall salue le public à l'ouverture de la 10e biennale d'art contemporain africain, à Dakar, le 11 mai 2012 (AFP/Archives, Seyllou)
 

(AFP) – PARIS — Le président sénégalais Macky Sall a affirmé que l'ancien chef d'Etat tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l'humanité, ne sera pas extradé en Belgique mais jugé au Sénégal, dans un entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique paru lundi.
Le Sénégal s'est doté début juin d'un groupe de travail sur l'affaire Hissène Habré, dans le cadre de son engagement pris en 2006 d'organiser le procès de l'ancien président réfugié sur son sol.
"Ce comité est justement chargé de faire toute la lumière sur cette affaire et d'étudier les contraintes qui se posent à nous, sachant que j'exclus d'office son extradition vers la Belgique, qui le réclame", a expliqué Macky Sall.
"Il n'y a aucune raison valable de ne pas le juger en Afrique, et je rappelle d'ailleurs que c'est l'Union africaine qui a donné mandat au Sénégal d'organiser ce procès. Habré sera jugé ici", a-t-il ajouté.
Hissène Habré vit en exil à Dakar depuis sa chute en 1990 après huit ans au pouvoir (1982-1990). Il est accusé de crimes contre l'humanité, crimes de guerre et torture. Le Sénégal, qui avait accepté en 2006 de le juger à la demande de l'UA, n'a jamais organisé le procès.
La Belgique avait lancé en septembre 2005 un mandat d'arrêt international contre lui pour "violations graves du droit humanitaire international" et, depuis lors, a fait quatre demandes d'extradition en vue de le juger, en vain.
Elle a aussi saisi en 2009 la Cour internationale de justice (CIJ) à laquelle elle demande d'ordonner au Sénégal de juger ou d'extrader Hissène Habré.
Ces procédures se basent sur une plainte déposée en 2000 par un Belge d'origine tchadienne en vertu d'une loi belge dite de "compétence universelle" pour les crimes de droit international qui autorise notamment les tribunaux à se saisir d'un tel dossier dès lors qu'un citoyen de nationalité belge est concerné.
Selon une commission d'enquête tchadienne, le régime d'Hissène Habré a fait plus de 40.000 morts parmi les opposants politiques et au sein de certains groupes ethniques.

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Jeudi 21 juin 2012 4 21 /06 /Juin /2012 11:04

 

Selon certaines sources, c’est lors du conseil disciplinaire qui a eu lieu le 13 juin dernier à la présidence de la République que la décision de la radiation du juge Emmanuel Dekeumbé a été prise par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) du Tcahd. La même source informe aussi que cette décision sera confirmée à travers un décret qui ne tardera pas à tomber. Pour de nombreux magistrats, cette décision est une erreur grave et le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) risque de se diviser. «Les magistrats n’ont pas encore dit leur mot. Le moment viendra où ils vont se prononcer. Ils n’ont pas mesuré les conséquences de cette décision et ils seront responsables», confie un magistrat qui reste dans l’anonymat. En attendant le décret qui accompagnera cette décision et confirmera qu’il a été radié du corps des magistrats, les organisations de la société civile, certains syndicats, les partis politiques de l’opposition montent au créneau pour dénoncer cette révocation qualifiée comme un règlement de compte. 

 

 
Une des Cour de justice du Tchad

Pourquoi le juge Emmanuel Dekeumbé
Il est considéré aujourd’hui comme le libérateur du Député Gali Ngoté Gata. En avril dernier, le juge Emmanuel Dekeumbé a claqué la porte pendant que le tribunal de Moundou se préparait à rendre le verdict sur l’affaire qui a défrayé la chronique. Il a estimé que la décision que s’apprêtait à rendre le tribunal n’était pas normale et il ne pouvait pas cautionner le faux dans cette affaire. Le tribunal de Moundou a donc été obligé de suspendre le délibéré, pour le reprendre une semaine plus tard. Avec la démission du juge, le tribunal n’a pas d’autre choix que de libérer le député Gali. 

La Cour d'appel de Moundou avait déclaré la procédure entachée d'irrégularités, l’annulant et ordonnant la libération du député Dès lors le jugé a été considéré comme celui qui a sauvé le député Gali Ngoté Gata, condamné pour corruption et complicité de braconnage de phacochères. Moins de deux semaines après la libération du député, le juge a été suspendu pour violation du secret des délibérations avant d’être traduit devant le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) puis aujourd’hui révoqué. Entre temps, le jugeEmmanuel Dekeumbé et un autre juge ont déposé différentes une plaintes contre le ministre de la Justice du Tchad.

