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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 20:34

 

Dr Djimé Adoum, ancien ministre de l'Agriculture, est nommé à la tête du CILSS pour un mandat de trois ans. Il a été désigné à ce poste à l’issue du triple sommet qui regroupait trois ensembles sous régionaux notamment, le CILSS, l’ABN et l'Agence Panafricaine de la Grande Muraille verte.

Djime-Adoum.jpg

 

Djimé Adoum succède ainsi au Pr Alhousseïni Bretaudeau, secrétaire exécutif sortant qui a brigué deux mandats consécutifs depuis 2007.

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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 20:31

HASSAN-SILLA-09-11-2012-04-46-49.png« L'affaire est tellement sérieuse que pour nous, elle ne peut pas faire l'enjeu de politique intérieure, s'insurge ainsi Hassan Sylla. Si la CPDC croit pouvoir tirer profit de cette situation dramatique, c'est dommage. Lors des perquisitions, vous allez le découvrir - il ne faut pas que les gens se pressent -, la police judiciaire a découvert des éléments compromettants et probants qui serviront certainement à opposer à tous ceux qui sont en train de raconter leur vie. Ils déchanteront bientôt. »

Pour l'instant, sept personnalités, civiles et militaires, ont été inculpées dans la tentative présumée de déstabilisation dénoncée par le gouvernement.

Source : RFI http://www.rfi.fr/afrique/20130513-le-cpdc-doute-theorie-complot-contre-le-regime-tchadien

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Lundi 13 mai 2013 1 13 /05 /Mai /2013 12:50

15Sommes-nous devenus aveugles et sourds ? N'avons-nous plus de mots pour exprimer notre colère, plus de langue pour crier notre indignation, plus de souffle pour scander notre credo ? Avons-nous oublié, comme l'écrivait Aimé Césaire, que notre bouche devait être « la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche » et notre voix, « celles de ceux qui s'affaissent au cachot du désespoir » ? Oui, nous l'avons oublié. Oui, nous sommes devenus aveugles et sourds. Par pragmatisme autant que par lassitude, nous avons préféré boucher nos oreilles, fermer nos yeux et devenir insensible aux appels de détresse de tout un peuple, notre peuple, le peuple tchadien. Bien entendu, à notre décharge, nous pourrions affirmer qu'il est bien plus aisé de lutter pour notre pain quotidien, pour notre petite réussite individuelle que de nous battre pour un idéal qui chaque jour, nous semble de plus en plus inatteignable. A notre décharge encore, nous pourrions arguer qu'un petit nombre d'entre nous s'échine déjà, en vain, à renverser la dictature d'Idriss Déby Itno et qu'il serait inutile de rejoindre ceux qui poursuivent ce rêve comme d'autres chargent contre des moulins à vent. Effectivement, nous pourrions affirmer tout cela, nous pourrions le crier haut et fort pour nous dédouaner, pour nous défausser, mais alors, nous serions terriblement veules et lâches.

 

Car ce qui se passe actuellement au pays de Toumaï ne saurait nous, tchadiens, nous laisser de marbre. Le régime d'Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis le 1er décembre 1990, a, depuis quelques jours, franchi un nouveau degré sur l'échelle de Richter de la perfidie et de l'arbitraire. En effet, le Président-Général-Ministre-Sultan a pris pour prétexte une pseudo-tentative de Coup d'Etat soi-disant orchestrée contre sa personne pour réduire au silence les rares personnalités qui osaient encore s'opposer à sa toute-puissance. Parmi eux, on retrouve le député d'opposition Gali Ngothé Gatta et l'ancien Ministre Routouang Yoma Golom, qui croupissent depuis plusieurs jours en prison pour « atteinte à l'ordre constitutionnel ». Alors, à l'aune de ces événements d'une gravité sans précédent, ne serait-il pas l'heure pour tous les citoyens tchadiens d'appliquer ce commandement de Maximilien Robespierre qui ordonnait que « lorsque un gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs » ? Cela semble tomber sous le sens.

 

D'autant plus que l'adjectif « sacré » n'est pas ici un vain mot. Car, au-delà même du fait de fouler au pied les droits les plus fondamentaux de l'Homme, la tyrannie d'Idriss Déby Itno a l'audace d'enfreindre également les préceptes du Livre Saint. Le Coran ne dit-il pas : « Celui qui a tué un homme qui lui-même n'a pas tué,
ou qui n'a pas commis de violence sur terre,
est considéré comme s'il avait tué tous les hommes ». Ibni Oumar Mahamat Saleh, Bichara Digui, Abbas Koty et bien d'autres encore étaient-ils des assassins, des tortionnaires ou bien encore des voleurs, en somme, des personnes qui avaient « commis des violences sur terre » ? Non, ils n'étaient rien de tout cela. Ils étaient des Hommes de paix, de courage et d'idéaux qui ont été lâchement assassinés parce qu'ils avaient osé réclamer plus de justice et de libertés pour leurs compatriotes. Leur âme a subitement été séparée de leur corps alors qu'ils ne faisaient que lutter pour que renaisse le Tchad de leurs rêves. Ainsi, en ôtant sans scrupules la vie à d'innocentes personnalités de l'opposition démocratique, Idriss Déby s'est mis à bafouer la parole de Dieu. Et ce n'est malheureusement pas tout...

 

Car, le Saint Coran, dans sa grande sagesse, ne continue-t-il pas en professant : « Ô vous qui croyez !
Tenez-vous fermes comme témoins, devant Dieu, en pratiquant la justice.
Que la haine envers un peuple ne vous incite pas à commettre des injustices.
Soyez justes ! La justice est proche de la crainte de Dieu ». Il nous alors permis de nous questionner : quelle justice existe-il actuellement au Tchad, dans cette soi-disante « vitrine de l'Afrique » ? Quelle justice y-a-t-il lorsque les enfants de l'actuel Président s'échinent à construire des villas plus hautes et plus extravagantes les unes que les autres alors que l'immense majorité croupit dans des maisons en poto-poto, sans électricité ni eau courante, n'effectuant qu'un à deux repas par jour ? Quelle justice y-a-t-il encore lorsque le pouvoir judiciaire est bâillonné, mis au pas et qu'un magistrat du siège peut se voir remplacé sur un simple caprice du Garde des Sceaux ? Quelle justice y-a-t-il enfin lorsque les directeurs généraux des administrations et des sociétés étatiques sont nommés en fonction de leur appartenance ethnique et non de leur formation, et qu'on peut révoquer un fonctionnaire simplement parce qu'il a eu le courage d'émettre une critique vis-à-vis du régime en place ? Ivres de stupre et de puissance, les membres de la cour du Palais Rose ont oublié jusqu'aux enseignements de Celui dont ils ont encore l'outrecuidance de prononcer le nom cinq fois par jour.

