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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /Avr /2009 23:46

KHARTOUM - Les ravisseurs de deux travailleurs humanitaires dont une Française au Darfour ont menacé dimanche de les exécuter si Paris n'organisait pas un nouveau procès pour les membres de l'Arche de Zoé.

Les six membres de cette association ont été condamnés à huit ans de prison pour tentative d'enlèvement de 103 enfants au Tchad avant d'être graciés par le président Idriss Déby après cinq mois passés en prison à N'Djamena puis en France.

Un membre du groupe qui se présente sous le nom des Aigles africains de la liberté a en outre menacé de s'attaquer aux intérêts français au Soudan, au Tchad et en République centrafricaine.

"Nous demandons à la France de rouvrir le dossier des criminels de l'Arche de Zoé et de les juger devant un tribunal juste", a déclaré à Reuters ce membre du groupe, sous le sceau de l'anonymat.

"Si le gouvernement français n'est pas sérieux dans les négociations avec nous et n'accède pas à notre requête, nous tuerons les deux travailleurs humanitaires", a-t-il ajouté.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères et l'Elysée se sont refusés à tout commentaire dans l'immédiat.

"Nous ne faisons jamais de commentaires sur ce type de dossier", a déclaré un porte-parole du Quai d'Orsay.

Le président de l'Arche de Zoé, Eric Breteau, a quant à lui affirmé qu'il était prêt à un nouveau procès si cela pouvait permettre la libération des otages.

"Si un procès de l'Arche de Zoé peut sauver des vies, j'y suis prêt. Après toutes les infamies que nous avons subies au Tchad et en France, on n'est plus à ça près", a-t-il réagi.

La justice tchadienne avait conclu que les 103 enfants n'étaient pas des orphelins du Darfour mais des enfants tchadiens enlevés à leurs familles, ce que les membres de l'ONG française ont toujours nié, plaidant la bonne foi.

"NOUS ALLONS BIEN"

"Il n'existe pas la moindre preuve de l'identité tchadienne de ces enfants (...) J'espère qu'un vrai procès pourra faire toute la lumière", a dit Eric Breteau à Reuters par téléphone.

Pour lui, "cette nouvelle crise diplomatique n'est qu'une crise parmi d'autres" et illustre, a-t-il affirmé, l'échec de la diplomatie à aider les populations du Darfour où il appelle le président Nicolas Sarkozy à faire davantage.

En avril 2008, quelques jours après sa libération de prison, il avait déjà évoqué cette volonté de "jeter un pavé dans la mare" diplomatique pour forcer la communauté internationale à agir dans cette région en proie à une guerre civile depuis 2003.

Les deux employées de l'organisation humanitaire Aide médicale internationale ont été enlevées le 4 avril dernier à Ed el Foursan, dans le sud de la région occidentale du Soudan.

Il s'agit d'une Française, Claire Dubois, et d'une Canadienne, Stéphanie Joidon.

"Nous allons bien, nous avons de la nourriture et de l'eau et ils se comportent correctement avec nous, mais nous sommes impatientes de rentrer chez nous", a dit l'otage canadienne, autorisée à parler à Reuters par ses ravisseurs.

Un responsable du ministère soudanais des Affaires étrangères a par ailleurs expliqué à Reuters que les ravisseurs avaient demandé au gouvernement soudanais de se tenir à l'écart des négociations.

Khartoum était intervenu directement dans les pourparlers qui avaient abouti, à la mi-mars, à la libération de trois employés occidentaux de l'organisation Médecins sans frontières, détenus pendant trois jours au Darfour.

La tension s'est fortement accrue dans la région après l'émission en mars par la Cour pénale internationale d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar Hassan al Bachir.

Le procureur du tribunal basé à La Haye a inculpé le chef d'Etat soudanais de crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, où au moins 200.000 personnes ont été tuées et 2,5 millions d'autres contraintes à fuir selon des organisations internationales.

Bachir a en outre expulsé 13 ONG étrangères du Darfour et interdit trois organisations locales il y a plus d'un mois le mois dernier, invoquant leur coopération avec la Cour pénale internationale.

(Avec Crispian Balmer et Grégory Blachier à Paris)
Source: l'express

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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /Avr /2009 23:39

KHARTOUM (AFP) — Les deux humanitaires, canadienne et française, enlevées la semaine dernière au Darfour, dans l'ouest du Soudan, sont en vie, et elles semblent en bonne santé selon les propos de l'otage canadienne avec laquelle l'AFP a pu s'entretenir dimanche.

"On nous traite bien. On ne sait pas où on est", a dit via un téléphone satellitaire une personne se présentant comme l'otage canadienne, Stéphanie Jodoin, membre de l'ONG française Aide médicale internationale (AMI), qui s'exprimait sous le contrôle de ses ravisseurs.

Lors de cette conversation, rendue possible par des sources soudanaises, l'interlocutrice, dont la voix ne trahissait aucune souffrance physique, a également donné le nom de sa collègue, Claire Dubois.

Ces noms, qui avaient été évoqués dans la presse soudanaise, ont été confirmés de source occidentale.

"On souhaite beaucoup de courage (à nos familles). On souhaite que tout se termine bien. On pense à eux très fort", a ajouté Stéphanie Jodoin.

Les deux femmes ont été enlevées le 4 avril par un groupe d'hommes armés à Ed el-Fursan, dans la province du Darfour-Sud.

Elles sont aux mains d'un groupe se nommant les "Aigles de la libération de l'Afrique", selon un des membres de cette organisation avec qui le correspondant de l'AFP s'est également entretenu.

Ce ravisseur, qui s'exprimait en arabe et n'a pas voulu s'identifier, a proféré des menaces à l'encontre des otages.

"Nous sommes un nouveau groupe. Certains d?entre nous sont d?anciens rebelles et d?autres ne le sont pas. Une partie d?entre nous vient des tribus arabes (du Darfour) mais ne voulons pas faire la différence entre Arabes et non-Arabes", a-t-il précisé.

Il a avancé que son groupe ciblait "pour l'instant" des ONG françaises en raison de l'affaire ayant impliqué en 2007 l'ONG française l'Arche de Zoé au Tchad.

"Nous voulons lancer le message au gouvernement français de juger les gens qui ont kidnappé les enfants de l?est du Tchad", a-t-il dit.

Six membres de l'association l'Arche de Zoé avaient été condamnés par la justice tchadienne pour avoir tenté de transférer du Tchad vers la France 103 enfants présentés comme orphelins de la guerre civile au Darfour, région voisine du Tchad.