Dans un communiqué, le porte-parole adjoint de la Coordination des Partis Politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC, principale coalition de l'opposition) Saleh Kebzabo, qui estime que l'affaire est montée de toutes pièces, a déclaré: Les partis politiques s'insurgent contre cette mesure et la dénoncent comme étant un pas supplémentaire dans la mise sous ordre du pouvoir judiciaire dans notre pays. "Dekeumbé fait les frais de son courage", a affirmé Me Jacqueline Moudeina, présidente de l'Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l'Homme. Avocate des victimes de l'ex-président tchadien Hissène Habré, prix "Right LivelihoodAward (2011), surnommé le +Prix Nobel Alternatif+, Me Moudeina estime queDekeumbé, à travers son acte, a exprimé sa ferme volonté de défendre la magistrature pour lui assurer la crédibilité tant revendiquée par les Tchadiens. Tout le corps doit en être fier.

 

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Lundi 18 juin 2012 1 18 /06 /Juin /2012 17:34


L’avocat du syndicaliste Djibrine Assali, Maître Amadou Aly KANE a fait parvenir à notre rédaction une lettre adressée aux autorités soudanaises exigeant la libération immédiate de son client arrêté depuis presque un an à Khartoum au Soudan. Sinon Me Kane menace de saisir la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
Selon la note, le syndicaliste qui a rejoint, à l’époque la rébellion tchadienne après l’attaque rebelle de 2008, a été arrêté précisément le 19 Août 2011 vers 22 Heures par des éléments de la police soudanaise, à son domicile situé au quartier Abada Sabil, Carré N°8, en face du Middann Khoreshi à Khartoum. Dans la lettre il est écrit: « Son interpellation aurait été justifiée par ses exécutants, selon des sources fiables, par la nécessité de le protéger contre la menace d’hommes de main du régime tchadien actuel, présents à Khartoum et résolus à attenter à son intégrité physique voire même à sa vie.»
D’après Me Kane, depuis l’interpellation de son client jusqu’à la publication de la présente lettre demandant sa libération, sa famille n’a pas de ses nouvelles et aucun proche ne sait où il est détenu. Pour lui, il  est indiscutable que sa détention est une détention arbitraire, décidée en dehors de la justice et par conséquent faite en violation de toutes les règles de Droit. Il exige donc la libération de M. Assali et une compensation pour le tort qu’il a subi.
Le Miroir

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Mercredi 6 juin 2012 3 06 /06 /Juin /2012 12:54

 

L'affaire Habré: les Archives de l'Horreur


Hissène Habré - Les archives de la police politique


L'histoire relatée ci-dessous provient d'un article paru dans Jeune Afrique L'Intelligent du 2 mars 2003, " Les archives de l'horreur ", de Tidiane Dioh. Dans la version ci-après, les lecteurs peuvent consulter les documents originaux trouvés à l'abandon dans les locaux de la DDS de Hissène Habré.


En mai 2001, Reed Brody et Olivier Bercault de Human Rights Watch (HRW), sont autorisés par le gouvernement tchadien à pénétrer dans les anciens locaux de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), à N'Djamena. Simple visite de routine, pensent-ils.


Situé à proximité de la présidence de la République, le bâtiment est à l'abandon. Stupéfaits, Bercault et Brody vont y découvrir, éparpillés à même le sol et recouverts d'une épaisse couche de poussière, des milliers de documents. Il s'agit tout simplement des archives de la sinistre et toute-puissante police politique de Habré. Il y a là des centaines de procès-verbaux d'interrogatoires (d'opposants ou de simples suspects), des listes de prisonniers (politiques ou de guerre), des certificats de décès, des décrets de nomination, des affiches de propagande, des listes d'agents de la DDS, des notes adressées au chef de l'État... Bref, la mémoire douloureuse des années noires du Tchad. " C'est ce que nous cherchions depuis plus de deux ans, une véritable mine, s'exclame Brody. Ces documents vont permettre aux victimes de démontrer l'implacable système de répression mis en place par Habré, dans ses moindres détails. "


Questions : pourquoi l'ancien dictateur et ses complices n'ont-ils pas détruit ces preuves irréfutables de leurs crimes ? N'en ont-ils pas eu le temps au moment de leur fuite ? Avaient-ils le sentiment d'être au-dessus des lois ? Étaient-ils convaincus qu'ils n'auraient jamais de comptes à rendre ? Un peu de tout cela, sans doute.