 

Mais le pire n'est peut-être pas à chercher dans les turpitudes du régime d'Idriss Déby Itno. Car une autre ombre continue d'étendre son emprise sur la terre des Sao. Cette ombre, c'est celle de l'ancienne puissance coloniale, la France. Nombre d'entre nous avaient cru qu'avec l'arrivée à l'Elysée de François Hollande, une nouvelle page des relations entre le Tchad et la France allait s'écrire, une page d'où serait définitivement banni toute idée de connivence avec le régime du dictateur originaire d'Amdjarass. Il n'en a rien été. Au contraire, suite aux troubles survenus au nord-Mali, la complicité de l'Etat français et des autorités tchadiennes s'en est même trouvée renforcée. En envoyant ses soldats servir de chair à canon contre les islamistes d'Aqmi et d'Ansar Eddine, Idriss Déby a marchandé la fin toute immixtion des socialistes français dans ses affaires intérieures. Désormais, non seulement celui-ci a désormais toute latitude pour perpétuer sa politique de terreur sur le sol tchadien (et les événements du 1er mai dernier en ont encore été une parfaite illustration), mais il semble même que les dirigeants hexagonaux aient oublié jusqu'aux crimes les plus odieux du boucher de Ndjamena, parmi lesquels l'enlèvement d'Ibni Oumar Mahamat Saleh, dont le parti est pourtant membre de l'Internationale Socialiste. Et cette inflexion de la politique française à l'égard d'Idriss Déby s'est confirmé le 10 mai dernier, lorsque, dans un communiqué d'une effrayante concision sur la situation au Tchad, François Hollande a tout juste affirmé que « les principes que nous posons doivent être respectés, y compris au Tchad », ne réclamant à aucun moment la libération des opposants injustement mis en détention.

 

Mais que l'Etat français sache que nous, peuple tchadien, nous n'avons que faire de ces principes qui sont utilisés comme autant de marchés de dupes pour asservir un peu plus les peuples d'Afrique francophone. Nous rejetons la doctrine hypocrite de François Hollande qui d'une main, fustige les violations des Droits de l'Homme en RDC, dans un pays où la France n'a aucun intérêt, et de l'autre, passe sous silence les errements de ses protégés, Paul Biya et Idriss Déby en tête. Nous exécrons ce gouvernement socialiste qui multiplie les références à Jules Ferry, ce Ministre qui défendait avec ardeur à la tribune de l'Assemblée Nationale « la mission civilisatrice de la France » sur le continent noir. Nous abhorrons cette armée française qui refuse d'engager ses troupes au sol contre les islamistes du nord-Mali et qui préfèrent envoyer les soldats tchadiens s'y faire massacrer, comme Nivelle envoyait en 1917 des dizaines de régiments de tirailleurs sénégalais se faire déchiqueter par les mitrailleuses allemandes sur le Chemin des Dames. Cette politique française en Afrique, qui ressemble à s'y méprendre à celle pratiquée sous la IIIème République, ne peut plus décemment avoir cours. Trop longtemps nous avons cru qu'un changement de gouvernement à Paris pourrait apporter la rupture tant attendue dans les relations françafricaines. Il n'en fut rien. Ce sera à donc à nous de couper ce cordon ombilical gangréné par le paternalisme et l'appât du gain. Et s'il faut pour cela que le Tchad soit le théâtre d'un nouveau Dien Bien Phu pour l'armée française, nous n'hésiterons pas un seul instant.

 

Alors aujourd'hui, nous nous retrouvons face à un choix pour le moins cornélien. Bien entendu, nous pouvons renoncer à toute forme de lutte. Nous pouvons nous contenter de rester dans nos foyers, de filer nos petites vies insignifiantes et d'égrener nos espoirs égoïstes. Peut-être serons-nous heureux ainsi... Idriss Déby finira bien par rejoindre le « jahaname » et un de ses griots, si ce n'est un de ses enfants, prendra sa place. Le Tchad ne s'en portera pas mieux mais qu'importe... Peut-être serons-nous heureux malgré tout... Mais, dans plusieurs dizaines d'années, quand nous arriverons au terme de l'étendue que nous aura assigné le destin, quand nous nous trouverons au bord de la tombe, soyons certains que le remord nous assaillira et que nous serons prêts à échanger toutes nos misérables vies contre une chance, rien qu'une chance de revenir en arrière et de pouvoir nous battre pour léguer à nos enfants un Tchad débarrassé de la vermine qui le ronge depuis maintenant vingt-deux longues années. Tchadiennes, tchadiens, n'hésitons donc pas un instant. Oublions nos divisions, nos peurs, nos doutes, ne reculons pas devant l'énormité du monstre qui se dresse devant nous. Faisons front tous ensemble et nous vaincrons. Le chemin sera sans doute long, escarpé, rempli d'embûches mais nous ne perdrons jamais espoir car nous savons tous, dans un coin de notre tête, que quel que soit la longueur de la nuit, l'aube finit toujours par se lever pour les fils de la liberté !

 

Hissein Bougoudi

Une correspondance de Fada pour la rédaction de Tchadenligne.com

 

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Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 10:06

Félicité n’a pourtant pas l’impression de demander la lune. Assise dans un rare coin d’ombre de la cour familiale, elle liste ce qu’elle voudrait pour les siens : un salaire décent, de quoi manger à sa faim et se soigner, du matériel de construction bon marché pour que chacun puisse se loger. « Et l’école vraiment gratuite pour tous les enfants », ajoute cette habitante de Dembé, un quartier populaire de la capitale tchadienne, N’Djamena, écrasé par le soleil de ce mois d’avril.

Avec son mari, ils sont arrivés là il y a vingt ans. Eux ont la chance d’avoir leur propre logement : trois cases où vivent les dix membres de la famille. Pour le reste, la vie est compliquée. Même avec un salaire de fonctionnaire, il n’est pas évident pour la mère de famille d’entretenir tout le monde. D’autant que, depuis plusieurs années, les prix grimpent. « Avec l’argent du pétrole, tout ça aurait dû s’arranger mais ce n’est pas le cas », se désole-t-elle.

Comme beaucoup de Tchadiens, la famille de Félicité ne comprend pas. Dix ans après le début de l’exploitation du pétrole, le Tchad reste coincé aux derniers rangs des classements mondiaux sur le développement humain : 184e sur 187 Etats, selon l’ONU, en 2012. Le pays d’Afrique centrale part de loin, mais le manque de retombées pour la population est criant et alimente un mécontentement social devenu un défi majeur pour le président Idriss Déby, au pouvoir depuis vingt-deux ans.