Ces membres avaient été transférés dans une prison française en décembre 2007 et graciés trois mois plus tard par le président tchadien Idriss Deby Itno, ce qui avait conduit à leur libération.

"Notre problème est avec (le président français) Nicolas Sarkozy et Idriss Deby", a poursuivi le ravisseur, sans détailler davantage les demandes du groupe.

"Nous travaillons pour libérer les otages de façon pacifique", a de son côté déclaré dimanche le responsable du protocole au ministère soudanais des Affaires étrangères, Ali Youssif.

Mais Khartoum ne serait pas "en première ligne" des négociations avec les ravisseurs, selon un responsable local affirmant que l'ONG et les autorités françaises en avaient pris la responsabilité.

Contacté par l'AFP, le porte-parole d'AMI, Frédéric Mar, n'a pas voulu faire de commentaire.

Il s'agit du deuxième enlèvement d'humanitaires au Darfour depuis le mandat délivré le 4 mars par la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, vaste région en proie depuis 2003 à une guerre civile.

Cinq membres de la section belge de l'ONG française Médecins Sans Frontières (MSF) --un Français, une Canadienne, un Italien et deux Soudanais-- avaient été enlevés le 11 mars dans un autre secteur du Darfour et libérés en moins de trois jours.


Source: AFP
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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /Avr /2009 08:02
   Jour de deuil et d'émotion hier matin au 2 e Régiment Etranger d'Infanterie (REI) de Nîmes. Rassemblées en silence sur la place d'armes de la caserne, six cents légionnaires ont rendu un ultime hommage à leurs deux camarades, tués mardi au Tchad par un soldat de leur compagnie, en proie « à un dérèglement de comportement », a indiqué le général Elrik Irastorza, chef d'état-major de l'Armée de terre au cours de l'éloge funèbre en présence des familles et des proches, des deux soldats élevés à titre posthume aux grades de caporal et sergent-chef, et qui seront inhumés en Guinée et en Roumanie, leurs pays d'origine. Après la cérémonie, le colonel Benoît Durieux, commandant du régiment, a affirmé que le "harcèlement" évoqué par le légionnaire détenu au Tchad, « ne pouvait être une explication à son geste ».
Source: Midi libre


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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /Avr /2009 07:10
« Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? » En 24 heures, au fur et à mesure que le soleil se lève, cette interpellation fait le tour de la terre, de l'Orient à l'Occident.

 

Cette question est posée sur tous les continents, des îles les plus lointaines de l'Océan Indien aux villages accrochés aux flancs de l'Himalaya, de la forêt d'Amazonie aux tribus indiennes oubliées, jusqu'aux steppes de Mongolie... Elle résonne dans les camps de réfugiés au Tchad et ailleurs... Parmi les Congolais et les Sri Lankais fuyant la violence, mais aussi dans les pays au matérialisme vide et desséchant.

Aujourd'hui les chrétiens de toutes cultures, de toutes langues et de tous pays font mémoire de la Résurrection de Jésus. Il fut condamné à mort, dans les années 30 de notre ère, au terme d'un faux procès. Puis exécuté aux yeux de tous et enseveli. Mais trois jours après ces tristes événements, ses amis l'ont retrouvé, bien vivant.

Cette incroyable nouvelle devait bouleverser l'humanité et renouveler sa grande espérance. Aux yeux des croyants chrétiens, elle annonce que la mort n'a pas le dernier mot de l'aventure humaine.

Il se trouve que cette semaine aussi, les Juifs fêtent Pâque. Ils se souviennent de la libération d'Égypte où ils étaient esclaves. Les croyants juifs se remémorent la promesse divine de l'alliance, la liberté retrouvée, l'amour agissant de Dieu.

Ces deux religions donnent, en même temps et chacune à leur manière, un message de liberté et de consolation, d'humilité et de réconciliation, de paix, d'espérance et d'amour. Elles s'efforcent de l'écouter pour elles-mêmes afin de s'y accorder. Elles élèvent leurs voix pour le faire connaître, malgré leurs imperfections et malgré les souffrances que l'humanité s'inflige à elle-même, aujourd'hui comme hier.

Ces messages sont interdits dans certains pays, mal vus dans d'autres. En témoignant de la liberté de l'homme et de la bonté de Dieu, ils dénoncent la soumission de l'homme aux coutumes ancestrales qui, parfois, violent sa dignité. Ils s'opposent à toutes formes de totalitarisme, y compris à celles qui instrumentalisent les religions pour fanatiser des personnes et des peuples. Ils réveillent les esprits endormis dans l'insouciance, l'inquiétude ou le chagrin. Ils éclairent et fortifient ceux qui craignent humiliations, représailles ou persécutions.

De l'esclavage à la liberté, des ténèbres de la haine et de la jalousie à la lumière de l'amour et de la confiance, de la mort à la vie : Pâques réveille l'espérance des grands passages.

 



                                                                                                                    Source : ouest-france
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 11:13

 

En publiant sur son blog une "lettre ouverte à la présidente de Poitou-Charentes", Éric Revel, le patron de LCI, n'a apparemment pas mesuré les conséquences du texte. Une lettre dans laquelle il n'a pas ménagé Ségolène Royal et qui lui a valu, quelques heures plus tard, les remontrances du groupe TF1.

Nonce Paolini, le pdg du groupe, n'a pas du tout apprécié le ton de cette lettre dans laquelle Éric Revel, pensant réagir en "simple citoyen", estime que Ségolène Royal est d'une "incroyable mauvaise foi", que ses propos sur l'Afrique "ne sont pas corrects". "Vous avez décidé que la politique n'était plus l'exposé d'idées et de convictions mais un simple chemin de communications réussies", ajoute le patron de LCI.

Selon nos informations, Jean-Claude Dassier, le patron de l'information du groupe TF1, adressera, dans les prochains jours, un courrier d'avertissement à Éric Revel. "Quand on est le patron de LCI, on n'est pas un simple citoyen", indique-t-on au sein de la direction de TF1. "Ce blog est hébergé par LCI. Il est hors de question d'engager la chaîne, ou la direction de TF1, dans de telles prises de position."
TF1 redoute qu'on lui fasse de nouveau un procès d'intention et préfère donc prendre les devants.

Conséquence, la "lettre ouverte" d'Éric Revel à Ségolène Royal a été retirée du site LCI.fr,
comme on peut le voir en cliquant ici.
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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 11:35
                          
Représentation des différents missiles nord-coréens.(Dessin : Global Security)

Représentation des différents missiles nord-coréens.
(Dessin : Global Security)

La Corée du Nord a lancé ce dimanche à 02h30 TU une fusée, qui s'est abîmée en mer après avoir survolé le territoire japonais. Pour Pyongyang elle emportait un satellite de communications, mais pour le reste du monde, c'était un missile de longue portée. La condamnation est générale, les Etats-Unis demandent de nouvelles sanctions à l'encontre de Pyongyang et le Conseil de sécurité se réunira dès ce dimanche soir. Selon Barack Obama, il s'agissait bien d'un essai de tir de missile Taepodong.