Au cours des mois suivants, l'Association des victimes de crimes et de la répression politique au Tchad (AVCRP, soutenue par HRW et la Fédération internationale des droits de l'homme - FIDH) obtient des autorités l'autorisation de se rendre régulièrement sur les lieux afin de rassembler et de nettoyer les fameux documents, qui sont ensuite entreposés dans l'ancienne salle de réunion des cadres de la DDS, dans le sous-sol du bâtiment. Des mois durant, l'équipe de l'AVCRP va, dans une chaleur insupportable, trier, analyser et photocopier les sinistres archives. Les documents originaux restent sur place, mais des copies sont envoyées au siège de HRW, à New York, où un statisticien nommé Patrick Ball (il est membre de l'American Association for the Advancement of Science) procède à leur classification. Ball a travaillé pour les " Commissions Vérité et Réconciliation " naguère mises en place au Guatemala, en Afrique du Sud et à Haïti. Le 13 mars 2002, à La Haye (Pays-Bas), il a témoigné devant le Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie, lors du procès de Slobodan Milosevic. Selon Ball, les documents tchadiens constituent des preuves " éloquentes " susceptibles de " confirmer les témoignages des victimes ". Dans la mesure où ils émanent de sa propre administration, le chef de l'État ne pouvait pas ne pas en être informé.


Impitoyable machine

C'est par un décret en date du 26 janvier 1983 que Habré, arrivé au pouvoir huit mois auparavant, a créé la DDS, un organisme "directement subordonné à la présidence de la République en raison du caractère confidentiel de ses activités ". Lesdites activités couvrent notamment " la collecte et la centralisation de tous les renseignements [...] susceptibles de compromettre l'intérêt national ", ainsi que " la collaboration à la répression par l'établissement de dossiers concernant des individus, groupements et collectivités suspectés d'activités contraires ou seulement nuisibles à l'intérêt national ". Très vite, la DDS se transforme en impitoyable machine de répression. Prudent, Habré ne nommera à sa tête que des membres de son ethnie, les Goranes, notamment Guihini Korei, son propre neveu.


Dans une " note d'instruction " datée du 26 août 1987, le directeur de la DDS affirme que, " grâce à la toile d'araignée tissée sur toute l'étendue du territoire national, [son service] veille particulièrement à la sécurité de l'État ", qu'il constitue " l'oeil et l'oreille du président, [de qui] il dépend et à qui il rend compte de ses activités ". En fait, Habré était quotidiennement tenu informé de tout : des activités de contre-espionnage à la situation des détenus, en passant par les coupures d'électricité et la confection des uniformes !


Les documents révèlent que les malheureux interpellés par la DDS étaient aussitôt soumis à des interrogatoires musclés, voire carrément torturés. Les techniques utilisées sont abondamment décrites et commentées dans le rapport que la commission d'enquête du ministère tchadien de la Justice a consacré, en 1992, aux " crimes et détournements de l'ex-président Habré ". Dans une lettre en date du 15 octobre 1984 adressée au directeur de la DDS, le commandant de la Brigade spéciale d'intervention rapide -le bras armé du service - fait par exemple allusion, en termes à peine voilés, aux tortures infligées à un opposant présumé : " C'est en le contraignant à révéler certaines vérités qu'il a trouvé la mort le 14 octobre, à 8 heures. " De même, un procès-verbal du 30 août 1986 révèle qu'un détenu interrogé au sujet d'une tentative d'évasion " n'a reconnu certains faits qui lui sont reprochés [qu'après avoir reçu] une correction physique ". Plusieurs autres documents font allusion à des interrogatoires " serrés " ou " musclés ".


Par ailleurs, des centaines de certificats de décès ont été retrouvés dans les archives. À N'Djamena, sept prisons accueillaient à l'époque les prisonniers politiques et les prisonniers de guerre. L'une d'elles était située dans l'enceinte même de la présidence, Habré voulant avoir en permanence sous la main ces détenus " très spéciaux ". Mais la plus redoutable était sans nul doute la " Piscine ", un ex-établissement de bains réservé aux familles des militaires français, au temps de la colonisation. Sur ordre présidentiel, elle a été recouverte d'une chape de béton, divisée en dix cellules et flanquée d'un escalier plongeant dans un lugubre sous-sol.