En dix ans, le pétrole a rapporté au pays 5 000 milliards de francs CFA (7,5 milliards d’euros). « Sur le marché international, les prix du baril flambent. On ne devrait pas ressentir la pauvreté aussi durement », estime Delphine Djiraibe, l’une des dirigeantes du CSAPR, une coalition d’associations créée en 2002 qui dénonce régulièrement la mauvaise gestion de cette manne. « La frustration, ajoute la militante, est d’autant plus grande que les revenus pétroliers profitent avant tout à une élite. »*

« LE PROBLÈME DE LA GOUVERNANCE »

La mise en exploitation de gisements à Doba, dans le sud du pays, en 2003, avait pourtant suscité beaucoup d’espoir. Elle avait même donné naissance à un projet inédit en faveur du développement. La Banque mondiale avait financé une partie de la construction d’un oléoduc de 1 100 km entre le Tchad et le Cameroun permettant à N’Djamena d’exporter son or noir. En échange, les autorités s’engageaient à verser 10 % des revenus à un « fonds pour les générations futures ». Sur la part restante, 80 % devaient être consacrés à des secteurs prioritaires pour le développement, 5 % à la région de Doba et pas plus de 15 % au budget de l’Etat. Mais l’accord n’a pas tenu longtemps. L’argent fut surtout utilisé pour acheter des armes alors que le régime était confronté à des mouvements de rébellion.

En paix depuis 2009, le pays a réorienté ses dépenses et se veut transparent. Il a adhéré à l’ITIE, une initiative internationale qui oblige les gouvernements à publier les revenus de leurs ressources extractives. Pour Gilbert Maoundonodji, l’un des fondateurs du Groupe de recherches alternatives et de monitoring du projet pétrole Tchad-Cameroun (Gramp/TC), « le problème qui se pose aujourd’hui est celui de la gouvernance ». Il estime à 80 % la part de la manne pétrolière consacrée à la construction d’infrastructures, en particulier de routes. « Des investissements massifs, ajoute-t-il, mais disproportionnés, et qui sont souvent une façon légale de capter la rente avec, dans la plupart des cas, des marchés attribués de gré à gré, sans appel d’offres. »

Depuis dix ans, les voies goudronnées sont passées de 300 à 2 000 kilomètres. La capitale est parsemée de ministères flambant neufs. Des monuments grandioses ont été érigés : le rond-point de la Grande Armée, et sa statue de cavalier, aurait coûté 16 milliards de FCFA ; le prix de l’immense place de la Nation, qui jouxte le palais présidentiel, reste un mystère. « Mais qu’est-ce que ces réalisations signifient lorsque l’on voit que la population connaît des délestages quotidiens d’électricité ? », demande M. Maoundonodji. Ajoutant au sentiment d’injustice, les habitants de la capitale voient des maisons cossues s’élever dans certains quartiers.

Les autorités avancent le fait que d’importantes dépenses ont été engagées pour le développement : outre les routes, de nombreuses écoles et hôpitaux ont été construits sur le territoire, des programmes d’appui au secteur rural (80 % des 11 millions de Tchadiens) lancés. « C’est vrai, souligne un travailleur humanitaire, mais il y a un manque cruel de planification et de suivi. »

ÉPREUVE DE FORCE

Dans ce contexte, le Tchad a connu en 2012 des grèves massives de fonctionnaires entre le 17 juillet et le 19 décembre. « L’objectif était d’obtenir une nouvelle grille salariale, promise par le gouvernement en 2011 mais jamais appliquée », rappelle Michel Barka. En septembre, ce dirigeant de l’Union des syndicats du Tchad a été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis et à une amende pour diffamation et incitation à la haine, après avoir publié une pétition mettant en cause la mainmise du clan présidentiel sur les ressources nationales. Un accord a depuis été trouvé – la nouvelle grille qui double le salaire minimum de 30 000 FCFA à 60 000 FCFA sera mise en oeuvre –, mais le souvenir de cette épreuve de force reste vif.

La survenue d’un « printemps tchadien », parfois évoqué, ne semble pourtant pas d’actualité. La plupart des observateurs font remarquer que la jeunesse est ici peu urbanisée, peu éduquée, contrairement à la Tunisie et à l’Egypte. « Et qui prendrait la responsabilité de les faire descendre dans la rue ?, interroge Abderamane Gossoumian, coordinateur du CSAPR. En outre, nous pouvons porter toutes les revendications que nous voulons, encore faut-il avoir des politiques pour les relayer. »

En vingt-deux ans de pouvoir, le président Idriss Déby a souvent réduit ses opposants au rang de figurants. Et il ressort renforcé de son intervention au nord du Mali, dont le principe a été largement appuyé par les Tchadiens. Avec un regret pourtant, note Delphine Djiraibe : « Cette intervention est tellement éblouissante qu’elle fait oublier les difficultés que nous vivons à l’intérieur. »

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Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 10:02

Les droits de la défense enfreints ?

RENARD-PADARE-TCHADONLINE-PHOTO-09-05-2013-06-37-19.pngLe collectif d’avocats qui défend ces sept personnalités [incarcérées pour "conspiration" ] se plaint de ne pas avoir accès à leurs clients. « Depuis leur inculpation, ils sont aux renseignements généraux. Ils y sont complètement isolés. On n’a pas accès à eux, la famille et les médecins non plus », déclare Delphine Kemneoum Djiraïbé, avocate des accusés. « Nous n’avons même pas les PV d’enquête préliminaire. Nous devons nous battre pour assurer la défense de nos clients. Ce n’est pas normal, c’est une violation grave des droits de la défense », dénonce encore Delphine Kemneoum Djiraïbé, avocate des accusés.

Des accusations infondées, d’après Jean-Bernard Padaré. Le nouveau ministre de la Justice assure que les droits de la défense ont été respectés. « Depuis l’enquête préliminaire, les avocats ont eu accès à leurs clients. Ils ont pu assister leurs clients au moment où ils comparaissaient devant le procureur de la République. Quand le procureur a transmis le dossier au juge d’instruction, là aussi, ils ont pu assister à la première comparution », soutient ainsi Jean-Bernard Padaré.

Quant à la détention des accusés aux Renseignements généraux, elle n’obéirait, selon le ministre de la Justice, qu’à des raisons humanitaires, les cellules de la maison d’arrêt de Ndjamena n’étant pas adaptées à des personnalités. « Il faut qu’ils soient détenus là où, s’ils n’ont pas la climatisation, ils aient au moins la ventilation. Il faut qu’ils puissent être à l’aise là où ils sont détenus. Ce sont des gens qui sont d’un certain âge et moi je tiens à leur santé et à leur vie », assure Jean-Bernard Padaré.

 

Source : http://www.rfi.fr/afrique/20130511-tchad-conspiration-deby-accuses-auditions-renseignements-generaux?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

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Dimanche 12 mai 2013 7 12 /05 /Mai /2013 10:01
   
Appel pour dire non à la nomination politique de Tahir Abderaman haggar
Mr idriss Deby vient de nommer M. TAHIR ABDERAMAN HAGGAR comme sultan de dar zaghawa à la place de son demi-frère son Altesse Royal Mr BOKHIT ABDERAMAN HAGGAR. Ce dernier est en résidence surveiller depuis le 05 mai 2013. 


