Partager l'article ! La décision du CSM de radier M. Dekeumbé provoque un grand tollé au Tchad.: Selon certaines sources, c’est lors ...
Selon certaines sources, c’est lors du conseil disciplinaire qui a eu lieu le 13 juin dernier à la présidence de la République que la décision de la radiation du juge Emmanuel Dekeumbé a été prise par le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) du Tcahd. La même source informe aussi que cette décision sera confirmée à travers un décret qui ne tardera pas à tomber. Pour de nombreux magistrats, cette décision est une erreur grave et le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) risque de se diviser. «Les magistrats n’ont pas encore dit leur mot. Le moment viendra où ils vont se prononcer. Ils n’ont pas mesuré les conséquences de cette décision et ils seront responsables», confie un magistrat qui reste dans l’anonymat. En attendant le décret qui accompagnera cette décision et confirmera qu’il a été radié du corps des magistrats, les organisations de la société civile, certains syndicats, les partis politiques de l’opposition montent au créneau pour dénoncer cette révocation qualifiée comme un règlement de compte.
Pourquoi le juge Emmanuel Dekeumbé
Il est considéré aujourd’hui comme le libérateur du Député Gali Ngoté Gata. En avril dernier, le juge Emmanuel Dekeumbé a claqué
la porte pendant que le tribunal de Moundou se préparait à rendre le verdict sur l’affaire qui a défrayé la chronique. Il a estimé que la décision que s’apprêtait à rendre le tribunal n’était pas
normale et il ne pouvait pas cautionner le faux dans cette affaire. Le tribunal de Moundou a donc été obligé de suspendre le délibéré, pour le reprendre une semaine plus tard. Avec la démission
du juge, le tribunal n’a pas d’autre choix que de libérer le député Gali.
La Cour d'appel de Moundou avait déclaré la procédure entachée d'irrégularités, l’annulant et ordonnant la libération du député
Dès lors le jugé a été considéré comme celui qui a sauvé le député Gali Ngoté Gata, condamné pour corruption et complicité de braconnage de phacochères. Moins de deux semaines après la libération
du député, le juge a été suspendu pour violation du secret des délibérations avant d’être traduit devant le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM) puis aujourd’hui révoqué. Entre temps, le
jugeEmmanuel Dekeumbé et un autre juge ont déposé différentes une plaintes contre le ministre de la Justice du Tchad.
Dans un communiqué, le porte-parole adjoint de la Coordination des Partis Politiques pour la Défense de la Constitution (CPDC,
principale coalition de l'opposition) Saleh Kebzabo, qui estime que l'affaire est montée de toutes pièces, a déclaré: Les partis politiques s'insurgent contre cette mesure
et la dénoncent comme étant un pas supplémentaire dans la mise sous ordre du pouvoir judiciaire dans notre pays. "Dekeumbé fait les frais de son courage", a affirmé Me Jacqueline Moudeina,
présidente de l'Association Tchadienne pour la Promotion et la Défense des Droits de l'Homme. Avocate des victimes de l'ex-président tchadien Hissène Habré, prix "Right LivelihoodAward (2011),
surnommé le +Prix Nobel Alternatif+, Me Moudeina estime queDekeumbé, à travers son acte, a exprimé sa ferme volonté de défendre la magistrature pour lui assurer la crédibilité tant
revendiquée par les Tchadiens. Tout le corps doit en être fier.
B B
PETITION POUR LE PR.IBNI
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