La première fois que je l’ai rencontré, ce fut près de Hadjer Marfaine dans le l'ouest du Darfour soudanais, à l'ombre d'arbres fruitiers
bordant un Wadi asséché. Son nom n’était encore lié à aucune grande fonction politique ou militaire, si ce n’est jadis au grade de colonel dans l’armée nationale. De par sa discrétion, il
n’était alors connu que par les fins connaisseurs de la question tchadienne, en particulier celle qui à trait à l'armée. Et pourtant son nom, je le crois, ne pourra se dissocier à l’avenir du
destin de notre grande nation et plus particulièrement de la chute de la tyrannie débyste.
Adouma Hassaballah était là, devant moi, assis en tailleur, une ombre salvatrice recouvrant sa chèche, les lunettes de soleil ne laissant transparaître aucune émotion. Calme, digne, serein, il prépare ses hommes à une offensive militaire que tous espèrent décisive. Quelques jours auparavant l'UFR, la synergie de tous les mouvements luttant contre la dictature d’Idriss Déby, est née et ce même homme nous confia dans un discours empreint d’une infinie sagesse pourquoi il avait fait le choix de l’unité au détriment des luttes claniques qui divisaient les mouvements rebelles depuis bien trop longtemps. Il fallait, selon lui, nous focaliser vers le renversement du mal absolu qui rongeait le Tchad depuis maintenant deux décennies : le gouvernement du dictateur du palais rose. Pour se faire, il avait réussi à réunir sous son commandement des hommes venus d’horizons divers, intellectuels, hommes politiques, militaires, jeunes gens excédés par deux décennies de privations. Il est parvenu à transcender l’ethniscisme qui régit bien trop souvent la vie politique tchadienne tout en conservant le charisme altier propre aux ouaddeïns.
Au contraire de nombre de commandants rebelles actuels, le colonel Adouma Hassaballah jouit d’une présomption « irréfragable » de sincérité dans sa démarche politique et militaire contre Idriss Déby. Cet homme véritable, dans son combat tant que dans sa personnalité, ne saurait être versatile. Son mouvement, l’UFCD, n’est pas un simple miroir aux alouettes tentant de dissimuler des visées crapuleuses. Cette sincérité semble rassurer la population tchadienne auprès de laquelle il bénéficie d’un crédit que nul leader politique tchadien ne peut prétendre égaler.
Mais cette droiture princière ne serait que téméraire si elle n’était pas doublée de compétences militaires et politiques tout à fait hors paires. Souvenons-nous que le colonel Adouma Hassaballah Djadarab a conquis ses lettres de noblesse sur le terrain en repoussant les attaques des forces armées lybiennes en 1986-1987, empêchant le Tchad d’être assujetti à la botte d’une puissance étrangère. Nous ne pouvons donc qu’avoir une absolue confiance en Adouma Hassaballah, nommé depuis peu 1er vice-président de l’UFR, pour décapiter les colonnes ténébreuses de la dictature d’un grand échalas sanguinaire au pouvoir depuis bien trop longtemps.

“L'homme n'est jamais plus libre que lorsqu'il assujettit ses passions à la raison, et sa raison à la
justice.”