Pour rappel, son Altesse BOKHIT ABDERAMAN HAGGAR est le 27ème sultan de DAR-ZAGHAWA. Aucun de ses prédécesseurs n'a été nommé par un décret politique. La nomination d'un sultan de dar zaghawa se procède comme :


- le candidat doit être le fils du sultan - 9 sages Angous chacun représentant un sous-sous clan, 4 sages qui représentent le Kobe élisent le nouveau sultan, une fois élu, c'est à vie. Nous, représentant de toutes les couches de zaghawa Kobe, rejetons catégoriquement cette nomination politique parrainé par certains traitres de la famille afin de tirer des profits personnels. 


Nous reconnaîtrons toujours son Altesse Bokhit Abderaman haggar comme sultan de zaghawa kobé. Nous demandons à tous les concernés de ne pas collaborer avec Tahir Abderaman. 



Fait Ndjamena Le 11/05/2013 

Le Mandataire designé
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Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 22:22

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Le 1er mai, N’Djamena a annoncé avoir déjoué « une conspiration » contre le président Deby et arrêté ses instigateurs.

Editorial du « Monde ». La réponse de François Hollande a été laconique, vendredi 10 mai, sur le perron de l’Elysée. Faut-il s’inquiéter de la vague d’arrestations d’opposants et de journalistes qui s’abat sur le Tchad depuis la découverte d’un présumé complot ourdi contre le président Idriss Déby ? « Les principes que nous posons doivent être respectés, y compris au Tchad. » Quels sont ces principes que le président français ne juge pas utile de citer ? Ils s’appellent liberté de la presse et respect de l’Etat de droit. Tous deux sont bafoués au Tchad. Ne fallait-il pas le rappeler ?
Quelques jours auparavant, le ministère français des affaires étrangères dosait également son langage vis-à-vis d’Idriss Déby. Le Quai d’Orsay se limitait à prendre « note avec préoccupation des dernières informations en provenance de N’Djamena » et appelait « le pouvoir et l’opposition à poursuivre un dialogue serein ». Ce dialogue n’existe plus depuis longtemps. Les arrestations arbitraires, elles, se multiplient. La dernière vague remonte au 1er mai. Ce jour-là, N’Djamena a annoncé avoir déjoué « une conspiration » et arrêté ses instigateurs. Des combats auraient provoqué la mort de trois à huit personnes ainsi que blessé une quinzaine d’autres. Le conditionnel est de mise faute d’éléments fournis par la police, la justice ou le gouvernement tchadiens.

Le pouvoir d’Idriss Déby a procédé à l’arrestation d’au moins une vingtaine de personnes, dont deux députés d’opposition et deux généraux. Deux autres élus sont recherchés. Dans d’autres affaires, des critiques de l’homme fort tchadien, des journalistes, des blogueurs, des syndicalistes sont emprisonnés, poursuivis, expulsés. La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) dénonce une « vague d’arrestations, d’intimidation et de harcèlement qui visent l’opposition politique, les journalistes et la société civile ».

Ainsi va le Tchad, dont le Quai d’Orsay préfère saluer « le rôle stabilisateur dans la région, en s’impliquant dans la lutte contre l’insécurité au Sahel et dans le règlement des crises, notamment en République centrafricaine ». A Idriss Déby, la France reconnaissante ? La contribution tchadienne aux efforts militaires français menés au Mali, notamment dans les régions du Nord, où s’étaient réfugiés les groupes djihadistes, a été indéniablement efficace. La présidence française envisage d’inviter des soldats tchadiens à défiler sur les Champs-Elysées, le 14 juillet. Des faits d’armes de ses troupes dans le désert malien, Idriss Déby semble avoir tiré la conclusion qu’une totale impunité lui serait accordée par Paris en ce qui concerne les méthodes dont il use et abuse dans son pays.

Cette indulgence française est une erreur. Elle envoie un message d’accointances à l’ancienne en Afrique, de piétinement des principes au nom d’arrangements géopolitiques et d’échanges de bons procédés : le soutien militaire au Mali récompensé par un silence sur la répression au Tchad. La France doit dénoncer les détentions arbitraires et l’attitude d’Idriss Déby, qui apparaît de plus en plus comme un président autoritaire, s’appuyant sur un clan et un système de corruption. Le silence est un début de complicité.

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 23:00
Un sommet réunira samedi au Tchad les dirigeants de plusieurs pays d’Afrique de l’ouest, de l’est et centrale sur les thèmes du développement durable, de la lutte contre la pauvreté et la sécheresse.

 

Ce sommet abordera notamment les questions de la promotion du développement durable et la lutte contre la pauvreté (…) du projet de lutte contre l’ensablement et le changement climatiques, a confié un expert sur place.

Trois organisations sous-régionales se sont données rendez-vous à N’Djamena: le Comité permanent inter-Etat de Lutte contre la Sécheresse au Sahel (CILSS), l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) et l’Agence Panafricaine de la Grande Muraille verte.

Le président malien de transition Dioncounda Traoré et son homologue soudanais Omar el-Béchir sont arrivés vendredi soir à N’Djamena, ainsi que le Premier ministre du Burkina-Faso Adolphe Tiao.

La Cour pénale internationale (CPI), qui recherche M. Béchir pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour (ouest du Soudan), a lancé à plusieurs reprises des appels au Tchad pour faire arrêter le président soudanais.

Mais depuis le rapprochement politique amorcé en janvier 2010 entre le Tchad et le Soudan, N’Djamena a régulièrement ignoré les appels de la CPI en vue de l’arrestation d’Omar el-Béchir, qui s’est notamment rendu au Tchad lors des deux derniers sommets de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) en 2010 et en février dernier.

D’autres Chefs d’Etat sont attendus samedi matin, a annoncé une source à la présidence tchadienne, sans préciser lesquels.

Source: AFP

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 22:58

(Nairobi) – Le gouvernement du Tchad doit se conformer à ses obligations juridiques internationales et respecter le droit des droits de l’homme alors qu’il enquête sur un complot présumé contre le gouvernement, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Au moins six personnes ont été initialement détenus, dont deux membres du parlement. Tous les six ont été détenus au secret depuis leur arrestation, le 1er et 2 mai 2013, jusqu’au 8 mai, bien que la loi tchadienne prévoit que les détenus ne peuvent être détenus pendant 48 heures, renouvelable pour 48 heures, après quoi ils doivent être libérés s’ils ne sont pas formellement inculpé. Le 8 mai, deux autres membres du parlement ont été arrêtés.

La menace d’un coup d’État n’est pas une excuse pour ignorer ou compromettre une procédure régulière ou de la règle de droit. Au contraire, dans une situation politiquement chargé, il est d’autant plus important pour les autorités chargées de respecter pleinement les droits des suspects et à parler ouvertement de leur enquête. Le fait que les prisonniers étaient détenus sans inculpation au-delà des quatre jours, les lois du Tchad ne permettent pas et il y a lieu de s’inquiéter.
Daniel Bekele, directeur pour l’Afrique

 

Le 1er mai, le gouvernement a annoncé qu’il avait déjoué une tentative de « déstabiliser les institutions de la République » et qu’il avait arrêté quelques personnes qui étaient impliquées. Le 8 mai, le président Idriss Déby Itno a dénoncé une «conspiration comme le printemps arabe. » Un porte-parole du gouvernement a déclaré que le groupe avait conspiré depuis plusieurs mois et avait été placé sous surveillance du gouvernement depuis Décembre 2012.

