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TCHAD: Tchad: Enlisement après la septième semaine de grève

Le secrétaire général adjoint de l'UST, Adjia Djondang François, a affirmé que le ministre Diguimbaye «n'a pas l'autorité de couper le salaire»

 

 

 

L'Union des syndicats du Tchad (UST) a entamé lundi 2 septembre, une septième semaine de grève dans le secteur public et parapublic pour revendiquer l'application d'un protocole d'accord, paraphé en novembre 2011 avec le gouvernement et qui porte sur l'augmentation des salaires, menaçant de radicaliser le mouvement si le gouvernement ne revient pas sur sa décision de ne payer aux grévistes le salaire du mois d'août. Face à la presse, il y a quelques jours, le ministre tchadien des Finances et du Budget, Christian Georges Diguimbaye, a annoncé que les salaires du mois d'août seront versés seulement aux agents de l'Etat non-grévistes. L'UST doit prendre ses responsabilités et s'acquitter de la rémunération de ceux des agents qui ont respecté son mot d'ordre de grève, a-t-il précisé. Début août, il avait déjà ordonné la suspension, pendant quelques jours, du paiement des salaires du mois de juillet. Le secrétaire général adjoint de l'UST, Adjia Djondang François, a affirmé que le ministre Diguimbaye «n'a pas l'autorité de couper le salaire».

 

Au cours de leur dernière assemblée générale, tenue le week-end dernier, les salariés ont protesté bruyamment contre la décision ministérielle. Si le salaire n'est pas versé à tous les travailleurs jusqu'au 8 septembre, le 9 nous entamerons une grève sèche et illimitée dans tous les services qui, jusque-là, observent le service minimum y compris dans les hôpitaux, ont-ils décidé. Le gouvernement pense qu'en refusant de payer le salaire, les grévistes seront obligés de reprendre le travail. Cette situation n'est pas la première puisque les travailleurs ont eu déjà à faire face à une telle situation dans le passé où ils ont eu à passer des mois sans salaire et ils n'en sont pas morts, rappelle le secrétaire général de l'UST. 

Dès les premières heures de leur mouvement, de nombreux communiqués de soutien au mouvement des travailleurs sont enregistrés quotidiennement dans les médias nationaux, émanant des partis politiques, associations de la société civile et particuliers. Le secteur privé a même observé, la semaine dernière, une journée de grève pour soutenir le public et le parapublic. C'est de la récupération politique, estime le gouvernement, face à ces soutiens incessants au mouvement des travailleurs. Samedi dernier, le Secrétaire général à la présidence de la République, Adoum Younousmi, l'a rappelé aux leaders syndicaux.L'UST est composée d'une multitude d'organisations affiliées qui, en leur sein, ont des milliers de militants et d'adhérents. Quel est le parti politique qui pourrait venir manipuler tout ce beau monde où chacun a son obédience politique?, s'interroge Adjia Djondang François, qui dit ne pas comprendre «les velléités» du gouvernement.

 

 
© gouvernementdutchad.org 
Les négociations ont échoué autour du PM

L'affaire remonte au 21 janvier 2011 lorsque le président Déby Itno relève, par décret, le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) et le Salaire minimum agricole garanti (SMAG) à 60. 000 F CFA. Ces nouveaux SMIG et SMAG devraient être déroulés sur tous les salaires de toutes les catégories socioprofessionnelles au niveau national. Ainsi, le gouvernement met sur pied deux commissions chargées d'étudier la question distinctement au niveau du secteur privé et du secteur public. La grille du privé est validée par le Haut comité de travail et de sécurité et consignée dans le décret n°1111 du 18 octobre 2011; celle du secteur public a été validée par le Comité consultatif de la fonction publique au cours de sa réunion du 18 octobre 2011 et envoyée au gouvernement. La nouvelle grille comprend trois éléments: les pas d'avancement d'un échelon à un autre, les indices qui doivent être majorés de 300 points et la valeur du point d'indice qui passe de 115 à 160. Mais le décret de promulgation de la nouvelle grille du secteur public tarde à voir le jour. L'UST est obligée d'appeler ses militants à observer une grève pour réclamer son approbation. Le mouvement dure plusieurs semaines. Après deux implications du chef de l'Etat, le gouvernement décide de fractionner les 300 points d'indice sur trois ans: 60 points en 2012, 120 points en 2013, et 120 autres points en 2014. L'Etat fait face à de nombreuses difficultés financières et ne peut pas payer, en une seule fois, la masse salariale due aux 300 points, explique le Premier ministre, Emmanuel Nadingar. L'UST accepte la proposition gouvernementale et un protocole d'accord est signé le 11 novembre 2011 à cet effet.

Au sein de la centrale syndicale, l'on soutient aujourd’hui que la grève, qui a été déclenchée le 17 juillet 2012, est intervenue par la faute du gouvernement. C'est à cause de son refus de respecter ses engagements contenus dans le protocole d'accord, ainsi que la non-application du décret 1111, que l'UST est allée en grève pour contraindre le gouvernement à revenir à la raison, explique Adjia Djondang François. Le gouvernement estime que le niveau actuel d'application du protocole d'accord est "acceptable" et quel'UST ne doit bloquer le fonctionnement des structures de l'Etat par une grève qui ne justifie pasLes salaires prendront, d'ici au 31 décembre 2012, plus de 80% des recettes hors pétrole (dont le Tchad est producteur et exportateur depuis 2003, Ndlr), soit 283,2 milliards F CFA inscrits au budget 2012. Or dans ce pays, nous devons faire face à des besoins et demandes sociales dans les domaines de la santé, de la sécurité alimentaire, de l'éducation, de l'emploi et des infrastructures routières, a déclaré le Premier ministre tchadien, Emmanuel Nadingar, à la cinquième semaine du mouvement. Il a appelé les travailleurs à plus de solidarité nationale et reprendre le travail. L'appel du chef du gouvernement est resté à ce jour vain. Pire, le mouvement de protestation des syndicats risque de se radicaliser davantage dans les jours à venir. Au grand dam des populations qui estiment que le service minimum observé dans les hôpitaux ne résout pas leurs malheurs. 

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