Lundi 7 décembre 2009 1 07 /12 /Déc /2009 22:29

REPORTAGE - Le bassin se réduit depuis cinquante ans, menaçant la survie de 11 millions d’Africains...

«Un jour, il n'y aura plus d'eau. Ni eau, ni poisson, ni commerce.» Le constat de Mohamat El Hadji Adam, un habitant de Bol, ville située au bord du lac Tchad, est sans appel. A 41 ans, il se souvient encore du temps où il arrivait jusqu'à son village. «Quand j'étais enfant, j'habitais à une quarantaine de kilomètres à l'est de Bol. En sortant de l'école, je pouvais aller me baigner. Maintenant, il me faudrait aller plus loin», raconte-t-il.

Selon une étude de la Banque mondiale parue en juillet, le Tchad fait partie des douze pays qui risquent d'être les plus touchés par la sécheresse à cause des changements climatiques. Le lac a perdu plus de 70% de sa surface depuis les années 1960, d'après l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Une diminution dramatique pour la population. Le lac, qui s'étend sur le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun, permet à 11 millions de personnes de vivre de la pêche et de l'agriculture, selon la FAO. Or, le manque de pluie dans la région se fait fortement ressentir. «Avant, trois fleuves tchadiens, un du Niger et un du Nigeria alimentaient le lac, explique le gouverneur de la région, Oumarou Yerima Djibrila. Mais maintenant, ce sont principalement le Chari et le Logone (Tchad), les autres se sont asséchés.»

>> Notre diaporama «Le Sommet de Copenhague pour sauver la planète» est par ici

Les habitants s'adaptent comme ils peuvent. Un piroguier, qui transporte hommes et marchandises vers le Nigeria, explique que lorsqu'il n'y a pas assez d'eau pour que son embarcation à moteur puisse passer, il doit utiliser des pagaies. Du côté des pêcheurs, la situation est critique. «La production diminue d'année en année, et on ne pêche que des petits poissons», confie l'un d'eux. Les autorités tentent de mettre en oeuvre des mesures et ont, par exemple, imposé aux pêcheurs d'utiliser certains types de filets. «L'homme est victime de ses excès et nous sommes tous responsables, affirme le gouverneur. Quand il y a un problème en matière d'écologie, il ne faut pas dire que ça vient des pays du Nord ou des pays du Sud. Nous devons être tous solidaires.» 

de notre envoyée spéciale au Tchad, Sophie Cois
Par Abdoulaye Salah - Publié dans : TCHAD
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