Le 8 et le 9 mai, sept des détenus ont été amenés devant un juge et formellement inculpé de complot, cherchent à saper la constitution et accessoirement à assassiner.

Les accusés et leurs avocats devraient avoir un accès complet à toute preuve qui appuie les accusations portées contre eux afin qu’ils puissent répondre aux accusations et préparer sa défense, selon Human Rights Watch. Toute personne poursuivie en relation avec le prétendu coup d’État a droit à un procès équitable, conformément aux normes internationales, comme énoncé dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Charte africaine sur les droits humains et des peuples. Le Tchad fait partie.

Les personnes accusées incluent Saleh Makki et Gali Gatta Ngothé, les membres de l’opposition du parlement; Mahamat Malloum Kadre et Routouang Yoma Golom, des députés de parti au pouvoir du président Déby, le général Ngomine Beadmadji; général Weiddig Assi Assoué, et le colonel Ngaro Ahmadou Ahidjo. Tous sont détenus dans le Bureau des Investigations (Renseignements généraux), sauf pour général Ngomine, qui a été libéré pour raisons de santé. L’avocat de plusieurs détenus, Mahamat Hassan Abakar, a déclaré à Human Rights Watch que les trois hommes avaient appelé pour lui exprimer la peur, le 9 mai pour leur sécurité. Abakar n’a pas pu rendre visite à ses clients le 9 mai.

Le chef présumé du complot, Moussa Mahamat Tao, un ancien rebelle, a été arrêté le 1er mai. Son lieu de détention est inconnu.

Deux autres membres du parlement, Saleh Kebzabo et Ngarjely Yorongar, ont également été convoqués pour interrogatoire. Le 8 mai, Yorongar a été libéré après avoir été interrogé. Kebzabo est à l’étranger.

Le 3 mai, le vice-président de l’Université de N’Djaména, Dr Khalil Alio ancien, a été arrêté. Le 6 mai, le secrétaire général du Syndicat national des journalistes tchadiens, Eric Topona, a été arrêté et accusé d’avoir violé la constitution. Un autre journaliste, Moussey Avenir de la Tchiré, directeur de publication du bi-mensuel Abba Garde, a été arrêté le 8 mai.

En Février 2008, à la suite d’une rébellion a échoué, le gouvernement tchadien a arrêté plusieurs opposants politiques, y compris Yorongar, l’ancien président Lol Mahamat Choua et Ibni Oumar Mahamat Saleh. Après son arrestation, Ibni Oumar Mahamat Saleh a été victime de disparition forcée et reste inexpliquée. Les disparitions forcées sont strictement interdits en toutes circonstances et constituent un crime grave au regard du droit international. Son sort devrait être immédiatement portée à la connaissance et les responsables de sa disparition traduits en justice.

Source: hrw.org

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 22:57

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et ses organisations membres au Tchad, la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH) et l’Association tchadienne pour la promotion et la défense des droits de l’Homme (APTDH) s’inquiètent de la vague d’arrestation, d’intimidation et de harcèlement qui visent l’opposition politique, les journalistes et la société civile tchadienne après l’échec de ce que les autorités ont présenté comme une tentative de coup d’État. Nos organisations appellent les autorités à mettre un terme à cette répression et à libérer les personnes détenues alors que le pays semble se préparer à des tensons militaires sur plusieurs de ses frontières.

Le 1er mai 2013, les autorités tchadiennes ont annoncées avoir déjoué « une conspiration » dont les instigateurs auraient été arrêtés à la caserne de Gassi, une division de blindés de la garde présidentielle à la sortie sud de Ndjamena, et à proximité de l’église évangélique 22 dans le 7e arrondissement de Ndjamena. Selon les informations disponibles, ces arrestations auraient donné lieu à des combats entre soldats de la garde présidentielle, des militaires et des civils, qui auraient causé entre 3 et 8 morts selon les versions ainsi qu’une quinzaine de blessés. Une vingtaine de personnes auraient été arrêtées au cours de ces intervention et dans les jours qui ont suivi, notamment l’ancien rebelle, Moussa Tao Mahamat. Le nombre exacte de personnes arrêtées le 1er mai n’a, à ce jour, pas été rendu public.

Le soir du 1er mai, le député d’opposition Saleh Makki de la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution (CPDC) était arrêté chez lui. En l’espace de quelques jours, ce sont deux députés, deux généraux et un colonel qui ont été arrêtés : il s’agit du général Weiding Assi Assoue, ancien ministre de la défense et ex-chef d’État major, du général David Beadmadji Gomine, directeur de la justice militaire, qui a depuis été libéré pour raison de santé mais demeure inculpé et du colonel Ahidjo, actuel Gouverneur du Salama ; ainsi que de Mahamat Malloum Kadre, député du Mouvement patriotique du salut (MPS, le parti du président Déby) et le député Saleh Makki.

Le 7 mai 2013 au matin, le directeur de la police judiciaire et trois commissaires sont passés chez deux députés de l’opposition, Saleh Kebzabo, président de l’Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) et chef de file de la CPDC et Gali Gata Ngoté, lui aussi député et membre de la CPDC. Ces derniers étaient absents. On apprenait ce pendant qu’au même moment, le ministère de la Justice déposait une lettre au Parlement permettant d’activer la procédure pour que soient entendus par la police judiciaire quatre députés, Saleh Kebzabo, Gali Gata Ngoté, mais aussi Ngarjely Yorongar, le président du parti FAR, et l’ancien ministre Routouang Yoma Golom. Selon des sources proches du gouvernement citées par RFI il s’agirait de vérifier les propos tenus par ceux qui sont soupçonnés d’avoir fomenté la tentative de déstabilisation, notamment Moussa Tao Mahamat, qui semble donc impliquer les quatre députés.

« Les autorités tchadiennes doivent respecter les procédures en vigueur même dans des circonstances exceptionnelles. Le respect de tous les droits de la défense est fondamental particulièrement dans le cadre d’accusations aussi graves » a déclaré Me Jacqueline Moudeïna, présidente de l’ATPDH.

A l’issu des auditions, les députés Gali Gata Ngoté et Routouang Yoma Golom été inculpés de « complot et d’atteinte à l’ordre constitutionnel » et incarcérés. Le député Ngarjely Yorongar a quant à lui été libéré et reste à la disposition de la justice en tant que témoin. Saleh Kebzabo est toujours en dehors du pays. Selon d’autres sources, ces interpellations auraient été préalablement autorisées par le président de l’Assemblé nationale, confirmée par une lettre en date du 7 mai 2013. Pour qu’un député puisse être entendu ou inculpé par la justice, l’Assemblée nationale doit en effet préalablement lever son immunité parlementaire ou en autoriser l’audition. Or, pour les deux premiers députés arrêtées, une telle levée d’immunité n’a pas été ordonnée comme le souligne la lettre du président de l’Assemblé nationale en date du 7 mai 2013, confirmant le caractère arbitraire de leur arrestation et de leur détention.

