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Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 22:26

Bandoum Bendjim : "Au Tchad, tout le monde était suspect sous Hissein Habré"

BANDJIM.jpgAncien gendarme, Bandoum Bandjim a officié pendant cinq ans au sein d'une unité, la DDS, dont le seul nom suffisait à inspirer la terreur. Si procès il y a, il témoignera contre l'ancien président réfugié à Dakar.

Il est l'un des témoins clés de la procédure intentée au Sénégal contre Hissène Habré. À 59 ans, devenu régisseur d'immeubles, Bandoum Bandjim mène une existence discrète dans le sud de Paris. Il y a trente ans, il a été recruté par la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), la police politique, dont le seul nom suffisait à inspirer la terreur dans les années 1980. Dans ses prisons, actes de torture et privations constituaient le quotidien de détenus qui ignoraient le plus souvent pour quel motif on les avait confinés sans jugement pendant plusieurs années. Bandoum Bandjim a officié à la DDS pendant cinq ans, avant d'être à son tour enfermé. S'il demeure elliptique sur les agissements qu'il a personnellement commis à l'époque, l'ancien officier dévoile à Jeune Afrique l'itinéraire cabossé d'un gendarme entraîné dans le tumulte des années noires et aujourd'hui déterminé à soulager sa conscience.

Jeune Afrique : Pourquoi avez-vous accepté de témoigner en faveur des victimes qui ont porté plainte contre Hissène Habré ?

Bandoum Bendjim : Ces années passées à la DDS représentent une page sombre de mon existence. J'avais reçu de mes parents une éducation humaniste, et ce que j'ai été amené à faire à l'époque a troublé ma conscience. Je savais que ça risquait de rejaillir un jour sur mes enfants. Je me devais de livrer ma part de vérité sur cette période de ma vie qui a été salie.

En quoi consistait votre travail ?

Je devais traiter et archiver les nombreuses fiches d'information qui nous parvenaient au sujet des personnes soupçonnées de menacer la sécurité de l'État. J'étais également chargé de me rendre dans les prisons pour recenser et identifier les prisonniers. Chaque jour, de nouvelles personnes étaient incarcérées sans qu'on sache qui elles étaient, d'où elles venaient ni pourquoi elles avaient été arrêtées.

Quelles étaient les conditions de détention de ces prisonniers ?

À la « piscine », au camp 13 ou au camp de la gendarmerie, elles étaient effroyables. Les prisonniers souffraient de dysenterie et de diverses pathologies, mais il n'y avait pas de véritable médecin pour les examiner, si ce n'est un simple infirmier. Je me suis rendu compte que de nombreux prisonniers ne présentaient en réalité aucune menace. Lorsque je rédigeais mes listes, je consignais les motifs de l'arrestation ; quand ils étaient inexistants, je l'indiquais aussi. Mais la décision de les libérer ou de les maintenir en détention ne dé-pendait pas de moi. Dans les rangs de la DDS, il y avait beaucoup de militaires qui avaient fait la guerre aux côtés de Habré. La crainte d'être renversés par une faction rivale et de perdre le pouvoir les incitait sans doute à faire du zèle et à soupçonner n'importe qui d'oeuvrer secrètement au renversement du régime.

Hissène Habré avait-il connaissance de ce qui se passait dans les geôles de la DDS ?

Je sais seulement que toutes les fiches d'information émanant des quatre coins du pays étaient concentrées au niveau de la DDS. Les synthèses qui en étaient tirées étaient ensuite adressées à la présidence de la République, comme le montrent d'ailleurs les archives qui ont été retrouvées après la chute de Hissène Habré. Chaque matin, le directeur de la DDS allait personnellement voir le président pour lui en rendre compte.

Comment a évolué votre carrière par la suite ?

Je suis resté à ce poste pendant quelques mois. Puis j'ai été nommé chef du service exploitation. À partir des fiches de renseignement qui nous parvenaient des provinces, je devais réaliser des synthèses que j'adressais ensuite au directeur de la DDS. En septembre 1987, je suis tombé gravement malade et j'ai dû partir me soigner au village pendant plus de un an. À mon retour à N'Djamena, en février 1989, on m'a demandé de reprendre mon ancien poste. Mais mon adjoint, qui avait assuré l'intérim en mon absence, a refusé de me céder la place. Quand j'ai informé mon supérieur que je ne pouvais pas reprendre mon travail, celui-ci m'a fait arrêter.

On m'a alors mis sur le dos toutes sortes de fausses accusations. J'ai été détenu au camp 13 jusqu'en septembre 1989. Un matin, un officier a ouvert la porte de ma cellule et m'a informé que j'étais libéré. On m'a réintégré à la DDS, mais sans véritable affectation. C'est alors que j'ai pris la décision de quitter le Tchad. Comme je ne pouvais pas m'enfuir, sachant que ma famille paierait les pots cassés, j'ai demandé à être détaché au sein de la police militaire afin d'aller suivre une formation de trois ans en France. J'ai eu la chance d'être sélectionné.

À quel moment avez-vous pris la décision de témoigner ?

Dès 1992, quand j'ai déposé ma demande d'asile politique en France, j'avais déjà tout détaillé. Dans un premier temps, l'Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides, NDLR] avait d'ailleurs rejeté ma demande en considérant que je n'étais pas véritablement menacé au Tchad. La même année, j'ai écrit au procureur qui avait été chargé par le nouveau régime d'enquêter sur les exactions commises sous Hissène Habré. Par la suite, j'ai contacté Dobian Assingar, président de la Ligue tchadienne des droits de l'homme et vice-président de la FIDH [Fédération internationale des ligues des droits de l'homme], qui m'a suggéré d'attendre pour livrer mon témoignage. À l'époque, il préparait une plainte qui devait être déposée à Dakar, où Hissène Habré s'était réfugié.

En 2001, après le rejet de cette première plainte, Dobian Assingar est venu me voir en banlieue parisienne. Il m'a expliqué qu'il existait une possibilité d'enclencher une procédure en Belgique et m'a demandé si j'étais prêt à témoigner. Il a passé une semaine avec moi et je lui ai tout raconté. C'est comme ça que j'ai transmis mon témoignage à la justice belge, avec le concours de Human Rights Watch et de la FIDH. Aujourd'hui que la procédure est confiée aux juges sénégalais, je leur réserve la teneur de mon témoignage sur ce que j'ai constaté quand je travaillais à la DDS.

