
Depuis 19 ans le peuple tchadien vit sous la dictature féroce et sanguinaire de Deby. L’opposition armée
est, et reste, le seul et ultime espoir de ce peuple pour se débarrasser de ce régime prédateur, maffieux, et assassin animé par les malfrats du MPS. Mais dans la perspective des élections
législatives et présidentielles programmées – par une extraordinaire coïncidence – au Soudan et au Tchad, aux horizons 2010 et 2011, ces deux pays se sont entendus pour atomiser, ou phagocyter,
les mouvements de rébellions armées opposés à leurs régimes respectifs, car ceux-ci pourraient bien empêcher les tenues de ces différents scrutins.
A ce jeu, le Soudan est en train de mettre le paquet – tout le paquet en proposant ciel et terre à ses rebelles à Doha
– afin que, jusqu’aux plus farouches, ceux-ci mettent fin à leur activisme terroriste. Pourtant, du côté du Tchad, non seulement c’est par des stratégies biaisées que le régime de Deby s’est
activé à noyauter – et en tout cas à affaiblir - l’opposition politico militaire qui lui tient encore tête, mais plutôt que d’entreprendre un dialogue, le régime de N’djamena s’est obstiné à ne
choisir que la solution du pire. Ainsi, avec la convocation à brûle pourpoint de tous les chefs des mouvements politico-militaire de l’est du Tchad à Khartoum depuis le 20 janvier, et la décision
tombée depuis mardi 02 Février, enjoignant la Résistance Tchadienne dans sa totalité de partir sans délai du Soudan, les dés sont désormais jetés : le compte à rebours du combat final au Tchad
est maintenant inexorablement enclenché. Le combat est rendu à la phase du « finish ». Et c’est peut- être mieux comme çà !
Et du coup, les observateurs les moins anxieux se posent de très brûlantes questions sur l’avenir immédiat du combat de l’opposition armée tchadienne, à l’issue de la brûlante volte face des
autorités de Khartoum à leur égard. Et par voie de conséquence, de celui du peuple Tchadien. Ainsi, à l’heure où nous sommes, l’occasion s’offre aux uns et aux autres de spéculer sur cette
opposition armée Tchadienne dont la détermination héroïque a époustouflé toute l’Afrique – et donné à chacun de ses assauts contre le régime tyrannique de Deby - de formidables espérances au
pauvre peuple opprimé du Tchad.
Ainsi, depuis plus de dix ans à travers les batailles de Sara-Bourkou, Adré I et II, Abéché, Biltine, Ganantir, Hadjer
Marfaïne I, II et III, Firnik, Abgoulen, Addé, Am Zouer - ; et bien entendu les raids manqués sur N’Djamena en 2005, 2006, et 2008, la résistance armée – sous la formidable impulsion, il importe
de le reconnaître, de l’UFDD – a toujours pu et su entretenir l’espérance. Mais une opposition qui a malheureusement eu le temps de décevoir le peuple tchadien par ses distorsions internes, et
surtout par l’incroyable versatilité de certains de ses chefs.Il n’échappe à aucun des multiples observateurs et autres spécialistes des affaires Tchadiennes que, de toutes les offensives
militaires menées par les résistants contre le régime fantoche à la solde de Paris, celle de mai 2009 aura été la plus décevante. Car pour la première fois dans l’histoire de la rébellion de
l’Est, l’opposition militaire, brisant résolument le signe indien de la division, avait réussi à s’unifier, et, plaçant toutes ses factions sous le commandement unique et la bannière de l’UFR,
avait pu se doter ainsi d’une potentialité humaine et d’une puissance de feu jamais vues jusque là. Mais le résultat aura été un retentissant fiasco. Pourquoi cet échec ? Personne ne peut
répondre à cette question, pas même les acteurs eux-mêmes. Au mois de juin 2009, une commission d’évaluation avait pu produire les causes présumées de l’échec, aucune mesure, ou du moins la
nécessaire restructuration de ce que l’on attendait de l’UFR, n’a été réalisée.
Le seul organe chargé de statuer sur ce genre de situation, le CSR n’a pas pu se réunir en sa première session prévue
en novembre 2009. Pourquoi ? Mystère. Le retour des leaders de l’opposition de Khartoum à leurs bases respectives en décembre dernier sans la moindre volonté de se réorganiser, et surtout
l’absence d’un programme de restructuration de l’UFR avait vite fait le lit de multiples malaises.
On a observé des contestations dans toutes les formations. Certains leaders ont carrément été dépossédés de leurs éléments au profit d’autres formations, chose qui est pourtant prohibée
conformément aux dispositions des textes régissant sa création.
Ces multiples atermoiements ont découragé beaucoup de combattants, certains lassés de vivre cette situation, ont été contraints de rallier le régime de N’Djamena.