« Même si nous condamnons tous les coups d’État ou les tentatives, l’histoire récente du Tchad nous a montré que celles-ci, avérées ou non, servaient le plus souvent à des purges ou des règlements de compte » a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH. « C’est dans des circonstances similaires qu’à été arrêtés et a depuis lors disparu l’opposant et député Ibni Oumar Mahamat Saleh en février 2008. Nous attendons toujours des réponses sur son cas comme sur les assassinats, les disparitions et les arrestations qui se sont multipliées ces dernières semaines au Tchad » a-t-elle ajoutée.

En effet, le journaliste Eric Topona, secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens, a été convoqué, inculpé et incarcéré le 6 mai dernier à la maison d’arrêt d’Amsinene, dans la banlieue de Ndjamena. Il est poursuivi pour « atteinte à l’ordre constitutionnel » dans le cadre de l’affaire Jean Laokolé, un jeune blogueur accusé de diffamation et lui aussi en prison. Le lendemain, le 7 mai 2013, le directeur de publication du journal indépendant Abba Garde, Avenir Moussey De la Tchire, a été arrêté par la police judiciaire, pour la diffusion d’articles appelant à « la haine et au soulèvement populaire », selon la police. Il a été présenté le 9 mai à un juge, incuplé et placé sous mandat de dépôt. Le cas du journaliste Jean-Claude Nekim, directeur de publication de célèbre N’Djaména bi-hebdo est toujours pendant. Puisque après de multiples poursuites judiciaires en raison des prises de position de son journal, Jean-Claude Nekim est toujours poursuivi dans plusieurs procédures dont une plainte émanant du propre frère du président de la République, Daoussa Deby. Il a reçu deux convocations auxquelles il doit se rendre prochainement. Enfin, la la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme (LSDH), Amnesty International Sénégal et de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (RADDHO) se sont insurgé de l’expulsion, dans la nuit du 07 au 08 mai vers la Guinée Conakry, du journaliste et bloggeur tchadien, Makaïla Nguebla qui vivait au Sénégal depuis 2005. Les organisations sénégalaises de défense des droits de l’Homme note que cette « expulsion subite liée à ses activités de journaliste et de bloggeur (…) survient au lendemain de la visite du Ministre tchadien de la justice, Monsieur Jean-Bernard PADARÉ au Sénégal ».

« La multiplication des atteintes à la liberté de la presse sont inacceptables et inquiétantes pour le présent et l’avenir du Tchad. On essaye de faire taire la presse ou toute voix indépendante. C’est inquiétant » a déclaré Valentin Baldal, coordinateur national de la LTDH.

Le 8 mai 2013, la justice a de nouveau reporté au 14 mai prochain, le procès en appel des trois membres de l’Union des Syndicats du Tchad (UST), MM. François Djondang, Michel Barka et Younous Mahadjir, respectivement secrétaire général, président et vice-président de l’UST, condamnés en première instance pour « incitation à la haine ethnique ». Le 18 septembre 2012, la Chambre correctionnelle de citation directe du Tribunal de première instance de N’Djamena les avaient condamné à 18 mois de prison avec sursis et une amende de 1,5 millions de francs CFA (environ 2 290 euros) pour « incitation à la haine ethnique » à la suite à une pétition de l’UST datée du 1er septembre 2012 qui protestait notamment contre « la cherté de la vie » et « la paupérisation de la population », imputées à la mauvaise gestion et la corruption des autorités (voir http://www.fidh.org/Tchad-Condamnation-de-trois-12194).

« Nous avions à l’époque condamné tant les conditions que le verdict de ce procès qui n’a remplit en aucune manière les conditions d’un procès équitable. Aujourd’hui comme hier, nous demandons la relaxe des dirigeants de l’UST » a déclaré Souahyr Belassen, présidente de la FIDH.

Ces faits interviennent dans un contexte tendu au Tchad comme dans la sous-région. Des barrières de contrôle ont refait leur apparition sur les grands axes routiers au Tchad et des mouvements militaires importants notamment d’armes lourdes ont été signalé allant en direction du Sud vers la frontière centrafricaine où de nombreux militaires tchadiens sont engagés aux côtés de la Seleka, qui a pris le pouvoir en Centrafrique, début 2013. Par ailleurs, des concentrations de groupes rebelles ont été signalés au Soudan, à proximité de la frontière tchadienne, moins de deux mois après que les rebelles de l’Union des forces de la résistance (UFR), qui avaient déposé les armes en 2009, aient annoncé depuis le Qatar, fin mars, vouloir reprendre les hostilités contre le pouvoir. Le président Deby a aussi affirmé, le 4 mai 2013 sur les ondes de Radio France internationale, que des rebelles tchadiens étaient « en train de se regrouper » dans un camp de la région de Benghazi (est de la Libye) désignant de la sorte une nouvelle menace pour la sécurité du pays à sa frontière nord.

Source: fidh.org

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 22:51

 

 
   
Communiqué N°0014/FSR/BE/2013.

République du Tchad

Front pour le salut de la république (FSR)

Dignité- justice- Développement

 


Deux dates phares placent le Sénégal à la tête du peloton des pays africains qui n’ont rien à envier aux autres pays réputés berceau de la démocratie de par le monde.


D’abord en avril 2000 le peuple sénégalais avait réussi à opérer la première alternance pacifique du pouvoir en Afrique. En effet, en cette date mémorable le président Abdou Diouf successeur de feu Léopold Sédar Sanghor, tous deux issus du même bord, avait reconnu avec dignité sa défaite aux élections présidentielles face à son adversaire Abdoulaye Wade et a dû lui passer la main sous l’œil admiratif de tous les africains.


Ensuite c’était en avril 2012. Le président Abdoulaye Wade qui a passé 12 ans à la tête de l’Etat sénégalais avait tenté d’empiler un troisième mandat très controversé.


Cette décision du président Wade comporte deux dangers qui, s’il arrivait à faire passer sa manœuvre il aurait pu du coup extraire son pays de sa superbe position de leader en matière de démocratie en Afrique. Ce qui pourrait banaliser le Sénégal face aux yeux des africains.


De quoi s’agit-il ?


La première démarche visait à torde le coup à la constitution sénégalaise en faisant sauter le verrou qui limite à deux le mandat pour tout chef d’Etat sénégalais. Cette première mesure si elle venait à être appliquée elle baliserait le terrain à une seconde démarche qui ne viserait ni plus ni moins qu’à instaurer l’héritage du pouvoir au dauphin de Wade qui n’est autre que son propre fils Karim Wade.


Le peuple sénégalais s’est fortement mobilisé et s’en est dressé comme un seul homme à travers ses organisations de la société civile ainsi que les partis politiques de l’opposition. Cette mobilisation avait pris pour cadre le mouvement du 23 juin qui a lancé déjà ses activités depuis le 23 juin 2011 sous l’appellation popularisée du M23. L’objectif de ce mouvement était de tout faire pour barrer la route à la manœuvre du président Wade.