Vous témoignez en faveur d'anciens prisonniers politiques dont certains vous désignent comme l'un de leurs anciens bourreaux.


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Mercredi 15 mai 2013 3 15 /05 /Mai /2013 14:51

DDS.jpgUn tweet de la journaliste de RFI, Sonia Rolley, informe que Mahamat Djibrine, dit « El Djonto » a été arrêté. Elle tiendrait elle-même cette information du Parquet de N'Djamena qui annonce que d'autres arrestations des anciens membres de la DDS (Direction de la Documentation et de la Sécurité) devraient intervenir dans les prochains jours. 

Nous ignorons pour l'instant si cette arrestation entre dans le cadre de l'accord de coopération judiciaire signé le 3 mai par les gardes des Sceaux du Tchad (J.-B Padaré) et du Sénégal (Aminata Touré) en vue du procès de l'ex-chef de l'Etat, Hissein Habré.

Mahamat Djibrine, dit « El Djonto » fut l’un des plus puissants éléments de la police politique qui oeuvrait au sein de la DDS sous le régime Habré. Il est accusé d'être responsable de l’assassinat de centaines d’opposants politiques et de tortures systématiques.

La suite sur: http://www.hrw.org/fr/news/2005/01/20/un-tortionnaire-tchadien-redout-est-renvoy-de-la-mission-des-nations-unies-en-c-te-d

 

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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 20:37

Du député Ahmat Abdallah au député Saleh Macki: comparaison entre les deux événements

Tombalbaye.jpgDans la nuit du vendredi 27 au samedi 28 août 1971, la radio tchadienne a diffusé une très courte déclaration du Président Tombalbaye, évoquant « un complot aux  importantes ramifications internationales préparé à l’étranger avec l’aide d’une grande puissance impérialiste ».  

Selon Tombalbaye les conspirateurs «  voulaient sa tête » « et désiraient éliminer les membres les plus patriotes du gouvernement ».

Un certain Ahmat Abdallah s’est suicidé dans les locaux de la Police après avoir fait d’importantes révélations. 

Alerté par le Président, le service de renseignement tchadien présente alors des documents tendant à prouver qu’il s’agit d’une provocation montée par Ahmat Abdallah lui-même, et ayant pour but de provoquer une crise de confiance, d’isoler le Président et de faire ainsi le jeu des rebelles du Frolinat, dont les activités se sont ralenties depuis un an. Les documents saisis chez Ahmat Abdallah ainsi que ses déclarations à la police avant son suicide par poison (version officielle) auraient permis d’établir qu’il n’était que l’Agent d’exécution d’un complot dont les véritables instigateurs n’ont pas été révélés. Lorsque les mesures de sécurité sont prises le 27 août, Ahmat Abdallah est déjà entre les mains de la police et n’a plus que quelques heures à vivre.

Qui est Ahmat Abdallah ? ex député qui a rendu le tablier en 1967, il fut employé de l’Asecna. Il fut ancien Président de l’Association des anciens combattants du Tchad affilié à l’union fraternelle des anciens combattants du Tchad affilié à l’Union fraternelle des anciens combattants qui regroupe les Africains ayant servi l’armée française.

Le 1er septembre 1971, une puissante manifestation est organisée par la jeunesse patriotique du Tchad. Le Présidant Tombalbaye dénonçait « le racisme accentué aux prétentions diaboliques du président Kadhafi qui veut dicter sa conduite au peuple tchadien ». Et de révéler que le gouvernement de tripoli avait annexé le nord du Tchad : et qu’à ce compte le Tchad pourrait à son tour revendiquer le Fezzan «  sur le quel nous avons des droits historiques » (jeune Afrique N° 558 du 14-9 1971). Conférence de presse donnée par le Président Tombalbaye le 06 septembre 1971. Comme conséquence, la Radio Tripoli ouvre son antenne au Frolinat le 7 septembre 1971 et reconnait officiellement le Frolinat.

A propos de ce scenario tissé par le gouvernement, jeune Afrique N°557 du 7 septembre 1971  dit ceci, je cite : Ahmat Abdallah, ex député informe le Président que certains de ses ministres musulmans sont en intelligence avec le Frolinat. Il cite Douba Alifa le ministre de l’intérieur. Le Président  Tombalbaye lui-même dit « il eut cependant le courage et peut être le mérite de rendre par ses révélations un service à son pays avant d’expier son forfait ».

Ahmat Abdallah aurait cité les noms de Douba Alifa, Ali Salim, Secrétaire d’Etat aux Finances, Abdoulaye Lamana, ancien ministre de l’Economie ainsi que des anciens détenus politiques : Ahmat Koulamallah et René Baptise (jeune Afrique 559 du 21.9.1971). Difficile à vérifier car quelques heures après son arrestation Ahmat Abdallah succombait entre les mains de la police le 26 août entre 19 heures à 20 heures. S’est-il empoissonné en absorbant des comprimés de cyanure comme l’indique la version officielle ? Difficile à dire. On peut cependant déplorer qu’une autopsie n’ait été ordonnée à la suite de cette mort mystérieuse. Comment peut-on concevoir un coup d’Etat sans la participation de l’armée ?

Dans ce scenario du 1er mai 2013, Déby veut se débarrasser des brebis galeuses qui sont autour de lui, parmi ces brebis galeuses il y a des Itno mais aussi des Idiots. Le député Saleh Makki n’est qu’un appât destiné à attraper des gros poissons qui sont dans la ligne de mire du pouvoir depuis. Comme chef de parti politique, le député Saleh Makki gêne, il commence à mettre ses pieds dans d’autres régions qui ne sont pas de sa sphère politique. Appartenant à la race arabe, une race qui, par se démographie constitue une unité politique. Déby n’aime pas ça. A Ati, c’est le parti de Saleh qui a gagné les élections communales mais notre IDI a arraché ce poste de Maire pour son fameux MPS moribond.