Ismaël Hachim préside aux destinées de l'AVCRP. Pendant près d'un an, il a été détenu en différents endroits, et notamment à la Piscine. Il raconte : " Nous ne pouvions nous laver. Faute de lieux d'aisance, nous faisions nos besoins dans des boîtes de conserve [qui] étaient vidées une fois par jour. La cellule était infestée de vermine. Nous passions notre temps à écraser moustiques et poux. Nos corps étaient couverts de boutons. Cette insalubrité provoquait de nombreuses maladies, souvent mortelles. Affaiblis par la soif, la chaleur, les diarrhées et les maladies, les détenus abandonnaient toute résistance et glissaient lentement vers la mort. "


Principales maladies recensées : dysenterie amibienne, déshydratation, hypertension artérielle, oedèmes divers, paralysie des membres inférieurs, etc. Dans son rapport du mois de juin 1987, le chef du service pénitentiaire de la DDS incrimine la qualité de l'alimentation : " Nos détenus souffrent souvent d'affections telles que les rhumatismes articulaires aigus [qui] proviennent du mauvais équilibre de leur régime alimentaire. "


Le taux de mortalité carcérale était effrayant. " L'analyse des documents de l'année 1986 montre que, chaque jour, 1 % en moyenne des détenus politiques mouraient ", révèle Patrick Ball. De même, lerapport mensuel de janvier 1988 fait apparaître que 14 des 209 prisonniers politiques recensés sont " décédés par suite de maladies ". La mort survenait parfois très rapidement. Un document du 20 décembre 1989 dresse la liste de 14 détenus arrêtés entre le 2 et le 5 avril 1989 et " décédés par suite de maladies " entre le 16 et le 26 du même mois.


Autre exemple, dans un rapport en date du 17 juin 1985, le contrôleur de la DDS explique que " du 1er mai au 16 juin 1985, 19 détenus sont morts dans les locaux de la Brigade spéciale d'intervention rapide ", et que " aucun traitement n'a été donné aux détenus car, depuis trois mois, le poste de soins de la BSIR est dépourvu de médicaments ".


Résistance

En 1982, Habré avait renversé le Gouvernement d'union nationale de transition (GUNT), que présidait Goukouni Oueddeï. Après sa défaite, celui-ci se replia dans le nord du pays et, plusieurs années durant, opposa, avec le soutien de la Libye, une farouche résistance aux forces gouvernementales. Plusieurs centaines de combattants furent fait prisonniers, notamment à Faya-Largeau, en 1983. Ceux qui ne furent pas exécutés sur place furent transférés, sur ordre de Habré, dans divers établissements pénitentiaires et détenus dans des conditions atroces.


Un rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) du 6 avril 1984 a été retrouvé dans les archives de la DDS. Il évoque notamment la surpopulation carcérale à la maison d'arrêt de N'Djamena, la seule prison que le Comité a été autorisé à visiter, un mois auparavant. Conçues pour 180 personnes, les cellules en accueillaient, en moyenne, plus de 600. Chaque détenu ne disposait que de 0,5 m2. Le rapport dénonce l'" hygiène inexistante ", la " sous-alimentation généralisée " et la " carence des soins médicaux ". Résultat : " Plus de la moitié [des détenus] peuvent être qualifiés de gravement malades. 160 sont dans un état gravissime et 22 sont considérés comme perdus. 28 cas de décès ont été enregistrés au cours des deux derniers mois. " De nombreux certificats de décès de prisonniers de guerre ont été retrouvés. Sur l'un d'eux figurent les noms de 32 détenus décédés le 21 mars 1986, " des suites de leurs blessures "...


Pacification

Aussitôt après sa prise de pouvoir, Habré planifia la " pacification" du sud du pays, alors au bord de la sécession. La répression fut d'une violence inouïe. Elle frappa aussi bien les groupes rebelles (les " Codos ") que les populations civiles. Dans certaines préfectures, arrestations et exécutions massives furent perpétrées dans le seul but de semer la terreur. De nombreux villages furent pillés, puis incendiés. Les villageois qui parvinrent à s'échapper durent se terrer dans la brousse, des mois durant.