Les faits

Selon les premières indications, le premier étage de la fusée s’est abîmé en mer du Japon, tandis que le second étage poursuivait sa route. Il a survolé l’archipel japonais et est passé, semble-t-il, au-dessus de la partie nord de l’île principale de l’archipel, l’île de Honshu, environ 7 minutes après son lancement : il était 2h37 TU. Il s'est ensuite abîmé dans le pacifique.

Il n’y a pas eu de tirs hostiles pour tenter de détruire la fusée. Les Sud-Coréens sont convaincus que l’engin transportait bien un satellite, comme l’avaient annoncé les Nord-Coréens ; mais à ce stade on ignore si ce satellite a vraiment été embarqué, et si il a été ou non placé sur orbite. De ce point de vue, le succès de la mission n’est donc pas acquis.

En revanche, la fusée a volé, elle a même volé plusieurs minutes, puisque les radars japonais perdent sa trace à 2h48 TU, soit plus d’un quart d’heure après son lancement, et elle a parcouru une distance considérable puisqu’elle disparaît des écrans à plus de 2 000 km à l’Est du Japon. Il faut se souvenir que lors de l’essai précédent, le Taepodong 2 avait explosé 40 secondes après son décollage.

« L'axe du mal »

Qu’il s’agisse de diplomatie nucléaire ou du tir d'un missile, la Corée du Nord dispose d’un avantage stratégique : elle appartient à « l’axe du mal », cher à Georges Bush.

Avec sa carrure stalinienne et ses accents martiaux, la nation la plus fermée du monde joue à merveille de son obsolescence pour mieux incarner son rôle de « grand méchant », tragique et grandiloquent. C’est un statut qu’aucun autre pays n’est aujourd’hui en mesure d’assurer. La Corée du Nord en use et en abuse.

Et à chaque fois, ses provocations sonnent comme des coups de tonnerre dans le ciel américain. Car au pays de Kim Jong-Il, on aimerait bien se hisser au rang des grandes puissances, être l'égal des Etats-Unis et pouvoir un jour négocier face à face avec l'ennemi que l'on jure aujourd'hui de réduire en miettes en cas de guerre.

Pour convaincre et attirer l'attention, les militaires nord-coréens tentent des performances. C'est le cas en 2006, lorsqu'ils testent pour la première fois leur Taepodong-2 et réalisent dans la foulée leur premier test nucléaire. C'est le cas une nouvelle fois avec cette affaire de fusée aux allures de missile qui, selon Pyongyang devait uniquement placer en orbite un satellite de télécommunication. La Corée du Nord sait faire parler d'elle et faire trembler le monde.

La fusée Taepodong

Depuis le début des années 80, la Corée du Nord a développé toute une gamme de missiles sol-sol, dérivés des scud soviétiques. Ces missiles ont une portée limitée, d’à peine plus d'un millier de kilomètres.

Avec le Taepodong-2, la Corée du Nord veut jouer dans la « cour des grands » car il s'agit d'un missile balistique intercontinental d'une portée estimée à 6 7OO kilomètres. C’est suffisant pour atteindre les îles Hawaï, ou encore l'Alaska.

En 1998, le premier engin de la série Taepodong s'était abîmé dans l'océan Pacifique après avoir survolé le Japon.

En 2006 Pyongyang avait de nouveau essayé de lancer un Taepodong. Le missile avait explosé après seulement 4O secondes de vol.

En fait, comme cela se fait pour les fusées, la technique nord-coréenne consiste à rajouter des « étages » sur des missiles d'une technologie parfois ancienne, et ce n'est pas toujours efficace. D'ailleurs nombre d'experts se demandent si ce missile Taepodong-2 peut vraiment emporter une charge nucléaire

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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 09:42


Auteur de best-sellers et réputé pour la qualité de ses investigations, il a glissé de la critique des puissants à leur défense virulente.


Pour mieux se cacher, il vit dans la lumière. Pierre Péan, né le 5 mars 1938 dans la Sarthe, est d'une famille de « gens de peu », de « gueux » dont il s'est extirpé. De ses origines, il retient les embardées passionnées de son père, coiffeur à Sablé-sur-Sarthe, contre l'injustice et les légendes familiales de sa mère, dont les ancêtres étaient chouans.

Fasciné par le secret, Péan est un homme aux engagements contradictoires : de gauche et nationaliste, fasciné par les chouans et franc-maçons, contre le Gabon mais pour Bongo, contre Kagamé mais pour Foccart, pour de Gaulle et pour Mitterrand… Contre Kouchner et la gauche caviar.

Pour le décrypter, nous avons appliqué sa méthode d'enquête : sources ouvertes, documents écrits, plus un entretien aux forceps. Car « l'écrivain-enquêteur », comme il s'intitule, laisse dans chaque ouvrage des indices sur son destin. Tel le petit poucet, il répand ses « empreintes de pensée » pour assurer sa postérité.


L'Afrique, les troupes coloniales et une méthode : l'enquête au long cours


A 25 ans, il part pour l'Afrique, grâce à un « ami », Joël le Theule, le futur parrain politique de François Fillon. Lui aussi est originaire de la Sarthe, lui aussi d'origine modeste et lui aussi doué d'un goût prononcé pour la manoeuvre politique. Le Theule l'envoie dans les troupes de marine… L'épisode est raconté dans « L'Homme de l'ombre », un essai biographique sur Jacques Foccart paru en 1990.

En 1963-64, Pierre Péan fait son service militaire comme 2e classe au 6e RIAOM, cantonné à Bouar en Centrafrique. Il est aux premières loges de deux coups d'Etat. En août 1963, celui contre Fulbert Youlou, l'abbé-président du Congo Brazaville, qui porte des soutanes Dior. Puis en février 1964, à Libreville, Gabon.

Les mutins de l'armée cherchent à renverser le Président Léon M'ba pour imposer son principal opposant. Jeunes officiers, formés à Saint-Cyr, les Gabonais se retranchent au camp Lalala. L'affaire finit dans un bain de sang (un officier et quinze soldats tués) à cause de l'intervention des parachutistes et d'une équipe du Sdece (les services secrets français, l'ancêtre de la DGSE) sous la houlette de Jacques Foccart.