 

Garondé Djarma - Le Temps (avec Tchadanthropus)

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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 12:47
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Routouang Yoma Golom Gali Ngothé Gatta

Après avoir été auditionnés hier et maintenus en garde à vue cette nuit, le député Gali Gata Ngoté et l'ancien ministre, Routouang Yoma Golom, ont formellement été inculpés ce jeudi matin de complot et d'atteinte à l'ordre constitutionnel.

Ils sont sous mandat de dépôt et vont être transférés à la maison d'arrêt de Ndjamena.

Selon un Tweet de Sonia Rolley de RFI, le procureur de République reproche à Gali Ngoté d'avoir rencontré le 2 mai un Français, "agent de l'ambassade" pour lui remettre un colis.

Quant à Routouang Yoma Golom, il aurait profité d'une mission officielle auprès des rebelles de feu Djibrine Dassert pour nouer des contacts officieux avec ceux-ci.

Tchadoscopie avec RFI

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 00:25

LE CERVEAU

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Moussa Tao Mahamat.  Ancien politico-militaire, il aurait créé un mouvement dénommé Sursaut national pour le changement (SNC) dont l'objectif serait de renverser le régime. Les enquêteurs disent avoir trouvé chez lui une liste de personnes, dont des députés, qu'il aurait souhaité avoir dans son premier gouvernement. Ecroué.

LES DEPUTES DE L'OPPOSITION

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Mahamat Saleh Macki. Accusé d'atteinte à l'ordre constitutionnel. Il ferait partie de la liste de Tao Mahamat. Ecroué.

Gali Ngothé Gatta. Accusé d'avoir rencontré le 2 mai un Français à Méridien Chari. Ecroué.

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Saleh Kebzabo. Présumé auteur d'atteinte à l'ordre constitutionnel. Il n'est pas encore appréhendé. Yorongar Ngarledji. Placé en garde à vue, il est ressorti libre après son interrogatoire par le procureur.

LES DEPUTES DU PARTI MPS

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Gal Routouang Yoma Golom. Il est accusé d'avoir profité d'une mission auprès des éléments de Djibrine Dassert pour nouer des contacts personnels. Ecroué. Dr Mahamat Malloum Kadre. Il est soupçonné de faire partie de la liste de Mahamat Moussa Tao. Ecroué.

LE GOUVERNEUR

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Ngaro Amadou Ahidjo. Gouverneur du Salamat. Accusé d'atteinte à l'ordre constitutionnel, il ferait partie de la liste Tao. Ecroué.

LE PROFESSEUR D'UNIVERSITE

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Khalil Alio. Professeur à l'Université de N'Djamena et vice-président de cette même institution, il est accusé d'atteinte à l'ordre constitutionnel. Il ferait partie de la liste Tao.Ecroué.

LES JOURNALISTES

EricTopona
Moussa-Avenir-De-La-Tchiré
Eric Topona. Journaliste à Radio Tchad. Il est officiellement interpellé pour ses supposées relations avec l'activiste Makaila Nguebla.Ecroué. Avenir de la Tchiré. Journaliste à Abba Garde, il est accusé d'incitation à la haine.Ecroué.

L'ACTIVISTE

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Makaila Nguebla. Réfugié politique au Sénégal et animateur du blog éponyme, il est expulsé du Sénégal à la demande de l'Etat tchadien. Il est accusé d'incitation au soulèvement populaire de la jeunesse tchadienne à travers son blog. Il est actuellement en Guinée Conakry.

D'autres interpellations devraient intervenir dans les prochains jours.

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Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 13:30
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Depuis le 1er mai dernier, il se passe des choses extrêmement graves dans notre pays. En tournée dans la région d’Iriba où il est allé régler à sa façon un conflit de leadership entre chefs traditionnels de cette bourgade, Idriss Déby Itno a profité de cet éloignement temporaire de la capitale pour ordonner l’arrestation de plusieurs responsables politiques et militaires ainsi que des journalistes. Même ceux qui vivent à l’étranger ne sont pas épargnés.


Tour à tour les députés Saleh Macki (Cpdc) et Mahamat Malloum Kadre (Mps), puis les généraux Weidding Assi Assoué (ancien ministre de la Défense) et David NGomine (justice militaire), ont été arrêtés et placés en détention. Ils sont soupçonnés de vouloir « déstabiliser le régime ».


Dans la journée de vendredi 3 mai, le colonel Ngaro Ahmadou Ahidjo (gouverneur de la région du Salamat), le Dr Khalil Alio (vice-président de l'Université de N'Djamena) et Moussa Mahamat Tao (ancien politico-militaire) sont venus grossir les rangs des prétendus putschistes à l’initiative du procureur de la République qui soupçonne tout ce beau monde d’avoir voulu porter « atteinte à l’ordre constitutionnel ».


Ce mardi 7 mai, les médias internationaux nous apprennent que des éléments de la police judiciaire se sont rendus au domicile du député Saleh Kebzabo pour l’interpeller. Ils sont rentrés bredouilles parce que au même moment l’intéressé se trouve en Afrique du Sud où il assiste à une conférence organisée par le Parlement panafricain.


Mais ce n’est que partie remise puisque le procureur de la République a décidé de convoquer non seulement Saleh Kebzabo dès son retour du pays de Madiba, mais aussi trois autres députés, savoir Yorongar Ngarléjy, Gali Ngothé Gatta et Routouang Yoma Golom (général d’armée et ancien ministre de la Justice).


Outre la répression des hommes politiques, Idriss Déby et Jean-Bernard Padaré, son nouveau Ministre de la Justice, ont décidé de ratisser également dans le cercle des journalistes et activistes politiques.


Le Directeur de publication du journal Abba Garde, en l'occurrence Avenir de la Tchiré, est convoqué mercredi matin à la PJ. Il est accusé d'incitation à la haine. Le site internet Tchadanthropus informe qu'il est même interpellé et placé en détention mardi dans la soirée.

 

Déjà, dès lundi matin 6 mai, c’était le journaliste de Radio Tchad, Eric Topona, qui a été convoqué par le procureur puis placé sous mandat de dépôt pour « atteinte à l’ordre constitutionnel » lui également. Les proches de l'intéressé croient savoir que sous couvert de ce motif flou se cache un règlement de compte personnel de Jean-Bernard Padaré. Ce dernier s'en est mollement défendu sur RFI. D'où il suit que ce reproche n'est pas totalement infondé.

