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Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 11:28

 

 
C’était, il y a 4 ans, l’ « ONG  Arche de ZOE » menée par Eric Breteau et une bande de complices tentent d’enlever 103 enfants tchadiens à partir de la ville d’Abéché et de les transporter en France. Une mise en scène par de faux bandages faits par des médecins appartenant à l’ONG devait accréditer la thèse d’une évacuation sanitaire d’une partie des enfants. In extrémis, l’affaire échoue et le scandale explose  éclaboussant le monde des ONG humanitaires, et exposant en plein jour les carences de l’Etat Tchadien. Mais surtout les passions se déchaînent, les implications des grands laboratoires pharmaceutiques sont mises à jour par leur financement de l’opération. L’Afrique toute entière est choquée, bouleversée, les pratiques de l’ONG rappellent l’horreur de la traite négrière. L’émotion est réelle, le choc est immense, les condamnations pleuvent de toutes parts.


Sarkozy voit venir la bombe, connu pour ses positions sur les aspects positifs de la colonisation mais aussi sur le refus de toute repentance relative au bilan de l’épopée coloniale, il engage un véritable bras de fer avec l’opinion africaine et déclare avec arrogance : « J’irai les chercher quoi qu’ils aient fait ! ».
Au Tchad, le choc est énorme et l’opinion réclame justice. Deby accuse les voleurs d’organes et les réseaux pédophiles que sont les membres de l’Arche de Zoé. La tension monte, Sarkozy bande ses muscles, descend au Tchad, récupère l’équipage espagnol de l’avion et obtient le transfèrement de Breteau et de ses complices en France.
Condamnés par la justice tchadienne, Deby leur accordera la grâce présidentielle, ce qui permettra leur libération immédiate en France. Une fois libre, Eric Breteau fera un bras d’honneur aux populations tchadiennes et à Deby en déclarant : « Demain, je referai la même chose. »
L’opinion africaine observe, dégoutée par la soumission humiliante de la République du Tchad aux volontés de Sarkozy. Certains se raccrochent au paiement des indemnités aux enfants et à leurs familles, soit par Eric Breteau et ses complices, soit par l’Etat Français, ostensiblement engagé à défendre ses compatriotes, voleurs d’enfants tchadiens.
Il y a quelque temps, Deby affirma que les familles n’avaient toujours rien reçu, ni de Breteau, ni de l’Etat Français. Quant aux avocats des enfants, on ne les entendit guère, aucune action médiatique, aucune dénonciation, aucune demande d’enquête pour élucider les zones d’ombre ; aucune action judiciaire n’est introduite pour une indemnisation, et beaucoup de questions demeurent sans réponse. On comprendra bientôt pourquoi.
En effet, un comité regroupant les représentants de l’Etat tchadien et les avocats des enfants se met en place et, chose incroyable, Idriss Deby fait savoir que son régime paiera à la place de Eric Breteau et de l’Etat Français. Il déclare donc vouloir indemniser à la place des vendeurs d’organes, et des réseaux pédophiles. Certains membres du Gouvernement n’en reviennent pas, c’est une seconde réhabilitation de la bande à Eric Breteau, une réhabilitation totale, exigée par Sarkozy afin que personne n’en ignore. Si on peut se permettre une petite comparaison avec l’affaire de l’attentat du DC 10 de UTA, Kadhafi et ses hommes avaient plaidé non coupables, leur condamnation a été mise sur le fait de la loi du plus fort, mais c’est lorsque Khadafi a accepté de payer les indemnités aux familles des victimes de l’attentat que les occidentaux  ont brandi cela comme preuve de sa culpabilité. C’est dire que la question de la réparation d’un préjudice subi est importante dans l’action de la justice dans la mesure où elle est censée procurer un apaisement à la (les) victime (s). On comprend donc pourquoi Sarkozy ne laisse rien au hasard.
Lors de la réunion de cet étrange comité, la base d’indemnisation retenue est la même que celle prononcée par la justice tchadienne contre les membres de l’Arche de Zoé, autrement dit la somme de 4,2 milliards de francs CFA au titre des dommages et intérêts. Les avocats des enfants à savoir Maîtres Amady Nathé, Mahamat Hassan Abakar et Laminal Ndintamadji sont très intéressés par cette formule et c’est ainsi qu’une clé de répartition de ce magot est conclue. Sur les 4,2 milliards, 12,5% seront payés aux avocats pour leurs honoraires, 20% seront donnés aux œuvres sociales pour construire écoles et dispensaires dans la zone où habitaient les enfants ; 37,5% réservés aux 103 enfants devront être consignés dans une banque jusqu’à leur majorité (18 ans) et enfin, 30%  devront revenir aux familles des  enfants.
Après cette clé de répartition, le Gouvernement tchadien déclare ne pouvoir mettre sur la table que 1,5 milliards dans un premier temps. Aussitôt, les avocats négocient pour percevoir leurs honoraires en totalité sur cette première tranche et ne pas attendre le solde lors du versement de la seconde tranche. Ils se démènent, rencontrent Deby et finalement arrivent à se faire payer la belle  somme de 175 millions chacun. Une fois les avocats payés, les familles s’impatientent car, dans cette répartition, elles seules peuvent espérer quelque chose surtout que l’argent des enfants est bloqué à la banque jusqu’à leurs 18 ans et la part des œuvres sociales c’est du toc comme chacun le sait.
C’est alors, qu’on apprend qu’après le jeu d’écritures qui a permis de faire croire que l’argent est déjà à la Société Générale Tchad, on informe les familles qu’un autre jeu d’écritures a vidé les comptes pour approvisionner le Trésor Public. Résultat : il n’ y a plus d’argent ! Une autorité proche de Deby a ordonné qu’on ramène l’argent au Trésor.
Comme chacun peut le constater, de cette scandaleuse manipulation, seuls les avocats ont réussi leur coup ; se faire payer la totalité de leurs honoraires avant même que leurs clients n’aient perçu un kopek. Sans compter que l’indemnité devant être attribuée à un enfant est de 15 291 262 FCFA, alors que chacun des 3 avocats, à lui tout seul, a touché la somme de 175 millions soit 11 fois la part d’un enfant !
Pauvres enfants du Tchad, trompés une première fois  par des bandits de l’humanitaire qui, sous prétexte de les aider, voulaient, en fait, les arracher à leur famille pour les vendre à des tiers. Trahis, ils le seront, une seconde fois, par leur pays et ses  plus hautes autorités qui, bien qu’ayant  le devoir de les protéger,  les ont  au contraire lâchement spoliés et abandonnés à leur triste sort. Et enfin, ceux qui prétendaient porter haut leur défense comme ils en ont fait le serment, viennent de les vendre sur l’autel de leurs intérêts sordides.
Cruelle destinée que celle des enfants tchadiens censés vivre dans un pays en" pleine Renaissance"!

http://www.zoomtchad.com/

Par Tchadenligne.com - Publié dans : TCHAD
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