Ces deux épisodes -qui légitiment la doctrine d'intervention de la Ve République et vont légaliser cette relation sur la base des accords secrets d'intervention- marquent les premiers engagements de Péan. Un journalisme de combat : 

« Un pays entrant dans la catégorie foccartienne “à protéger” cesse d'être -ou n'a aucune chance de devenir- une démocratie, puisque cette classification conduit à y interdire de facto, toute opposition, donc toute chance d'évolution… »

A partir de 1974, sans jamais cesser de piger pour la presse parisienne (L'Express, Le Monde, Le Canard enchaîné), Péan tire à boulets rouges sur le pétrole (« L'Argent noir », « Les Avions renifleurs » d'Elf), le Gabon (« Affaires africaines »), la nucléarisation d'Israël et de l'Irak (« Les Deux bombes »)… Sa méthode ? Sources ouvertes, documents écrits et une plume trempée dans la morale, comme il nous l'a expliqué lors d'une longue conversation téléphonique : 

« Je me méfie des témoignages. Le plus important, c'est de me faire ma vérité sur des trucs écrits. Je veux raconter ce qui généralement n'est pas raconté. Le truc du décalage, entre ce que je crois être proche de la réalité et ce qu'on nous impose comme vision de la réalité. »

Autant de livres qui lèvent le voile sur la coulisse d'une époque portée à cultiver les secrets de l'arrière-cour africaine.


Mitterrand, l'histoire et le pouvoir : la virage des années 90


Un virage s'amorce à la fin des années 80. Sur le Rwanda, déjà, mais surtout autour de l'univers trouble des services secrets. Très proche des hommes de la cellule de l'Elysée (en particulier de l'ex-commissaire de la DST, Pierre-Yves Gilleron), il fait la rencontre de François Mitterrand, qui a adoré sa bio de Foccart.

Alerté de projets d'enquête sur son passé, François Mitterrand lui confie les clefs de sa « Jeunesse française » (un best-seller à 200 000 exemplaires). Au moment même où l'Elysée gère la crise rwandaise. Son « ami » Bruno Delaye, chef de la cellule africaine, lui fait même une étrange proposition au cours d'un déjeuner : 

« En juillet ou septembre 1994, il me propose d'avoir tous les papiers à disposition pour faire une analyse de la situation. Il me dit : “Qu'est-ce qu'on a pu faire pour mériter de telles attaques ? ” Il m'a alors proposé de m'enfermer dans une pièce avec tous les papiers sur le Rwanda.

Je serais fouillé à l'entrée et à la sortie, avec interdiction de sortir le moindre document, mais totale liberté pour travailler dessus. Comme j'étais dans “Une Jeunesse française', je ne l'ai pas fait. Je le regrette.”

Est-ce par « fidélité » -terme qu'il revendique- envers François Mitterrand qu'il prendra la défense de sa politique africaine dix ans plus tard ? En tout cas, Péan enchaîne alors les enquêtes à succès : sur TF1, Jean Moulin, Le Monde… A chaque fois, en bon faiseur de scoops (il n'a plus de carte de presse depuis 1987), il exhume un détail troublant, une pratique limite, des amitiés coupables. Reprises assurées.

De plus en plus, son ton est résolument pamphlétaire et ses infos de moins en moins gênantes pour les vrais pouvoirs. Pas toujours neuves. Il assume : 

« Je suis de cette génération où l'on comprend la raison d'Etat. Je ne suis pas “plénélien', la livraison des secrets d'Etat ne fait pas partie de mon champ. Les faux secrets, les alibis de secret, oui. Mais rien qui n'entre dans le registre des articles 70 et suivants du code pénal [qui concernent l'espionnage et l'intelligence avec l'ennemi, ndlr]. Je suis pour le contre-pouvoir tant qu'il ne devient pas un pouvoir de manipulation.”

Passé l'an 2000, l'ex-journaliste ne ressemble plus au jeune homme qu'il a été. Dans « Noires fureurs, Blancs menteurs » (son livre sur le Rwanda), il avoue même ses liens amicaux avec Omar Bongo, symbole de la Françafrique la plus détestable : 

« Aujourd'hui, je n'ai pas honte et j'ai même plaisir à rencontrer le président du Gabon et à discuter avec lui de l'évolution de l'Afrique et de la politique française, dont il est fin connaisseur. »

A la veille de l'élection de Nicolas Sarkozy, il publie un livre d'entretien assez complaisant pour Jacques Chirac (« L'Inconnu de l'Elysée »). En fait d'inconnu, Pierre Péan ressasse en 491 pages la trajectoire archiconnue d'un bonhomme sympathique et pas bling bling. C'est un bide.

2005 : la rupture du Rwanda

Deux ans après une série de publications sérieuses qui mettent en cause le rôle joué par une partie de l'appareil d'Etat français au Rwanda, Pierre Péan prête sa plume aux thuriféraires de Mitterrand l'africain : d'Hubert Védrine à Edouard Balladur, en passant par une fraction dure des anciens militaires français ayant servi sur place.

Son propos : dévoiler la face cachée de la « propagande » tutsi, version mensongère de l'histoire, pour mieux défendre la thèse du double génocide. Celui commis contre les Tutsis et les Hutus modérés et celui prétendument commis par le FPR.

Le double génocide… exactement le terme employé dès novembre 1994 au sommet franco-africain de Biarritz par François Mitterrand. Péan bascule : 

« Je déteste ce concept de la Françafrique, c'est marginal, ce n'est plus d'actualité. Les attaques moralistes sur les chefs d'Etat africains… Je préfère de loin Bongo à Kagame. La seule chose que je reconnais, c'est qu'il y a quatre à cinq pages qui sont éditorialisées de façon forte et 540 pages d'enquête.

J'en ai parlé avec François Mitterrand : ma conviction est ancrée que la France n'a pas à rougir de son action. Le fait que Kouchner abandonne tous ceux qui ont fait ça me scandalise. »

Péan bascule parce que la lecture qu'il donne des archives de l'Elysée est partielle, voire carrément truquée. Parce qu'il tombe dans les pires insinuations sur la « culture du mensonge » des Tutsis, le rôle des femmes forcément espionnes dans les « lits appropriés » (ce qui lui vaudra des poursuites judicaires et une relaxe en première instance). Et qu'il multiplie les erreurs et omissions historiques.

Sans oublier les références : de Bernard Lugan (historien défendant les thèses racialistes) à Charles Onana, il s'appuie sur une batterie de livres plus révisionnistes les uns que les autres. A-t-il alors bradé son légendaire flair d'enquêteur ? Ou oeuvré à sa propre postérité ?