 

Et les arrestations tous azimuts ne s’arrêtent pas au Tchad. Il est établi que lors de son déplacement à Dakar, le nouveau ministre de la Justice, Jean-Bernard Padaré, a demandé et obtenu de son homologue Sénégalais l’arrestation de Makaila Nguebla réfugié politique au Sénégal depuis 2005. Placé en garde à vue et interrogé durant toute la journée du mardi par les limiers de la police, Makaila Nguébla a été expulsé vers la Guinée Conakry tard dans la soirée du 7 mai. Son ami Yakoub Abdelkérim Koundougoumi a confirmé cette expulsion sur Twitter ce matin. Il faut aussi préciser que son extradition vers le Tchad a été exigée par Idriss Déby en personne et soutenue par Jean-Bernard Padaré, souvent critiqué sur le blog de Mak. Mais le Sénégal se serait abstenu de faire droit à cette demande illégale.

 

On a appris également de sources confirmées que d’autres bloggeurs résidant en France, bien connus des lecteurs internautes, sont en ligne de mire. Une demande d’interpellations serait déjà mise sous plis pour être expédiée carrément à Interpol, à Lyon. Il n’est toutefois pas certain que les autorités françaises accéderaient aux sollicitations liberticides d’Idriss Déby aussi facilement que les Sénégalais.


En tout cas, tous les députés et autres cadres politiques et militaires sont officiellement soupçonnées, sans le moindre début de preuve, de faire partie d’un réseau d’opposants dangereux ; réseau dont les ramifications dépasseraient les limites de nos frontières, conspirant jour et nuit depuis 4 mois contre le régime agonisant du despote.


Quant aux journalistes et activistes que sont Eric Topona, Makaila Nguebla et De la Tchiré, c'est le ministre de la Justice Jean-Bernard qui chercherait, par des voies détournées, à régler ses comptes avec eux pour avoir souvent émis des critiques les plus amères sur sa conduite et ses accointances avec le régime.


C’est donc à une véritable chasse aux sorcières qu'Idriss Déby a décidé de s’adonner avec le soutien de son nouveau ministre de la Justice, chargé de motiver solidement l’accusation d’ « atteinte à l’ordre constitutionnel » dont, néanmoins, on ne perçoit toujours pas ni la réalité matérielle ni la pertinence juridique.


Il ne sert par conséquent à rien de disserter sur ce motif futile, ridicule et insensé.

Ce qui est en revanche certain, c’est que depuis qu’il a réussi à se faire adouber par la France suite à l’envoi des chairs à canon tchadiens au Mali, Idriss Déby croit avoir reçu de fait ou de droit un « permis de tuer » tous ceux qui, depuis 22 ans, n’arrêtent pas de lui mettre les bâtons dans les roues dans sa progression vers une présidence à vie. Et, visiblement, il ne semble pas avoir tort de penser ainsi puisque malgré les multiples arrestations manifestement arbitraires de ces derniers jours, la France, habituée à sortir de ses gonds dès qu’il s’agit des droits de l’Homme, demeure particulièrement muette.


Mais, qu’il le veuille ou non, Idriss Déby est obligé d’admettre que les Tchadiens n’ont jamais supporté et ne supporteront jamais ses dérives dictatoriales caractérisées par une extrême prédation de deniers publics au profit de sa famille et un népotisme exacerbé sans précédent dans notre pays.


Quant à Jean-Bernard Padaré, dont on dit pourtant qu’il aurait lui-même mis à l’abri sa famille en France depuis les évènements de février 2008 pour les protéger contre le dictateur aux humeurs changeantes, il a intérêt à ravaler sa haine contre les journalistes. Le régime d’Idriss a atteint un degré de pourrissement tel qu’il ne sert plus à rien de croire qu'il puisse encore être un prétexte à tous les abus de pouvoir. Et il serait tout simplement suicidaire de tenter d’y faire carrière en politique. La fin est pour bientôt ! Les gesticulations du despote démontrent qu’il n’est plus sûr de lui et que tout peut exploser à tout moment.

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Dimanche 24 mars 2013 7 24 /03 /Mars /2013 16:49

 

Abou ZeidLe président François Hollande «confirme de manière certaine la mort d’Abdelhamid Abou Zeid survenue lors des combats menés par l’armée française dans l’Adrar des Ifoghas au nord du Mali, à la fin du mois de février», a annoncé samedi l’Elysée dans un communiqué.

«Cette disparition de l’un des principaux chefs d’Aqmi marque une étape importante dans la lutte contre le terrorisme au Sahel», ajoute le communiqué de l'Elysée.


Pourtant, Idriss Déby avait annoncé fin février que ce sont les éléments de l'armée tchadienne qui ont tué ce terroriste. En plus d'Abu Zeid, l'armée tchadienne a eu la peau de son comparse Mokhtar Belmokhtar, dit «Le Borgne».  Ce dont Idriss Déby est 100% certain. Il l' a "dit et confirmé" au début du mois de mars à l'occasion d'une interview dont les extraits ont été publiés sur le site du Palais rose.

On attend avec intérêt la contre-attaque des porte-flingue de Déby qui, nous le pressentons déjà, ne voudront jamais laisser la France voler à l'armée tchadienne une aussi "précieuse victoire".
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Dimanche 10 mars 2013 7 10 /03 /Mars /2013 22:59

 

78372.jpgLe magazine en ligne Africa Intelligence n’a pas fini de disserter sur le retour en grâce de Mahamat Nasser Hassan auprès d’Idriss Déby que celui-ci a décidé de le chasser de son palais.

Selon un décret du 8 mars lu hier au journal télévisé du 20h, le despote a décidé de mettre fin aux fonctions  de Mahamat Nasser Hassan, conseiller technique aux mines, à l'énergie et au pétrole nommé par décret présidentiel signé le 22 février 2013.

Les raisons de ce limogeage brutal et inattendu ne sont pas connues pour l’instant. Cette révocation serait-elle liée à l’affaireGriffiths Energy qui a entraîné dans sa chute l’ancien ambassadeur du Tchad aux USA, Mahamoud Adam Béchir ?