Depuis l’offensive ratée de l’UFR en mai 2009 dernier, seules les forces de FPRN de Adoum Yacoub Kougou, la 4ième
colonne de l’UFR, qui sont restées vissées en territoire tchadien, n’ont jamais cessé de harceler la soldatesque de Deby. A l’intérieur de l’UFR, seule l’UFDD maintient encore la flamme allumée
et refuse de toutes ses forces de voir la dynamique de l’unité s’effilocher. Pourtant ce même Adoum Kougou, en juin 2009, avait été menacé et traité de connivence avec l’ennemi par certains de
ses confrères leaders en pleine réunion de collège de dirigeants, tout simplement parce qu’il avait ordonné à ses forces de maintenir leurs positions dans la région de Tissi (dans l’est du
Tchad), au moment du retrait des troupes de l’UFR d’Am Dam où elles venaient d’essuyer un échec. Ce succinct survol des petites convulsions de l’opposition armée nous permet d’analyser ce qui se
passe depuis maintenant près de deux mois :
- Ndjamena et Khartoum signent des accords de normalisation de relations qui engagent, chacun en ce qui le concerne, le Soudan et le Tchad à sommer les mouvements de rebellions opposés à l’un et
à l’autre de quitter, qui le Tchad, qui le Soudan.
- N’Djamena décide de ne pas renouveler le mandat de MINURCAT en mars prochain,
- Les principaux leaders des mouvements composants l’UFR sont convoqués à Khartoum depuis le mercredi 20 janvier, puis sommés le 03 Février de quitter leurs positions sur le sol soudanais.
- A Doha tous les protagonistes du conflit de Darfour sont convoqués pour un sommet de paix qui se tient depuis le dimanche 24 janvier. Un sommet qui vient de connaitre un coup d’arrêt avec la
décision de’ la CPI d’inculper Omar el Béchir pour génocide. Un coup d’arrêt dans la mesure où – c’est certain – les rebelles du Darfour vont quitter la table des négociations qui étaient
pourtant déjà bien parties.
- Deby se rend à Tripoli (Libye) le vendredi 22 janvier pour une brève consultation avec Kadhafi – A Quel sujet ? Le
leader de la Jamahiriya lui a-t-il demandé de ne pas négocier avec la rébellion ? Lui a-t-il proposé de lui laisser le soin de régler les choses avec les politico-militaires ? Pourquoi tout ce
ballet diplomatique ? En fait, il est clair que Le Tchad et le Soudan ont besoin d’une stabilité pour 2010 et 2011. Les deux pays en ont bien besoin. Le Tchad se dirige vers des simulacres
d’élections législatives en novembre et une présidentielle en avril 2011, alors que des élections sont prévues en avril 2010 au Soudan, puis un référendum en janvier 2011, sur la sécession du
Sud-Soudan.
Maintenant que les choses prennent une tournure qu’aucun scénario n’a pu prévoir jusqu’ici, le moins qu’on puisse dire
est que manifestement ni l’Union Africaine ni l’ONU ne veulent véritablement la paix dans la zone Tchad- Soudan.
Au moment où le sommet de Doha avait mis face à face les émissaires d’Omar El Béchir, tout laissait croire – à commencer par la disponibilité de El Béchir – que les négociations aboutiraient à
une solution de pacification. Mais voilà qu’on en était encore là que la CPI, une fois de plus, sort un mandat d’inculpation contre le leader Soudanais. Juste ce qu’il fallait pour que les
rebelles Darfouri se retirent des négociations, estimant – comme cela avait été le cas l’année dernière – qu’il n’y avait rien à traiter avec « un prisonnier » en
puissance.
Pendant ce temps, ni l’UA ni l’ONU ne semblent mesurer la réelle incidence de l’ultimatum que viennent d’adresser les
autorités soudanaises aux rebelles Tchadiens. Selon toutes les apparences personne ne semble se préoccuper de ce que pourrait faire la résistance tchadienne maintenant qu’elle a été boutée de ses
positions bien qu’une grande partie de sa troupe se trouve déjà en territoire tchadien. Mais ce qui est clair et certain est que les fameux accords de « normalisation » ne lieront pas longtemps
le Tchad qui aura du mal à lâcher les rebelles du MJE qui, en ce qui les concerne, ne manqueront pas de commencer à intensifier leurs raids contre le leader Soudanais.
En se pliant trop facilement aux désidératas de Deby en chassant les formations de l’UFR du Soudan, on ne peut pas
dire qu’Omar el Béchir ait fait du mal à l’opposition militaire tchadienne. Selon cette opposition, ça va être maintenant le quitte ou double. Le combat total et final dont le résultat ne pourra
être que la fin du régime Deby… ou la fin de l’opposition militaire !
Dans tout les cas, l’opposition tchadienne est désormais acculée à prendre ses responsabilités, et toutes ses responsabilités, en se conduisant désormais en révolutionnaire pur et dur qui sache
faire avec la potentialité humaine et matérielle dont elle dispose.
C’est ainsi que la nouvelle optique de l’UFR n’est plus que la guérilla comme l’ont fait les FAN en 1981 face aux
forces d’occupation libyenne et ses alliés, sinon elle disparaitra en laissant le peuple dans son malheur dans la gueule du tyran Deby.
La guérilla qui prend certes beaucoup, de temps, mais qu’aucune armée conventionnelle au monde – même pas celle des Etats –Unis – n’a jamais vaincue. Et désormais, il n’ya plus qu’un seul cri de
guerre : La patrie ou la mort !
La rédaction de Tchadvision
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“L'homme n'est jamais plus libre que lorsqu'il assujettit ses passions à la raison, et sa raison à la
justice.”