À partir du mois de septembre 1984, Habré entreprit d'éliminer les élites sudistes pour les remplacer par des hommes à lui. Cette sinistre période est restée dans les mémoires sous le nom de " Septembre noir ". Un rapport " très confidentiel " intitulé " Compte-rendu de la situation après événements de la Tandjilé du 15.09.84 " décrit la psychose des populations civiles danscette préfecture du Sud, après l'intervention des Forces armées nationales tchadiennes (Fant), les troupes de Habré. " La sécurité des populations est perturbée puisque certains éléments Fant se lancent [dans] des actions vandaliques [sic] semant la terreur parmi la population tant paysanne que fonctionnaire. La population vit dans la haine, les jeunes garçons et filles fuient cette zone en direction de Bongor. La masse paysanne est vraiment terrorisée, elle voit [ses] biens tomber aux mains des Fant comme un fruit mûr, et elle n'ose pas dire un mot en présence des militaires. "

La terreur dans le Sud a continué bien après Septembre noir. Une correspondance du chef de canton de Bara I datée du 4 août 1985 dresse par exemple une liste de 68 personnes tuées et de 10 autres blessées dans les villages de Djola II et Djola III. Elles ont été, indique ce texte, " massacrées dans la journée du dimanche 28 juillet 1985 par les forces gouvernementales venant de la direction de Kouara ".


Vengeance ethnique

En 1989, Idriss Déby, l'actuel chef de l'État (qui était à l'époque son conseiller chargé de la défense et de la sécurité), Mahamat Itno, le ministre de l'Intérieur, et Hassan Djamous, le commandant en chef de l'armée, entrent en rébellion ouverte contre Habré. Les deux derniers sont arrêtés, torturés et exécutés. Seul Déby parvient à échapper à ses poursuivants. Les trois hommes étant des Zaghawas, Habré décide de se venger collectivement sur cette ethnie. Des centaines de personnes, liées ou non à la tentative de rébellion, sont prises dans des rafles, torturées et internées. Beaucoup meurent en détention, après d'atroces souffrances, ou sont sommairement exécutées. Deux ans auparavant, les Hadjeraïs avaient subi une répression non moins atroce.


En fait, il suffisait d'appartenir aux ethnies hadjeraï ou zaghawa pour être arrêté. Un document (voir exemple) inédit du 26 mai 1989 décrit la " situation des agents traîtres zaghawas arrêtés pour complicité et gardés dans nos locaux à la suite du complot ourdi par Hassan Djamous ". Il contient une liste de 98 personnes arrêtées, parmi lesquelles des bergers, des chauffeurs, des écoliers, des commerçants, des militaires... Quelques-unes avaient certes des liens de parenté avec les rebelles, mais la plupart étaient simplement " soupçonnées complices des traîtres ".


Soutien américain

Les États-Unis de Ronald Reagan considéraient Habré comme un indispensable rempart contre la volonté expansionniste de Mouammar Kaddafi, le Guide de la Jamahiriya libyenne. Par l'intermédiaire de la CIA, ils lui avaient apporté un discret soutien lors de sa prise du pouvoir. Par la suite, ils lui fourniront une aide militaire massive (plusieurs dizaines de millions de dollars). Ce que confirment des documents en provenance du secrétariat à la Défense, récemment déclassifiés à la demande de HRW. La commission d'enquête du ministère tchadien de la Justice rapporte que des membres de l'ambassade américaine à N'Djamena " rendaient quotidiennement visite " au directeur de la DDS, " soit pour le conseiller, soit pour échanger des informations ". Dans une lettre du 10 septembre 1986, le chef de la sécurité de l'aéroport évoque, pour sa part, un " conseiller américain à la DDS, monsieur Maurice ".


Un second document, en date du 25 mars 1985, va plus loin. Il porte la signature du chef d'une délégation de douze personnes sélectionnées dans différents services de sécurité en vue d'un stage " très spécial " aux États-Unis. " Nous avons quitté N'Djamena le 5 février 1985, à 14 heures, à bord d'un avion UTA à destination de Paris, indique ce texte. Après un séjour de vingt-quatre heures, nous avons quitté Paris le 6 février, vers 10 heures, à destination de Washington. [...] Nos amis américains accordent une importance capitale à cette formation. Ils nous ont promis des matériels. [...] Ils nous ont déclaré en outre que nous ne devons pas seulement assurer la sécurité de notre pays, mais également celle de leurs représentants résidant chez nous, ainsi que de leurs sociétés. " Quatre jours après leur retour au Tchad, deux des stagiaires étaient nommés l'un directeur du service de recherches, l'autre directeur du service photo de la DDS. Plusieurs de leurs " collègues " seront par la suite (en 1992) désignés par la commission d'enquête comme les " tortionnaires les plus redoutés " du Tchad !