« Hum, hum… [long silence, ndlr]. Vous touchez là le rapport à la mort, c'est sûr que je suis à un âge où je pense à ça. Il ne m'a pas échappé que les livres restent. C'est un questionnement intéressant. »

Un an après la publication de cet ouvrage, il fait une crise cardiaque.


L'ultime charge commandée, pour protéger une enquête judiciaire


Charge violente contre le ministre des Affaires étrangères, « Le Monde selon K. » n'éreinte pas tant les affaires africaines de Bernard Kouchner que sa vision du génocide rwandais et de l'humanitaire. Brûlot aux propos jamais tempérés, l'ouvrage aurait pu s'intituler « Le Monde selon P. » tant les interventions de « l'enquêteur » se font intempestives.

Péan dénonce le découpage simpliste et « américanolâtre » du monde par Bernard Kouchner pour mieux développer le sien, l'exact contraire de celui du chef de la diplomatie française. De longues digressions, extrêmement virulentes, assimilent sa cible à une anti-France fantasmée et rendent encore plus fragiles ses accusations.

Sur le fond, rien de neuf. Sur la forme, il parvient à écorner l'image de l'un des hommes politiques le plus sympathique aux yeux des Français.

« Pourquoi Kouchner ? C'est le Rwanda… Les trucs pour faire exploser le dossier Bruguière [l'enquête judiciaire qui vise à impliquer le régime Kagame comme commanditaire de l'attentat contre le Falcon du président Habyarimana, événement déclencheur du génocide, ndlr] me scandalise.

Ce sont des méthodes de république bananière. Ce qui me pose problème, c'est quand un ministre militant induit une rupture dans la continuité de l'Etat. »

Péan, défenseur de la « continuité de l'Etat », troque à nouveau l'habit de l'enquêteur pour celui du moraliste.


Franc-maçon dans l'âme, mais pas pour les « affaires »


Quelle est aujourd'hui sa motivation profonde ? Est-ce ce nationalisme de gauche qui l'habite, comme son « ami » Jean-Pierre Chevènement ? Son « amour de la France » et du « drapeau tricolore » ? Ou bien est-il antisémite comme le clame Bernard Kouchner ?

Cette dernière accusation semble extravagante aux yeux de tout ceux connaissant bien Pierre Péan. Claude Durand, son éditeur (Fayard) ainsi que les membres de la loge maçonnique où il se rend irrégulièrement.

Car Pierre Péan est « un fils de la lumière », depuis longtemps. Initié dans une « loge de campagne », au nord de Paris, pas très loin de sa maison de Bouffémont (Oise) où il écrit dans une cabane au fond du jardin. Un engagement personnel au sein d'une obédience, le Droit humain, où les frères ne sont pas là pour les affaires conclues lors des agapes. Sa loge est mixte. Il n'a pas le droit d'y ouvrir la bouche, puisqu'il est toujours apprenti.

Chagriné que l'on décide de le « dévoiler », il refuse de commenter cette facette de sa personnalité : 

« Je veux bien croire que ça complexifie un peu plus… Je suis complexe, même pour moi-même. »

Une fois de plus, en publiant un pamphlet suffisamment virulent pour être commenté à l'Assemblée nationale, Pierre Péan est passé du « statut de regardant à celui de regardé ». Il dit détester.

Zineb Dryef et David Servenay

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Le Monde selon K, docteur Kouchner et Mister Bernard
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Source: Rue89
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /Avr /2009 09:40
                                    

Entre Nicolas Sarkozy, vedette du G20 de Washington, en novembre, et Barack Obama, objet de toutes les attentions du sommet de Londres, une véritable rivalité s'est engagée, du fait de divergences sur la gestion de la crise économique, mais aussi de questions d'ego. Le président français n'a en effet pas apprécié de voir le nouveau locataire de la Maison Blanche le snober depuis son investiture. Décryptage d'une relation complexe avant le face-à-face de vendredi à Strasbourg. (Photo © David Katz)
Par TCHADENLIGNE - Publié dans : INTERNATIONAL
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Jeudi 2 avril 2009 4 02 /04 /Avr /2009 13:47



Maghreb, Françafrique, crises malgache et soudanaise, élection ivoirienne, « affaire Péan », relations avec l’Élysée… À la veille du voyage de Nicolas Sarkozy, le ministre français des Affaires étrangères fait le point sur les rapports entre Paris et le continent.

On ne présente plus Bernard Kouchner. Soixante-neuf ans d’une vie aussi palpitante qu’un scénario de film hollywoodien, à mi-chemin entre Indiana Jones et Titanic en mer de Chine, une gueule et une gestuelle, volontiers cabotines, d’acteur de cinéma d’autrefois, une énergie de lapin Duracell, une faconde de conteur malinké et un panache de hussard. La parfaite recette en somme d’un statut d’icône médiatique que cet enfant de père juif et de mère protestante, dont les grands-parents furent exterminés à Auschwitz, maîtrise sur le bout des doigts depuis quarante ans – au point, disent ses ennemis, d’en abuser jusqu’à l’ivresse. Il faut dire que l’une des vies de ce personnage de roman suffirait largement au commun des mortels.

Jeune communiste pendant la guerre d’Algérie, initié à l’Afrique par un certain Alpha Condé, qui fut son camarade de lycée, journaliste militant intervieweur de Castro, scénariste de feuilleton télévisé, médecin, ministre de François Mitterrand, représentant de l’ONU au Kosovo et surtout « French Doctor » sur tous les théâtres de la misère du monde. Du Biafra au Rwanda en passant par le Kurdistan, l’Afghanistan, le Vietnam, l’Érythrée, le Tchad, le Liban, le Sud-Soudan, l’Amérique centrale et les boat people, la liste des sauts en parachute humanitaires de ce marathonien – aux sens propre et figuré – du droit d’ingérence est aussi longue qu’un rapport d’Amnesty International. De la chute de Saigon au Septembre noir jordanien, des charniers de Kigali au chaos somalien (ah ! ce sac de riz sur l’épaule devant les caméras), Bernard Kouchner a mis en scène sa propre existence au plus près du danger et des feux de la rampe, avec un talent, et souvent un courage physique, indéniables.

Ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy depuis près de deux ans, au prix d’un abandon de ses ex-camarades socialistes (même s’il se dit incurablement de gauche), cet homme excessif et ambitieux, chaleureux et cassant, amateur de vin rouge et de vacances en bande, parfois « tiers-mondain » et volontiers sentimental a, sur l’ensemble de la classe politique française, un avantage de taille : il connaît le monde – et tout particulièrement le Sud – pour l’avoir parcouru en tous sens, vécu en quelque sorte… Et cela ne cesse pas. « Depuis que je suis ministre, exulte-t-il avec gourmandise, j’ai parcouru 1 million de kilomètres ! »

Entretien avec un ovni politique aussi fascinant que controversé.