Grâce à cette mobilisation du peuple sénégalais le président Wade s’était vu résigné à organiser des élections libres et transparentes qui ont marqué la fin de son règne.


Il faut lui reconnaître cependant le mérite de ne pas faillir ; et ce, en faisant appel en dernier ressort à ses réflexes de démocrate pour reconnaître sa défaite et féliciter son adversaire par téléphone.


Cette ténacité du peuple sénégalais a permis à son pays d’éviter le pire et à confirmer sa position de leader du continent africain en matière de démocratie.


Nous  ne pouvons pas croire un seul instant que ce Sénégal que nous venons de décrire ci-haut puisse accepter par un geste incompréhensible se rabaisser à traquer des opposants tchadiens résidant au Sénégal depuis plusieurs années et troubler leur quiétude et leur tranquillité. En effet, notre camarade Makaila Nguebla, un blogueur très connu et qui vit au Sénégal depuis plus de 10 ans, et qui est membre actif de la Radho et dont les activités au sein du M23 sont attestés par tous les animateurs de ce mouvement, a fait l’objet d’une interpellation par les services de sécurité sénégalais hier mardi 07 mai 2013 à Dakar et jusqu’au moment où nous mettons sous presse ce communiqué il n’a pas été relaxé.


Nous faisons noter que cette interpellation coïncide avec le séjour du ministre tchadien de la justice au Sénégal. Il n’est pas exclut que ce dernier serait à la base de la tracacerie que notre camarade est en train de subir.


Le régime de Deby est très connu pour ce type d’opération. Grâce au moyen du peuple tchadien qu’il a confisqué, il dispose de bras longs et s’ingénie à menacer ses opposants où qu’ils soient. Les exemples en la matière ne manquent pas. Plusieurs fois des opposants tchadiens ont été enlevés du Nigéria, du Cameroun, du Soudan, de la RCA et du Niger, pays limitrophes du Tchad pour échouer dans des prisons tchadiennes avec un sort connu d’avance, la liquidation physique. A titre d’exemple, nous pouvons citer la récente tentative contre M. Hassan Fadoul Kitir, qui avait failli être enlevé depuis le Togo pour le Tchad N’eut été la forte mobilisation des organisations des droits humains, il serait en ce moment, ajouté à la liste des nombreuses victimes de Deby.


De ce qui précède, le Front pour le Salut de la République demande au Gouvernement sénégalais de ne pas permettre à Deby de tenir l’image du Sénégal. En conséquence nous osons espérer que des instructions fermes seront donner pour la libération sans délai du blogueur blogueur Makaila Nguebla.


Le FSR lance par ailleurs, un vibrant appel à tous les démocrates sénégalais et aux organisations de défense de droits humains, notamment le M23, la Radho ainsi que Amnisty International, Human Rights Watch et la Croix Rouge internationale d’user de toute leur influence pour obtenir la relaxe immédiate de notre camarade. Le FSR fait endosser la responsabilité à Deby de tout préjudice que Makaila pourrait encourir.


Fait à Djimézé Hamra le 08/05/2013

Pour le Bureau Exécutif du FSR

Dr. Ali Gaddaye

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 22:46

 



COMMUNIQUE DE PRESSE NO 005/SG/2013: TENTATIVE DE RAPATRIEMENT DES ENFANTS DU GENERAL NOURI REFUGIES AU SOUDAN.
10/05/2013
COMMUNIQUE DE PRESSE NO 005/SG/2013: TENTATIVE DE RAPATRIEMENT DES ENFANTS DU GENERAL NOURI REFUGIES AU SOUDAN.

LAlliance Nationale pour le Changement et la Démocratie apprend que le régime aux abois, dans sa fuite en avant, aidé par le régime soudanais, a envoyé son sinistre médiateur au Soudan pour rapatrier les enfants du Général Nouri, réfugiés au Soudan.


Est-il nécessaire de rappeler au régime honni que notre engagement, notre serment, notre lutte ne peuvent en aucune manière être ébranlés par ce comportement abject consistant à prendre des enfants en otage et faire chanter les parents. Lorsqu
on sest engagé contre ce régime criminel et amoral, nous avons confié le sort de nos familles à Dieu et au Peuple tchadien. Sen prendre à des enfants innocents, démontre à suffisance le caractère inhumain et sanguinaire de ce régime, et partant, cela ne fait que nous réconforter dans nos certitudes et nous galvaniser dans notre lutte.


L
ANCD lance un appel pressent à ses militants et combattants à la mobilisation et à la vigilance face aux manœuvres de ce régime. Il en appelle aussi à tous les tchadiens soucieux du devenir de leur patrie de se lever comme un seul homme pour mettre terme à cette tyrannie clanique.




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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 22:43


Ces derniers jours les événements dans notre pays  nous interpelle tous. S’attaquer aux dirigeants des partis politiques, aux défenseurs des droits humains, aux journalistes-bloggeurs cela montre à suffisance, s’il fallait encore le répéter, que le régime mortifère d’Idriss Deby est à bout de souffle.

L’évolution de la vision du monde suivant les printemps arabes aux faits des mutations sociales a changé la donne politique et sociale des tchadiens Désormais le peuple tchadien n’a plus peur de se soulever pour revendiquer ses droits à la démocratie et à la dignité.

L’agitation de ces derniers temps de l’épouvantail coup d’état et ou conspiration brandit à l’occasion avec la complicité des membres de votre clan pour terroriser le peuple n’impressionne plus. Vous êtes le principal responsable des maux de notre pays.

Votre régime de terreur doit prendre fin. Vos jours à la tête du pays sont comptés et vous appartenez désormais au passé. C’est ce qui nous  permet de vous suggérer de vous rendre à l’évidence et de préparer en douceur votre départ pour éviter un autre bain de sang.

 A tous les membres de votre famille politique nous leur disons haut et fort que vous  appartenez à un monde révolu qui n’est plus celui du Tchad  réel, celle d’une jeunesse tchadienne  majoritaire et en révolte. C’est pourquoi votre tentative actuelle d’opérer un ravalement de façade du système avec la complicité des supposés partis d’oppositions à travers un prétendu cadre de dialogue politique serait un autre crime contre le peuple tchadien.

Un de vos crimes des plus inqualifiable pour un fils de ce pays est d’avoir usé des ressources du pays pour financer vos guerres (RDC, Congo, RCA, Mali etc..) et votre police politique pour traquer les véritables opposants, les journalistes, défenseurs des droits de humain, l’exemple en date, le cas Makaïla NGUEBLAEric TOPONA et Jean LAOKOLE, alors que le peuple tchadien vit dans une misère indescriptible.

La misère sociale et le sentiment d’injustice s’étalent dans les rues depuis des années. C’est pourquoi LA PLUME COMBATTANTE   vous à fait paniquer : plus violentes et massives, elles vous ont amené à tenter de « prendre les devants », parce que, en effet, vous risquez gros.