Les Américains ont, par ailleurs, réussi à retourner plusieurs prisonniers libyens, auxquels ils ont fait suivre un entraînement militaire en vue de déstabiliser le régime de Kaddafi. Lors de la chute de Habré, un certain nombre de ces transfuges gagneront le Zaïre. Les relations entre les États-Unis et Mobutu s'étant brusquement gâtées, les Libyens ont pris la direction du Kenya avant de s'installer discrètement aux États-Unis. Leur présence a été signalée en Floride, qu'ils ont apparemment quittée au cours de l'été dernier.


Bouée de sauvetage

Selon Jacqueline Moudeïna, l'avocate des victimes dans la procédure engagée, au Tchad, contre des complices de Habré, " ces documents retracent par le détail comment Habré a placé la DDS sous son contrôle direct et a organisé la gestion quotidienne de la répression ".

Reste à savoir ce que vont devenir ces archives, vestiges d'un épisode particulièrement dramatique de l'histoire du peuple tchadien. Souleymane Guengueng, vice-président de l'Association des victimes, songe à les transformer en " archives publiques que les victimes et leurs familles pourraient consulter en vue de retrouver la trace de ceux qui ont disparu ". Elles constituent surtout des pièces exceptionnelles susceptibles d'être versées au dossier des diverses plaintes déposées en Belgique contre Habré lui-même. Lors de sa visite au Tchad, en février 2002, le juge Fransen en a saisi une partie, pour les besoins de son enquête. Par la suite, des photocopies de plusieurs milliers d'autres pièces lui ont été adressées par les organisations humanitaires. Permettront-elles d'établir la responsabilité pénale de l'ex-président Hissène Habré dans les crimes contre l'humanité, les crimes de guerre et les actes de torture perpétrés au Tchad entre 1982 et 1990 ? Sans doute, si la procédure lancée en Belgique aboutit.

Source: HRW 

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Lundi 4 juin 2012 1 04 /06 /Juin /2012 17:24



Au Sénégal, le gouvernement a mis en place un groupe de travail pour suivre l’affaire Hissène Habré. L’ancien président tchadien, qui vit en exil au Sénégal depuis 1990, est notamment poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Mais la tenue de son procès a été repoussée à plusieurs reprises. A travers ce groupe de travail, le gouvernement veut montrer sa volonté de mener ce dossier à son terme.


Ce groupe de travail est dirigé par Amadou Bâle, le directeur de cabinet du garde des Sceaux. A ses côtés figurent six responsables des ministères de la Justice et des Affaires étrangères.


Leur mission est de « réfléchir aux modalités d'organisation du procès d'Hissène Habré », selon les termes d’un communiqué diffusé samedi 2 juin par le ministère de la Justice. Le ministère veut ainsi montrer « sa ferme volonté de lutter contre toute forme d'impunité et ce dans le cadre d'un procès juste et équitable ».


« C’est un changement important : il y a désormais une volonté politique », commente une source proche du dossier. Car si l’Union africaine a mandaté, en 2006, le Sénégal de juger ou d’extrader Hissène Habré, le dossier est depuis resté bloqué.


Seulement, au-delà de cette volonté politique, plusieurs questions restent en suspend. Quelle forme prendra ce procès ? Le Sénégal va-t-il créer une juridiction ad hoc, comme le lui demande la Cour de justice de la Cédéao ?
Enfin, la justice sénégalaise doit encore se prononcer sur la demande d’extradition d’Hissène Habré vers la Belgique : en janvier dernier, la cour d’appel de Dakar l’avait rejetée pour vice de forme.

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Jeudi 31 mai 2012 4 31 /05 /Mai /2012 16:33




Apres 5 jours du lancement de la campagne de collecte de fonds, nous avons récolté en ligne $348 USD et aux alentours de $120 d’engagement de payé en liquide.

Nous avons un don de la France et un autre dont on ignore encore la provenance excepté ces deux derniers les restes de dons viennent du Canada.

Merci de votre générosité pour ceux qui ont donné ou qui se sont engagé à donner. Pour ceux qui ont la volonté mais ne peuvent pas ou ne veulent pas donner en ligne nous vous prions de contacté l’équipe ou un des membres de l’équipe.

Pour les hommes et femmes qui se sont engagé en volontaire pour faire la collecte dans leur ville ou pays respective nous disons aussi merci.

Nous remercions aussi les media en ligne qui continue de nous aider.

Pour ceux qui hésitent encore, penser à l’intégrité et au patriotisme de cet homme qui, contre vents et marées s’est tenu debout pour la justice. Faisons de lui un exemple à suivre ne lui abandonnons pas dans sa quête de justice.

L’équipe de la collecte de Fonds

‎donate_emmanuel_deukembe‎@yahoo.com

 

 

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