Jeune Afrique : Les lignes bougent dans l’est de la RD Congo, où le président Sarkozy doit se rendre le 26 mars. Dans le bon sens ?

Bernard Kouchner : Sûrement. Quand deux pays qui étaient en conflit parviennent à se porter assistance, c’est un progrès. Mais tout n’est pas achevé. Malgré l’effort commun des troupes congolaises et rwandaises, des rebelles des FDLR [Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, NDLR] se sont dispersés dans la nature et pourraient revenir sur leur position antérieure.

Y a-t-il une volonté française de règlement de la crise dans les Grands Lacs, comme on l’a dit ?

Il existe une volonté française de participer à un règlement de la crise en concertation avec tous les partenaires. La concertation entre les quatre pays des Grands Lacs afin de s’entendre pour un éventuel partage des richesses n’est ni une idée fausse ni une idée neuve. Mais elle ne s’impose pas de l’extérieur. C’est aux gouvernements concernés de la décider, et la France n’a aucunement l’intention de les y obliger. La colonisation, c’est fini. Nous essayons juste d’être utiles.

Après Kinshasa, Nicolas Sarkozy a prévu de se rendre à Brazzaville, puis à Niamey. Bolloré et Areva vont être contents…

L’idée que le président de la République française puisse être le VRP de tel ou tel groupe est quelque peu injurieuse. Et puis nous allons en RD Congo où nous n’avons, hélas, que trop peu d’intérêts économiques. Un peu de réalisme, s’il vous plaît. On ne peut à la fois vouloir affronter la crise, déplorer le chômage et ne pas défendre nos entreprises à l’exportation ! Mais ce n’est pas le but de cette tournée.

À Madagascar, le président Marc Ravalomanana vient de démissionner. Reconnaissez-vous le nouveau pouvoir ?

Je constate que la Haute Cour constitutionnelle malgache a reconnu les nouveaux pouvoirs d’Andry Rajoelina, au terme de ce qui s’apparente à une révolution et à un coup d’État. Notre position a toujours été claire : éviter toute violence, dialoguer et respecter la règle de droit. À ce sujet, la France se reconnaît tout à fait dans les principes et les attentes formulés par l’Union africaine. La suspension du Parlement ne va pas dans le bon sens. Pour le reste, nous serons, dans les semaines à venir, très attentifs aux efforts de réconciliation au sein de la société malgache. Très attentifs aussi aux modalités d’une transition dont la durée doit être aussi brève que possible.

Andry Rajoelina avait trouvé refuge à l’ambassade de France à Antananarivo, avant d’aller chercher un abri ailleurs. Marc Ravalomanana n’avait pas apprécié. C’était une prise de position de votre part ?

Pensez-vous que la France, pays des droits de l’homme, aurait dû refouler Rajoelina qui était recherché ? Que n’aurait-on pas dit ! En réalité, lorsque notre ambassade l’a accueilli – pour un temps limité –, elle en a averti la présidence malgache, qui a marqué son accord, et elle a demandé que son hôte n’y exerce pas d’activité politique. Cela a été respecté.

Le temps des coups d’État semble être revenu en Afrique…

Vous avez raison. Sous une forme ou sous une autre, l’irrespect du pouvoir constitutionnel gagne du terrain. C’est inquiétant. Notre position est claire : nous condamnons les coups d’État. Nous considérons l’attitude de l’Union africaine comme un modèle.

Quelle est votre position exacte à propos de la crise politique et institutionnelle que traverse la Mauritanie ?

La même que celle du président de la Commission de l’Union africaine, Jean Ping. Il s’agit encore d’une forme de coup d’État, cette fois sans effusion de sang. Le général Ould Abdelaziz doit démissionner au moins quarante-cinq jours avant l’élection présidentielle s’il souhaite s’y présenter. Et le président Ould Abdallahi, qui est le seul légitime, doit diriger la transition tout en acceptant de passer ensuite la main. C’est le meilleur compromis possible. Je sais bien que, dans la région, tout le monde ou presque semble s’être rallié à la solution Ould Abdelaziz : le Maroc, l’Algérie, la Libye, le Sénégal… Nous tenons compte de ce contexte tout en restant fermes sur les principes. Il n’y a pas de bons coups d’État

L’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, c’est pour cette année ?

J’aimerais y croire. Mais je suis un peu découragé. On me dit que tous les candidats sont d’accord pour un énième report. Si c’est vrai, je trouve cela désolant. Personne ne paraît pressé d’aller devant les urnes. Il est vrai aussi que l’enregistrement des électeurs est un processus lent et complexe. Il faut être patient. Mais je ne suis pas optimiste.

Des sanctions sont-elles envisageables ?

A priori, je suis contre. Les sanctions affament les peuples, pas leurs dirigeants. Enfin, cela dépend de quelles sanctions il s’agit. Et, parfois, il faut s’y résigner.

Parmi les chefs d’inculpation contre le président soudanais Omar el-Béchir, la Cour pénale internationale (CPI) n’a pas retenu le qualificatif de génocide. A-t-elle eu raison ?

Je n’ai utilisé le mot de génocide pour le Darfour qu’une fois, mais c’était une erreur de ma part. Ce qui est sûr, c’est que la CPI demande à El-Béchir de rendre compte de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Beaucoup de témoignages font état de la participation évidente de l’armée et des autorités soudanaises. Y avait-il volonté planifiée d’anéantissement d’une population ? Je ne le pense pas.

Ces poursuites facilitent-elles le règlement du conflit du Darfour, ou le rendent-elles plus compliqué ?

Nous avons tout essayé avec El-Béchir. Nous avons été attentifs à ses actes et à l’écoute de ses discours. Rien ne s’est passé. Nous lui avons demandé de mettre fin aux fonctions de son secrétaire d’État à l’Action humanitaire, Ahmed Haroun, contre qui la CPI a également délivré un mandat d’arrêt international dès mai 2007. Maintenant, s’il ose s’en prendre une fois de plus à des populations déjà exsangues, ce sera sa responsabilité et elle sera gravissime. Mais ne me demandez pas à moi, qui suis l’auteur du discours prononcé à Rome lors de la fondation de la CPI, d’être contre la justice internationale. Elle est le dernier recours pour défendre les opprimés. Par rapport aux tribunaux spéciaux de l’ONU, cette Cour a en outre un avantage décisif : son champ géographique est universel.

Des chefs d’État africains se plaignent d’une CPI à géométrie variable. Les comprenez-vous ?