L’on se souvient qu’en 2009, période où l’ancien ambassadeur s’activait dans son business consistant à transformer l’Ambassade du Tchad en société privée de consulting dénomméeAmbassade du Tchad LLC, c’était Mahamat Nasser Hassan qui était Ministre du Pétrole.

Bref, chassé du palais présidentiel, l’intéressé pourrait utilement employer son temps libre en se consacrant à la rédaction de sa thèse de doctorat en droit public portant sur « les lois pétrolières en Afrique centrale » qu’il prépare à l’Université de Nantes (France) depuis le 1erjanvier 2011.

Pour lire le thème de recherche, cliquez Ici.

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Vendredi 8 mars 2013 5 08 /03 /Mars /2013 18:21



pmep1.jpgAprès avoir débarassé la Police Nationale de Bachir et Bachar, la Commission nationale de contrôle des services de la police nationale (CONACOPOL) poursuit sans relâche sa traque de faux et vrais policiers ripoux.

Le 6 mars, au terme d’un arrêté du premier ministre, les contrôleurs généraux de police Guédé Guéllémi et Béassoum Toïngar Yaro sont admis à la retraite par anticipation.

Le 5 mars, Ngarnode Thomasta Nangdé, Sando Ndonang et Hassan Ibadro sont révoqués du corps de la police nationale.

Le même jour, M. Hissein Mahamat Hakouma est suspendu du corps de la police nationale pour usurpation de nom, faux et usage de faux.

Toujours le 5 mars, au terme d’un autre décret signé du chef de l’Etat, 49 fonctionnaires sont révoqués du corps de la police nationale avec suspension de pension.

Déjà, le 25 février, nous nous faisions l'écho de l’arrêté du premier ministre Djimrangar Dadnadji mettant d’office à la retraite 331 fonctionnaires de la police nationale.

Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg.

L’assainissement de l’administration tchadienne ne saurait se limiter au département de la sécurité intérieure. Tous les ministères du Tchad, surtout ceux qui brassent des milliards (Finances publiques, Infrastructures, pétrole, etc.) sont infestés de vermines au curriculum vitae douteux mais étrangement propulsés aux postes de responsabilité. Des individus incapables de résoudre les équations les plus élémentaires si ce n’est tout simplement d’écrire correctement leur propre nom. De parfait incultes pullulant tels des parasites dans « des ministères transformés en villages où la langue officielle est la langue maternelle du ministre » comme le dénonce Ali Abderamane Haggar (Et demain le Tchad – Verbatim).

Parce qu’ils sont « frères, cousins, de responsables politiques…», leur intégration à la Fonction publique s’est faite à la vitesse de la lumière pendant que des diplômés de haut niveau, qui ont eu la mauvaise idée d’être « frères, cousins de personne » sont priés d’attendre un hypothétique arrêté d’intégration aux postes d’agents subalternes.

La chasse aux usurpateurs doit se faire à tous les niveaux. Avec ses maigres ressources, le Tchad ne peut se permettre le luxe d’entretenir ad vitam aeternam des incompétents, véritables freins au processus de développement cher à "l’homme de la renaissance". Les faux diplômés et les parfaits incultes doivent être purement et simplement renvoyés de la Fonction publique ainsi que des sociétés parapubliques.

© Tchadoscopie

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Mercredi 6 mars 2013 3 06 /03 /Mars /2013 12:48

 

photo--5-.JPGPour combattre les terroristes, encore faut-il être capable de pouvoir les identifier sans aucune difficulté.  Surtout quand, comme Idriss Déby, on veut montrer au monde entier des preuves de ceux qu’on a capturés et/ou ceux qu’on a tués.

A la suite de la publication par RfI de la photo d’une dépouille pouvant être celle de Mokhtar Benmokhtar, présumé mort lors des combats de février dans le Sahel, les journaleux du Palais rose ont cru pouvoir s’adonner à un palabre insipide et assourdissant sur ce qu’aurait dit et confirmé Son Excellence Saïd Al Raïss chef de l’Etat Président de la République Idriss Déby Itno : Ce sont les forces tchadiennes qui ont trucidé les deux terroristes : « je le dis et le confirme ». Fin de l’histoire.

Sauf que pour illustrer ce verbiage considéré comme une vérité sacrée, les journaleux paresseux n’ont rien trouvé d’intelligent à faire que d’aller fouiller au hasard dans les poubelles du net pour dénicher la photo de Droukdel Abdelmalek, notoirement connu comme étant le cerveau et le principal Emir de l’Aqmi.

Qu'à cela ne tienne, pour les propagandistes du palais de Déby, la photo récupérée sur internet est certainement celle de Mokhtar Benmoukhta sinon celle Abu Zeid, tous deux prétendument tués par les éléments de l’ANT.

Il ne s’agit pas d’une simple erreur. Les journaleux du palais ne connaissent pas les dirigeants terroristes que l’armée tchadienne pourchasse dans le désert malien. L’on se demande d’ailleurs si les généraux tchadiens eux-mêmes connaissent vraiment qui est l’ennemi à abattre. Ils ont été largués dans le Sahel pour « tirer sur tout ce qui bouge en face ». Point, barre.

Comme l’a très justement relevé le site internet N’Djamena-Matin, le despote "tient absolument à être reconnu comme celui qui s’est offert le scalp des 2 plus virulents terroristes http://0z.fr/UVBhg ". Quitte à grossir les traits.

Mais quelles conséquences pour les ressortissants tchadiens dans les pays où l’Aqmi n’a pas que des ennemis ? Si la France se veut prudente pour ne pas se mettre au devant de la scène alors même qu’en réalité ce sont peut-être les tirs de ses chasseurs qui ont décapité les Emirs de l’Aqmi, c’est bien parce qu’elle craint qu’en revendiquant la mort de ces terroristes elle n’expose à une exécution certaine la vie de ses otages ainsi que celle de bien d’autres de ses ressortissants vivant et travaillant en Afrique de l’Ouest et au Magrheb.

Idriss Déby, lui, n’a que faire de la vie des Tchadiens. Pourvu que la sienne et celle de ses proches soient préservées. « C’est l’essentiel » !

