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Par Mourad Saleh : "les sites et blogs, à notre avis, doivent par leur militantisme actif informer mais surtout étayer les causes qui ont fait que l’on soit obligé de soulever les armes pour exprimer nos frustrations, opinions, notre refus de vivre sous cette dictature"

      Depuis la dernière offensive de l’Union des Forces de la Résistance (UFR), l’objectif effectif de notre combat est occulté par les médias francophones et ceux de l’hexagone en particulier. A suivre les diverses informations qui circulent, l’impression que l’on a de prime abord est que le Tchad se la coule en douce, que les tchadiens vivent sous des cieux providentiels.

 

Même les sites et blogs  tchadiens soutenant l’UFR semblent se disperser dans des sujets bien que qualitatifs mais qu’on estime, peut être à tord, à reléguer au second plan de l’objectif pour lequel nos frères dans les différentes tendances qui forment l’UFR sont entrain de se sacrifier corps et âmes pour qu’un jour les tchadiens puissent jouir de leur condition de citoyen en toute dignité.

 

En laissant le soin aux organes de communication de l’UFR communiquer en son nom, les sites et blogs, à notre avis, doivent par leur militantisme actif informer mais surtout étayer les causes qui ont fait que l’on soit obligé de soulever les armes pour exprimer nos frustrations, opinions, notre refus de vivre sous cette dictature qui a pris le Tchad en otage en tuant tous ceux qui s’opposent pacifiquement à cette dérive totalitaire qui a endeuillé nos mères, sœurs et enfants.

 

Il faudrait que les médias francophones et français en particulier sachent que les revendications des tchadiens sont aussi légitimes que celles de leurs aïeux pendant la révolution de 1789. Elles sont légitimes comme les ont professé Montesquieu, Rousseau, De Tocqueville, Robespierre, Cesare Beccaria et qui ont inspiré les textes fondateurs des nations les plus prospères qui se disent civilisées. Les résistants tchadiens avec ou sans armes sont en quête d’un bonheur auquel aspire tout peuple en toute légitimité. Ils combattent un système qui violé leur loi fondamental et qui est un contrat social obtenu après un cycle de combats politiques et militaires.

 

Cette violation est aussi concomitante à des crimes de masse ou ciblés ponctuels et conscients dont la résultante est une révolte massive des tchadiens de tout bord et de toutes les contrées du pays pour participer à cette cause digne d’être vécue par tout tchadien épris de justice et daignant vivre dans un Etat comme le conçoivent ceux qui nous l’ont décrété.   .     

 

Notre combat est pour une vie dans la dignité et sous les lois que la majorité choisit pour la conduite de notre destiné commune et non sous le joug d’une dictature de semi-lettrés qui a sur les mains le sang de nos concitoyens innocents. Ces milliers de combattants sur le terrain militaire et les milliers de sympathisants et de militants par delà le monde qui militent, ne font pas cause commune par amour de la violence ou par démagogie pernicieuse mais en une foi inébranlable en des idéaux pour lesquels les nations dites civilisées se sont sacrifiées.

 

Le lock-out des médias doit nous inciter à redoubler d’effort pour mettre en exergue les maux profonds qui rongent notre pays et nous obligent à réagir car nous sommes à un tournant décisif de notre destiné en tant citoyens d’un pays qui subit les affres de la guerre depuis plusieurs décennies. 

 

Quand on se propose de gérer la chose publique, on est toujours en face de contradiction qu’il faut démêler pour atteindre un minimum de bien être.

 

Depuis la colonisation du Tchad, notre pays n’a cessé de tanguer tel « un bateau ivre » au grés des humeurs guerrières opportunes. Le devenir du pays et de ses citoyens n’a jamais fait l’objet d’examen consciencieux, pragmatique et sincère. On a vu défiler des personnages politiques sans que le quotidien des ménages ne change d’un iota. Il n’est pas ici question de N’djamena, le Tchad fait 1284000 km².

 

Depuis notre indépendance à ce jour, aucune vision politique inclusive présentant un brin de réalisme n’a pu voir le jour. Entre parti unique et parti-Etat, nous n’avons pas eu ce déclic qui aurait pu voir émerger une classe politique ou ne serait ce qu’une conscience collective à même d’asseoir les concepts d’Etat et de République : la démocratie serait un luxe, elle peut attendre.

 

Tiraillés entre le tribalisme, l’analphabétisme, le déni d’autrui, le non respect de la culture des autres, les tchadiens ont cessé de croire en des discours creux qui sont contredits dans les faits et les injustices quotidiennes.

 

Mais quand les tueries, les assassinats, les viols et les crimes de masse dont les tchadiens dans leur ensemble en ont pâtis, les vents de l’Est les ont appelé pour que se redessinent une fois pour toute les contours d’un projet de société qui met les droits et le respect de l’Homme comme le seul rempart contre les abus.

 

Un projet de société qui après tant d’années d’inexistence juridique effective, met l’Etat, la démocratie, les libertés fondamentales, le développement, la responsabilisation, l’inclusivité , l’Etat de droit au centre de son édifice.

 

Le Tchad est l’un des plus grands chantiers d’Afrique vu son état de délabrement avancé dans lequel ses personnages politiques l’ont plongé. De guerre en guerre, les tchadiens ont commencé à entretenir l’idée de laisser le pays à des prédateurs pour pouvoir bénéficier d’un semblant d’aisance matériel au Tchad ou à l’étranger.

 

Le régime actuel de N’djamena est l’un des plus pervers que le Tchad ait connu depuis son indépendance et cela est favorisé par cette drogue qui avilie les peuples : la résignation et la complaisance cupide.

 

Jadis connu en Afrique pour notre fierté et notre orgueil, nous sommes entrain de vendre notre âme au diable en courbant l’échine et en baissant la queue au lieu de nous révolter pour regagner notre dignité bafouée par une poignée d’incultes sanguinaires qui sacrifieraient femmes et enfants pour jouir de l’ivresse d’un pouvoir combien de fois éphémère.

 

Les révolutions n’aboutissent pas tant l’armature de leur conceptualisation n’est pas clairement expliquée aux différents acteurs actifs ou passifs. Les contributions doivent être substantielles, claires et ordonnées pour que notre voix porte aussi loin que notre combat l’exige.


 

Mourad Saleh

Ndjaména

De la rédaction de TCHADENLIGNE

 




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