Pas vraiment. Trente pays africains ont signé le statut de la CPI, les deux États africains membres du Conseil de sécurité de l’ONU à l’époque – le Bénin et la Tanzanie – ont voté la saisine de la CPI sur le conflit du Darfour, des juges africains siègent à la Cour, et le premier vice-président est une Malienne. Je ne vois guère où est le problème. Et je vous demande de considérer le point de vue récent de Hassan el-Tourabi : c’est un opposant certes, mais il est soudanais et il soutient la décision de la Cour.

Comment cohabitez-vous avec la cellule diplomatique de l’Élysée ?

Tout à fait normalement. Chaque semaine, Jean-David Levitte et Bruno Joubert viennent ici, au Quai d’Orsay, discuter. Et nous parlons de tous les sujets presque tous les jours par téléphone.

Donc, tout baigne.

Vous me faites sourire. Nous sommes sous la Ve République. Le président décide et le gouvernement gouverne. Ce n’est pas toujours commode à harmoniser, cela ne date pas d’hier.

Et avec le président, ça se passe comment ?

Mon accès à Nicolas Sarkozy est fluide et nos rapports aussi fraternels et respectueux qu’il est possible avec le président de la République. Au final, c’est lui le patron, naturellement. Il m’arrive de le convaincre – comme sur le Liban ou l’Irak, où il s’est rendu le 10 février dernier alors que tout le monde ou presque, au début, était contre. Mais il m’arrive aussi de ne pas réussir. Au Kivu, fin 2008, je souhaitais que la France et les Européens renforcent les effectifs de la Monuc. Le président a tranché.

Comment gérez-vous votre secrétaire d’État aux Droits de l’homme, Rama Yade ?

Je ne prétends pas la gérer.

Vous avez déclaré que le principe même de ce secrétariat d’État était « une erreur ». Vous persistez ?

J’ai dit que la politique extérieure d’un pays ne se résume pas aux droits de l’homme, même si elle doit en être imprégnée, même si elle est un élément essentiel de notre diplomatie. Être proclamatoire peut nuire à la nécessité politique.

La création d’un ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire ne vous a-t-elle pas gêné ?

A priori, oui. Lorsque Nicolas Sarkozy m’a proposé de devenir son ministre des Affaires étrangères et que nous avons ensemble dressé la liste des sujets sur lesquels nous serions d’accord, la politique d’immigration était un vrai problème. Eh bien, je me suis trompé. Autant j’étais hostile à l’immigration choisie, autant j’accepte le concept d’immigration concertée. Nous avons signé des conventions en ce sens avec huit pays africains et l’Union européenne a conclu un pacte de l’immigration qui est l’un des plus grands succès de la présidence française de l’Union européenne.

Les tests ADN ?

Je les déteste. Je ne suis pas sûr d’avoir raison, mais je les déteste.

Les 29 000 expulsions de sans- papiers en 2008 ?

Cela ne me plaît pas non plus. Mais nous sommes moins sévères que beaucoup de pays européens. Je ne dis pas que tout est formidable en France à ce sujet, ni que l’état des centres de rétention me convient. Mais je pense que certains ont beaucoup plus à se reprocher et que d’autres connaissent des difficultés bien plus importantes. Prenez le cas de Malte, qui subit une situation très difficile : 2 500 immigrés en prison et autant dans des centres de rétention. Seul ou presque Brice Hortefeux [remplacé depuis par Éric Besson, NDLR] a proposé d’en accueillir une centaine. Si tous les pays européens en faisaient autant…

On ne vous a pas entendu à l’occasion de ce qu’on a appelé « l’affaire Bockel », l’ancien secrétaire d’État à la Coopération, muté pour avoir décrété « la mort de la Françafrique ». Pourquoi ?

Jean-Marie Bockel n’a pas été évincé du gouvernement et il a été remplacé par un homme, Alain Joyandet, qui jouit de la même liberté de ton que lui. Il n’a pas été sanctionné pour avoir critiqué une politique qui, de toute façon, n’est plus de mise. Nous avons instauré avec ce continent que j’aime des rapports normaux, ouverts et collectifs, pour en finir avec la dépendance, la corruption et la suspicion. Je n’ai pas condamné la vision de Jean-Marie Bockel. Peut-être ne s’est-il pas assez expliqué. Je maintiens avec lui des rapports amicaux.

En mai 2006, dans son discours de Cotonou, Nicolas Sarkozy avait appelé de ses vœux une relation franco-africaine « débarrassée des réseaux d’un autre temps »…

Excusez-moi, mais à l’époque je ne suivais que de loin Nicolas Sarkozy. N’empêche : il avait raison.

Depuis, vous avez fait connaissance avec ces fameux réseaux.

Je ne sais pas ce que vous entendez exactement par réseaux. Mais j’imagine que, s’ils existent, ils ne m’apprécient guère.

L’activité africaine d’un Patrick Balkany par exemple, un proche du président que l’on a vu en RD Congo, en Centrafrique ou ailleurs, vous dérange-t-elle ?

Patrick Balkany n’est pas membre du gouvernement, que je sache. C’est un homme libre et il voyage où il veut.

Connaissez-vous Robert Bourgi ?

J’ai dû le croiser quelques fois, en bas d’une passerelle d’avion. Et il n’a jamais été reçu dans ce ministère depuis que j’en suis le titulaire.

La France vient de conclure avec le Togo de nouveaux accords de défense qui devraient faire jurisprudence. C’est un vrai changement ?

C’est une révolution. Sept autres accords sont prévus qui excluront la fameuse clause – parfois secrète – sur l’intervention de l’armée française en cas de troubles intérieurs. Nous participerons toujours aux opérations d’évacuation de nos ressortissants, mais nous ne nous mêlerons plus de soutenir les régimes en place.

Y a-t-il des résistances ?

Il y en a parfois. Des habitudes, des fraternités, des obligations réciproques s’étaient créées. Et beaucoup de liens très forts, sentimentaux, avec l’Afrique. Peut-être est-ce cela les réseaux dont vous parlez…

La force européenne Eufor au Tchad vient de passer la main à la Minurcat. Êtes-vous satisfait du résultat ?

Avant le déploiement de cette force, des femmes qui allaient puiser de l’eau se faisaient tuer ou violer à cent mètres des camps de réfugiés ou des sites de déplacés. Depuis un an, il n’y a plus eu une seule attaque importante de cavaliers Djandjawids. Vingt-six pays ont participé à l’Eufor, soit 3 400 hommes, et 10 000 hommes au total avec les rotations. C’était une vraie gageure et je crois qu’ils peuvent être fiers du travail accompli.