Tchadoscopie

Les Emirs de l'Aqmi

Abdelhamid-Abou-Zeid-600x370
Droukdel Abdelmalek | Emir en chef de l'AQMI. Ancien du GIA puis dirigeant du GSPC.


Abou Zeid
Mokhtar
Abu Zaid | Ancien membre du GIA puis du GSPC avant de rejoindre l'AQMI Mokhtar Benmokhtar | A fait scission avec l'AQMI en 2012 pour créer son propre mouvement en 2013.
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Dimanche 3 mars 2013 7 03 /03 /Mars /2013 22:11

Mokhtar.jpg

L'armée tchadienne affirme avoir tué, samedi 2 mars, le chef islamiste Mokhtar Belmokhtar dans le massif des Ifoghas dans le nord du Mali, selon un communiqué de l'état-major tchadien.

"Les forces tchadiennes au Mali ont détruit totalement la principale base des jihadistes dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, plus précisément dans la vallée d'Ametetai", samedi à midi, affirme le communiqué, précisant que "plusieurs terroristes" ont été tués "dont le chef Mokhtar Belmokhtar dit 'le borgne'".

 

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Vendredi 1 mars 2013 5 01 /03 /Mars /2013 22:31

 

 

Abou-Zeid.jpgPendant que le monde entier s'interroge encore sur la réalité de la mort d'Abdelhamid Abou Zeïd, notre IDI annonce à qui veut le croire que ce sont les soldats tchadiens qui ont abattu l'"émir" d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), lors d'affrontements dans le nord du Mali.

"Ce sont les forces tchadiennes qui ont tué deux chefs djihadistes, dont Abou Zeïd", a déclaré le chef de l'Etat à des hommes politiques de l'opposition, en présence de journalistes, à l'issue d'une cérémonie d'obsèques pour des soldats tchadiens tombés au combat.

Mais d'après le site internet du Point, ce sont les forces françaises intervenant dans le nord du Mali qui auraient tué Abdelhamid Abou Zeïd. La nouvelle a été rapportée jeudi par la chaîne de télévision algérienne Ennahar.

A en croire Ennahar, bien informée auprès des services de sécurité algériens, 40 combattants islamistes, dont Abou Zeïd, ont été tués il y a trois jours par les forces françaises dans les contreforts du massif de l'Adrar des Ifoghas, près de la frontière algérienne. Cette information a été confirmée au Monde jeudi soir par "une bonne source proche des opérations militaires en cours dans le nord du Mali". Abou Zeid a été tué lors d''opérations militaires en cours dans le nord du Mali", écrivait le journal sur son site internet.

Affaire à suivre.

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Mercredi 27 février 2013 3 27 /02 /Fév /2013 20:07

63b381979b28a62aa7f3663fb3dd330e.png Le chef de l’Etat, Idriss Déby, a pris un décret consacrant le 1er mars 2013 journée nationale de deuil en la mémoire des militaires tchadiens tués au Mali. Le décret précise que la journée sera chômée et payée pour tous les travailleurs. Merci, Déby ! En règle générale, une journée de deuil national n’est pas forcément chômée, moins encore chômée et payée.

Mais les Tchadiens ne doivent pas cracher dans la soupe, surtout que d’habitude ils travaillent sans être payés. Et quand ils le sont, c’est soit à coup de lance-pierre ou à hauteur de quelques misérables francs Cfa pendant que les membres de la famille d’Idriss dépensent des centaines de milliers d’euros dans des cérémonies festives si ce n’est tout simplement dans des discothèques partout dans le monde.

Les travailleurs ont donc intérêt à rester chez eux et profiter d’un long week-end pour se ressourcer sans perdre un seul centime pour la demi-journée du vendredi 1er mars. Ceux qui préféreront flâner dans les rues pourront en profiter pour contempler les drapeaux qui seront « mis en berne », selon le même décret.

Jusque-là, rien d’anormal.

Ce qui est abusif, c’est l’interdiction, faite par ce décret, de « toutes les activités à caractère festif » durant cette journée nationale de deuil. En d’autres termes, ceux qui ont prévu de longue date de célébrer ce 1er mars 2013, mariage, baptême, circoncision, anniversaires, etc. doivent impérativement reporter la date aux calendes grecques quand bien même ils auraient déjà engagé d’énormes dépenses pour les préparatifs. Sauf s'ils consentent à écouter "les musiques militaires, religieuses et les prières", seules autorisées par le fameux décret.

Mais pourquoi tout cela ? Les Tchadiens n’ont-ils plus le droit de jouir de ce « cadeau » qui n’est « ni or ni argent » pour lequel Idriss s’est battu et dont, selon Samir Adam Annour, il porte encore aujourd’hui les stigmates dans sa chair ?

Où l’on voit que chaque jour que Dieu fait, la dictature gagne du terrain dans notre pays. Idriss Déby bafoue impunément toutes « les libertés d’opinion, de conscience, d’association, de réunion, de manifestation, etc. » reconnues à tous et garanties par la Constitution. Le pays lui appartient. Les Tchadiens sont ses sujets. Jusqu’ à quand ?

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Mercredi 27 février 2013 3 27 /02 /Fév /2013 01:07

lecoDans une de nos réponses à un compatriote sur les dysfonctionnements de l’ambassade du Tchad en Suisse qui reste d’actualité, j’avais mis en évidence le fait que « accepter de voir les choses de la même manière que moi, sinon ne dites rien ou dégager » constitue une attitude de fermeture d’esprit préjudiciable au débat créatif et constructif dont a besoin notre pays. L’exercice professionnel ou servir efficacement son pays exige des critères objectifs de compétence, d’excellence, de professionnalisme et de moralité au-delà de colorations politiques, ethniques, régionalistes, confessionnelles etc. Chacun à son niveau, en tant que citoyen, peut apporter sa contribution dans la construction nationale quelque soit son niveau de savoir et de savoir-faire.

Ce qui importe, c’est le caractère constructif, pertinent et cohérent de cette contribution. Il ne s’agit pas d’une compétition des niveaux de connaissances dans laquelle on jouerait à qui a plus de connaissances que les autres dans tel ou tel autre domaine. Ce qui serait absurde et insensé étant donné que nul n’a le monopole de la connaissance et que personne ne peut prétendre épuiser un domaine quelconque du savoir.

