SYRTE, Libye - Les dirigeants de l'Union africaine ont adopté une résolution suspendant leur coopération
avec la Cour pénale internationale (CPI) en conséquence de l'inculpation par celle-ci du président soudanais Omar al
Bachir.
Les dirigeants de l'Union africaine ont adopté une résolution suspendant leur coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) en conséquence de l'inculpation par celle-ci du président soudanais Omar al Bachir
"Etant donné que sa requête (visant à faire ajourner
l'inculpation de Bachir) n'a jamais été suivie d'effet, l'Union africaine décide que les Etats membres ne coopéreront pas, conformément aux dispositions de l'article 98 des statuts de Rome de la
CPI relatif à l'immunité du président soudanais Omar al Bachir concernant son arrestation et son transfert à la CPI", dit un texte de résolution obtenu par Reuters.
Deux délégués ont indiqué à Reuters que la résolution, approuvée
la veille au niveau des ministres des Affaires étrangères, avait été adoptée vendredi par les chefs d'Etat réunis en sommet en Libye. L'adoption de cette résolution risque de mettre fin à la
tentative de médiation menée par l'organisation auprès de la cour de La Haye dans l'affaire Bachir. L'organisation panafricaine, qui regroupe 53 Etats, avait demandé l'ajournement de
l'inculpation du président soudanais pour crimes de guerre dans le conflit du Darfour.
L'UA faisait valoir que le mandat d'arrêt lancé en mars contre
Bachir et son inculpation étaient de nature à compromettre les efforts de paix dans cette région. Un conseiller juridique de l'association Human Rights Watch (HRW), Reed
Brody, a déclaré aux journalistes en
marge du sommet: "Cela va renforcer la position d'un homme qui est accusé des pires crimes de notre époque."Les Africains qui se sont tournés vers leurs dirigeants pour obtenir
justice et mettre fin aux crimes de guerre et aux atrocités, sont les grands perdants aujourd'hui", a-t-il ajouté. La portée de la résolution reste pour l'instant incertaine, car 30 pays
africains ont adhéré aux statuts de la CPI et restent dans l'obligation d'arrêter Bachir s'il pénètre sur leur territoire.

“L'homme n'est jamais plus libre que lorsqu'il assujettit ses passions à la raison, et sa raison à la
justice.”