 

 

La désastreuse gestion du pays nous amène à nous interroger si notre pays pourrait s’en remettre et retrouver un jour ses lettres de noblesse dans la sphère des nations. Et si le sort que vous lui préparez n’est pas celui de la Somalie, alors tout ce qui vous reste à faire est que votre régime s’en aille.

 

 Ce qui était impensable il y a encore deux ans les peuples tunisiens, égyptiens, et libyens se sont soulevés contre leurs dictateurs et pour bientôt au Tchad. Des dictateurs ont plié bagage devant la colère de la rue. Mais soyez-en sûr, que le printemps tchadien  ne sera pas organisé par ceux que vous manipulez et lâchez une fois leurs missions terminées ; à l’image de vos obligés qu’hier (09/05/2013) devant la presse vous les obligez à danser au rythme de votre chanson préférée.

 

A notre peuple qui contenu à croupir devant ce régime autoritaire, nous  leur demandons de s’armer de patience, la délivrance est pour bientôt.

Tout ce que nous  savons, c’est que notre pays le Tchad  a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes profondément loyaux et intègres, et non pas de ceux qu’on achète ou qui se vendent.

 

 Qu’il ne soit jamais dit que les tchadiens  n’ont rien dit, n’ont rien fait contre la dictature   qui détruit notre nation.  Le Tchad  est notre mère patrie, elle souffre d’un interminable mal, nous arrivons à un moment critique de notre histoire, à une époque d’incroyables défis reste à relever.

 

Abdelmanane Khatab

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 22:42

 

Tchad: l’appel de RSF – BBC

Reporters sans frontières a réclamé vendredi la « libération immédiate et inconditionnelle » de journalistes tchadiens, victimes selon elle d’une « vague d’arrestations sans précédent » dans le cadre de la répression d’un présumé complot la semaine dernière à N’Djamena.

« Les médias ne sauraient être tenus responsables des récents troubles politiques qui ont agité le pays. Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle des journalistes et blogueurs emprisonnés et la fin de la traque menée contre les voix critiques », a déclaré l’organisation de défense des journalistes dans un communiqué.

L’organisation donne les noms de quatre journalistes et blogueurs qui seraient, selon elle, victimes d’une « opération anti-presse indépendante et d’opposition ».

« Après le journaliste Eric Topona, secrétaire général de l’Union des journalistes tchadiens et le blogueur Jean Etienne Laokolé, tous deux détenus, c’est au tour de Moussaye Avenir de la Tchiré, directeur de publication du journal Abba Garde et trésorier de l’UJT et du blogueur tchadien en exil à Dakar, Makaila Nguebla, de subir les foudres des autorités », écrit l’ONG .

“Une honte”

Selon RSF, N’Djamena tente « d’obtenir l’extradition vers le Tchad de Makaila Nguebla, qui avait été expulsé, dans la nuit du 7 au 8 mai, du Sénégal vers la Guinée.

L’ONG dénonce « la décision des autorités sénégalaises de ne pas protéger Makaila Nguebla en lui permettant de rester au Sénégal » et affirme que « l’avoir expulsé est une honte ».

« Nous demandons désormais aux autorités guinéennes de ne pas procéder à son expulsion vers le Tchad, sans quoi elles se rendraient complices de violations de la liberté de l’information », ajoute l’organisation.

Topona en isolement

Mercredi, le président tchadien Idriss Déby, qui dit avoir déjoué une tentative de déstabilisation, a lancé un sévère avertissement aux blogeurs et journalistes: “le gouvernement ne permettra pas à un journal de mettre à mal l’unité nationale”, a-t-il déclaré.

Selon l’avocat d’Eric Topona, les conditions de détention du journaliste ont été durcies depuis les déclarations d’Idriss Déby, et son client a été placé dans une cellule en isolement.

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 00:27

Dans son édition du 9 mai, « Le Point » lève le voile sur les drôles d’amis de Claude Guéant. Parmi lesquels l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi.

L’ancien grand argentier du colonel, aujourd’hui réfugié en Afrique du Sud et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, fut le trait d’union entre la France de Sarkozy et la Libye de Kadhafi jusqu’à la chute de ce dernier. Rapatrié en France pour être sauvé des griffes des nouveaux maîtres de Tripoli qui l’accusaient de fraude, Bachir Saleh vivra plusieurs mois à Paris, cocooné par les hommes du renseignement intérieur. À la veille de l’élection présidentielle de 2012, le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, le fera discrètement exfiltrer alors qu’il est sous le coup d’une notice rouge d’Interpol.

Saleh a-t-il aidé la famille Guéant en affaires ? Le Point révèle qu’en 2009 l’homme d’affaires Jean-Charles Charki, gendre de Claude Guéant alors secrétaire général de l’Élysée, s’était occupé pour le compte du gouvernement tchadien de la privatisation de la société nationale de télécoms. L’entreprise sera rachetée l’année suivante par le Libyan African Portfolio, une filiale du fonds souverain libyen dirigé par… Bachir Saleh.

En 2010, le gendre de Guéant crée avec son épouse la société LBA holding. Une structure discrète enregistrée au domicile du couple, qui détient en poupées russes la société de consulting Iota, domiciliée elle au 34, avenue George-V à Paris, à deux pas des Champs-Élysées. Officiellement, cette micro-banque d’affaires joue l’intermédiaire entre les entreprises désireuses de s’implanter en Afrique et les autorités locales. Au 34 avenue George-V, on trouve aussi le cabinet d’avocats créé par Claude Guéant avec son fils François.
En voyage d’affaires

À l’automne dernier, alors qu’il n’avait pas encore posé sa plaque d’avocat, Claude Guéant était déjà en voyage d’affaires en Guinée équatoriale avec son gendre Jean-Charles Charki. Une étrange virée en compagnie d’un improbable équipage. Ce 20 octobre 2012, dans les salons rococo de la présidence, Teodoro Obiang reçoit Claude Guéant, qui joue les ouvreurs de portes pour Serge Bitboul, patron de Sky Aircraft, une société en redressement judiciaire. Le P-DG compte sur la générosité du petit État pétrolier pour sauver son Skylander, un avion de surveillance qui, depuis dix ans, n’arrive pas à décoller malgré les 20 millions d’euros de subventions injectés par le conseil régional de Lorraine.

L’avocat d’affaires Claude Guéant et son gendre Jean-Charles Charki ont enchaîné en décembre dernier un voyage au Gabon et un en Côte d’Ivoire. La découverte de ces tribulations a fait réagir, mardi, le PS. Son porte-parole Eduardo Rihan Cypel s’est étonné qu’ »un ancien collaborateur du président Sarkozy puisse opérer dans le conseil privé pour des puissances étrangères alors qu’il a pu détenir des informations d’intérêt d’État et classées secret-défense dans le cadre de ses fonctions de secrétaire général de l’Élysée ».

Par Mélanie Delattre et Christophe Labbé
Source: lepoint.fr

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