De ce point de vue, je vous invite à lire ci-après la perception de l’Islam sur la divergence d’opinion. Perception développée dans un prêche magistral de Cheikh Sofiane à la Mosquée du consulat de l’Arabie Saoudite à Genève ce vendredi.

Avec mes salutations fraternelles.

Talha Mahamat Allim

 

Direct du Min’bar – Vendredi 12 Rabî’al akhar 1434 – 22 Février 2013 –

La diversité - une œuvre divine, une élégance au service de la morale humaine.

Si l’éthique du désaccord (Al Ikhtilàf) est une sagesse explicite parmi les œuvres d’Allah (V.118, S.11), c’est Son Choix de lui conférer mille facettes – et à travers les divers centres de décision humaine aussi bien au niveau individuel (cœur, esprit, âme) que collectif (société, assemblées, Nations, conclave). Allah nous avertit quemême s’Il avait créé une seule Nation pour tous les humains, ils ne cesseront de démontrer leur différence, et ces différences continuent donc de déterminer notre présent et notre futur. Le désaccord (Ikhtilàf) signifie la divergence d’opinion, la différence de vue. Le terme sous sa forme verbale, revient à maintes reprises dans les Qur’àn (V.19/37 ;V113.S.2).

 


Mais si donc la différence d’opinion, de culture, d’interprétation, de perception, etc. est une valeur intrinsèque humaine, une inspiration divine, comment user de cette différence dans notre quotidien ? Comment le Prophète Muhammad (Qu’Allah l’élève davantage en grade et préserve sa communauté de ce que le messager craint pour elle) a enseigné la différence, comment les compagnons l’ont vécu, illustrés ? Comment d’autres l’ont perçue et comment la cultiver dans l’élégance intellectuelle, la morale humaine avec équité (Insaf) ou encore vers le juste milieu. 

L’Imam a d’abord rappelé que le Prophète a vécu ces arbitrages qu’appellent la différence de perception et ce à de multiples occasions  - lors de la bataille de Uhud où les compagnons se sont divisés en deux arguments – un en faveur de sortir de la ville et l’autre pour ne pas sortir. Jusqu’à la mort du Prophète où les compagnons et les dignitaires ont divergé profondément sur (i) comment l’enterrer, (ii) où et quand le faire, (iii) qui pour prendre la tête de la communauté, etc.

Mais si Allah a institué la divergence ou la différence de perception, il a aussi indiqué en 2 étapes comment s’y prendre pour aboutir à un arbitrage juste. Si dans l’exercice de suivre Allah, son Prophète et vos guides, vous divergez sur quelque chose, (1)  retournez le à l’aune d’Allah et de son Prophète (V.59, S.4), soit le Qur’ân et la Sunna-  les deux révélations infaillibles et complètes. (2) Je Jure par Ton Seigneur qu’ils ne peuvent prétendre être des croyants tant qu’ils ne cherchent pas en toi l’arbitrage de ce qui les divise et qu’une fois tranché par toi, qu’ils ne trichent point au fond de leur cœur à chercher le moindre recours, mais plutôt qu’ils en disposent ainsi (V.65, S4). 

Il est pourtant fréquent dira l’Imam de voir des croyants s’arcbouter à un argument qui n’est défendu ni par le Qur’ân ni par la Sunna, et qui donc n’obéissent qu’à leur passion. La divergence n’est donc pas condamnable, puis que Allah évoque sa possibilité et indique comment s’y prendre lorsque cela arrive, mais justement l’élégance du comment s’y prendre réside dans la manière de traiter cette divergence et la suite à en donner. Et voici 4 règles que l’Imam a partagé dans ce sens.

 


1.      L’appréhension positive de l’argument opposé et de ses tenants avec élégance

Il ne s’agit nullement de penser du mal des autres simplement par ce qu’ils perçoivent  différemment. Et l’exemple vient de Sayyidatuna ‘Aicha qui rectifia Ibn Umar suite à une confusion fondée sur un avis du Prophète à propos de pleurer les morts. Dans son argument, elle a d’abord invoqué Allah en faveur de Ibn Umar (Allah pardonne à celui qui a soit oublié soit commis une erreur de bonne foi), ensuite elle lui adresse par la meilleure des possibles - en usant de son ascendance (Aby Abdir-Rahmàn) et non de sa descendance, ce qui est une pure marque de rang et de noblesse dans la culture Arabe, et enfin, elle la disculpe de toute mauvaise intention en affirmant qu’il a soit oublié ou commis une erreur, dans les 2 cas de bonne foi. Or, Allah a pardonné ces deux à la communauté du Prophète, puisque c’est de bonne foi (pureté de l’intention). Il est donc important dans la confrontation des arguments de ne pas indexer l’autre camp simplement parce qu’ils ont un argument opposé. Les meilleurs parlements au monde sont ceux où la confrontation repose sur la bonne foi, l’appréhension positive, et le respect mutuel des positions, même passionnément divergentes.

 


2.      La démarcation de la passion

 Il est de nature quasi humaine dans les confrontations d’idées lorsque les arguments s’opposent que la passion guide certaines positions, qui restent donc aveugles à la Vérité. L’Imam de rappeler que la Vérité doit être le Guide et non la subjectivité de notre position. Allah d’ailleurs rappelle au prophète Dawûd en guise d’avertissement valable pour tous les humains de ne pas se laisser guider par sa passion dans le jugement qui lui incombe en tant que Vicaire de Dieu (V.26, S.38), car précise Allah, se laisser guider par sa passion éconduit du chemin d’Allah (la Vérité).

 Et Allah insiste sur cet avertissement en appelant à l’étonnement au sujet de celui qui a élu sa passion comme son Dieu (V.23, S.45) et qui au lieu de trouver guide et lumière dans la connaissance, y trouve plutôt égarement et perdition, comme c’est arrivé à tant de personnes (Namrûz, Qàrûn, Pharaon, Abraha, Walîd, Hitler).  Ibn Qayyim mit en garde ceux qui ne se laissent guider que par leur passion, car ils sont désorbités de la Vérité, discrédités de tout jugement et non éligibles à la connaissance.

 


3.      La reconnaissance à chacun de son Droit légitime

Reconnaître à chacun son droit, même si l’autre est en position de faiblesse ! Le Qur’ân d’ailleurs donne l’exemple (V.75, S.3) au sujet d’une communauté reconnue pour leur animosité envers les musulmans dans le contexte de  Médine, mais Allah leur reconnaît leur attachement à l’équité et au respect du droit de l’autre. Cet argument du Qur’ân dira l’Imam est plus qu’une simple mention d’un fait ou d’un geste. Il s’agit d’une invite à la noblesse de caractère – en ce sens qu’il faut plutôt mentionner la valeur de l’autre et ses succès plutôt que ses défauts et ses échecs. Le Prophète priait Allah de le préserver contre le faux-ami qui lorsqu’il voit du bien le cache et s’empresse de divulguer le mal qu’il connaît des autres. Et c’est Seyyiduna ‘Aliyy qui donne l’exemple à ce sujet sur les Khawàrijs, connus pour leur fierté excessive, mais aussi pour d’autres qualités de croyant.

Lorsqu’il fut interrogé – la question vint en lui sous cette forme : Sont-ils des incrédules ? Seyyiduna ‘Aliyy de répondre- ils sont indemnes de l’incrédulité, Sont-ils des hypocrites donc (Munàfiqs) ?  Il répondit- les hypocrites n’évoquent le nom d’Allah que très peu (V.142, S.4 - alors que les Khawarijs le font abondamment comme appelé par Allah (V.41, S.43)). On lui posa la question comment les qualifier donc ? Il dit- ce sont nos frères qui se sont rebellées contre nous ! Et voilà l’élégance dans la confrontation, soit ne jamais indexer l’autre, La leçon de Seyyiduna ‘Aliyy réside dans la nécessité de distinguer la source du problème – d’ordre intellectuel, spirituel, confessionnel, social, ou autre. Il reconnut que les Khawarijs divergent de par leur raisonnement, mais leur reconnait leur qualité de serviteurs d’Allah - à parfaire un appel solennel d’Allah (Zikr répétitif).

 


4.      Le culte de la pureté du cœur et de l’amour en Allah

 Un des objectifs primordiaux de l’Islam dira l’Imam est de sceller les cœurs dans la fraternité de la Foi (début du V.103, S.3). Allah rappelle d’ailleurs aux croyants, en particulier les Médinois leur passé de haine, d’animosité et de querelle de tout genre. Il les a sauvés de ce précipice profond et irréversible par une force incroyable du cœur – la fraternité dans la Foi (2ème partie du verset précité). Et donc Allah les invite à méditer ce saut de paradigme et à en tirer les leçons qui s’imposent. Il s’agit dans la confrontation entre les tribus d’une même contrée, entre les communautés d’une même nation, entre les nations de ce même village planétaire (ONU) de mettre au-devant la pureté du cœur et l’attachement à la fraternité de la Foi et à l’Amour. Car rappela l’Imam la plus grande bénédiction en faveur des croyants au-delà de la Foi et de l’Islam, c’est la fraternité qui escalade justement toutes ces différences dont on parle et qui établit un seul dénominateur commun – Dieu. D’ailleurs ceux-là qui s’aiment en Dieu sont assurés d’échapper aux tourments du jour du jugement dernier !

Et dans ce dernier cas, nombreux sont les exemples venant du Prophète (à l’endroit des autres religions révélées trouvées à Médine), de ses compagnons lors du retour triomphal de Fath Makkah, des Savants Avant-gardistes de la Religion comme Imam Ahmad, qui même s’il divergeait avec Imam Chàfi’y reconnaissait en lui le Grand Guide et ils se rendaient visite mutuellement tous les 2, au point que l’Imam Chàfi’y composa des vers pour dire qu’il s’agisse de sa visite vers Imam Ahmad ou sa réception de la visite de l’Imam Ahmad, tous deux  démontrent la grandeur de l’Imam Ahmad. Il a donc retourné tout vers son collègue dont pourtant les confrontations à travers les cas étaient souvent violentes. De même Abdur-Rahmàn Ibn Mahdiy qui est le Cheikh de Imam Bukhary - et qui mettait en garde contre le rejet de la vérité sous prétexte que l’autre appartient à une autre confrérie, ou une autre école de pensée.

Ces Savants savaient distinguer ce qui méritait respect de ce qui n’était pas juste à retenir, comme d’ailleurs témoigna l’Imam Az-Zaheuby, en disant d’un savant reconnu comme dévié mais qui proféra un jugement de vérité sur un cas particulier - que son innovation lui appartient, mais sa vérité est universelle.

Cultivons l’élégance dans la diversité, le cœur du croyant ne peut loger autre que de la pureté et de l’amour  envers les autres, même ceux qui sont d’un camp opposé ou différent (V.99, S.10)!

 

 


Talha Allim

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Mercredi 27 février 2013 3 27 /02 /Fév /2013 01:05

djimrangar2.jpg Le Premier ministre Joseph Djimrangar Dadnadji a signé lundi plusieurs arrêtés mettant d’office à la retraite 331 fonctionnaires de la Police nationale. Une goute d’eau dans la mer des policiers analphabètes recrutés massivement par les différents ministres qui se sont succédé à la tête du département de l’Intérieur et de la sécurité publique.

Mais pourquoi cette mise à la retraite ? Pourquoi ne pas prendre une décision de révocation pure et simple de faux policiers qui inondent les commissariats de police ?

Parce qu’il faut bien faire de la place aux « policiers parents de… », de plus en plus nombreux, que l’Etat n’a pas les moyens de payer.

Il a fallu donc trouver l’astuce consistant à mettre à la retraite ceux qui en ont atteint l’âge depuis plusieurs années mais qui, grâce aux nombreuses complicités de leurs collègues, ont continué quand même à émarger et percevoir salaires et autres avantages liés à leur fonction. En toute illégalité, bien sûr !

C’est ce qui arrive toujours lorsque l’Etat-ethnique ne maîtrise plus rien dans la gestion des administrations devenues « la chasse gardée d’un clan, voire d’une famille ».

Tchadoscopie

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