Si demain une colonne rebelle attaquait à nouveau N’Djamena, comme en février 2008, que feriez-vous ?

Nous n’interviendrions pas militairement. Pas plus qu’il y a un an.

En février 2008, l’armée française a fourni des renseignements à l’état-major tchadien.

C’est exact. Nous leur avons dit : « attention, ils approchent ». Mais cela n’a rien à voir avec une intervention militaire directe.

La crise économique actuelle menace-t-elle l’aide au développement ?

C’est évident. Quand Dominique Strauss-Kahn demande que 0,7 % des budgets affectés aux plans de relance du Nord aillent aux économies en développement, il a raison. Mais comment faire ? J’ajoute que c’est Nicolas Sarkozy qui a obtenu la participation de l’Union africaine au prochain sommet du G20 à Londres.

Pourtant, les ONG dénoncent une baisse de l’aide française.

C’est leur rôle que de demander toujours plus d’argent. Reste qu’en 2009 l’aide française devrait être légèrement supérieure à celle versée en 2008 et qu’elle va atteindre 0,47 % du PIB. Nous voulons 0,7 % dès que possible. La France est, par ailleurs, le deuxième contributeur au Fonds mondial de lutte contre le sida, la malaria et la tuberculose, avec 300 millions d’euros par an. Un fonds qui sauve des millions de vies en Afrique.

En janvier 2008, lors de votre visite à Kigali, vous avez déclaré que la France avait commis « une faute politique » en ne voyant pas venir le génocide de 1994. C’est-à-dire ?

Une importante erreur d’appréciation. Une erreur de vision des enjeux et de leur gravité. Je crois que le gouvernement français ne s’est pas rendu compte de ce que pouvait signifier et impliquer son soutien au régime Habyarimana, au début des années 1990. Pourtant, des massacres de Tutsis avaient déjà eu lieu.

Alain Juppé, Édouard Balladur, Hubert Védrine et les responsables militaires français de l’époque ont mal réagi à vos propos. Se sont-ils sentis visés ?

Je ne les visais pas. Au contraire, j’ai soutenu l’idée de l’opération Turquoise. Et je n’ai jamais accusé ni Alain Juppé, ni Édouard Balladur, ni Hubert Védrine, ni aucun chef militaire d’avoir été mêlé à cette affaire. Je ne le pense pas une seconde. Je n’ai pas été compris.

Dans le livre qu’il vient de vous consacrer, Pierre Péan vous accuse d’avoir pactisé avec le diable : Paul Kagamé.

C’est son affaire. Je ne crois ni en Dieu ni au diable. Mais si Dieu existe, il jugera. Toute ma vie, j’ai été du côté des victimes et je sais, parce que j’y étais, qu’au Rwanda il n’y a pas eu un double génocide mais un seul, celui des Tutsis par les Hutus, sur ordre. Péan dit quelque part dans son livre que les cadavres sur lesquels j’ai marché à Kibagabaga n’étaient pas victimes des Hutus mais des Tutsis. Quelle ignominie ! Il m’arrive encore d’en pleurer…

Diriez-vous, comme Pierre Péan, que le génocide a été décidé par Kagamé lui-même ?

Pas une seconde. Même si j’ignore qui a abattu l’avion d’Habyarimana.

Qu’avez-vous dit au président Kagamé pour qu’il accepte que sa directrice du protocole, Rose Kabuye, soit jugée en France ?

L’idée, c’est vrai, est venue d’ici. Nous n’avions aucune intention d’entraver la justice. La proposition faite au président Kagamé était la suivante : « Si vous voulez accéder au dossier de l’instruction, la seule solution est que l’un des mis en examen se livre. » Rose Kabuye a été courageuse. Contrairement à ce que j’ai lu et entendu, il n’était pas certain qu’elle soit remise en liberté par le juge.

Le président gabonais Omar Bongo Ondimba est en colère contre les médias et la justice française. Le comprenez-vous ?

J’ai toujours été surpris de voir à quel point on se focalisait sur le président Bongo et pas sur d’autres, même si je comprends ces critiques. Pardonnez-moi, mais j’ai de l’amitié pour cet homme-là. Et j’ai de la peine quand il en a.

Et puis, vous avez travaillé pour lui. Cela crée des liens…

En tant qu’expert pour une société de conseil française, j’ai effectivement préconisé la mise en place d’un projet de sécurité sociale pour le Gabon. Et je n’en rougis pas. J’y ai fait plusieurs séjours sur une période de deux ans et demi, visitant les hôpitaux et les dispensaires dans toutes les régions, et organisant publiquement des états généraux de la santé. J’ai rendu deux rapports. Une loi a été votée. Elle commence seulement à être suivie d’effets. Mais ce dernier point n’est pas de ma responsabilité, même s’il me préoccupe.

N’y a-t-il pas conflit d’intérêts entre ce travail de consultant et le ministre des Affaires étrangères que vous êtes devenu ?

Aucun. Fallait-il donc que j’arrête de gagner ma vie, dans l’hypothèse d’école où j’allais peut-être un jour devenir ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy alors que je soutenais un autre candidat ? Tout le monde n’a pas la chance d’être énarque et à l’abri de tout. Le jour même où l’on m’a proposé le Quai d’Orsay, j’ai aussitôt mis un terme à mes activités de consultant. Pour le reste, je suis fier de ce que j’ai fait pour les Africains, au Gabon, et dans d’autres pays d’Afrique ou d’Europe.

Avez-vous tiré des leçons de l’épisode de l’« Arche de Zoé » ? Plusieurs des responsables de cette ONG ont confié que vous aviez été l’inspirateur de leur « vocation ».

Compliment douteux. Vous voulez savoir si je suis toujours en faveur de l’ingérence humanitaire ? C’est oui, mais pas automatiquement. Enlever des faux orphelins, c’est une tout autre affaire. L’ingérence, c’est d’abord répondre à un appel. Les familles demandaient-elles à ce que l’on exfiltre leurs enfants en France ? À l’évidence, non. Quand les responsables de l’Arche de Zoé sont venus au Quai d’Orsay avant de se rendre au Tchad, ils ont été fermement mis en garde et le parquet a été prévenu.

Sur le dossier du Sahara occidental, la France est engagée dans un exercice délicat. Comment maintenir un certain équilibre entre Rabat et Alger, tout en soutenant le plan marocain d’autonomie interne ?

Vous avez raison, ce n’est pas simple. Et c’est vrai, la France comme le Conseil de sécurité jugent « intéressante » la proposition marocaine. Elle mérite d’être discutée sérieusement avec le Polisario et l’Algérie. Mais, là aussi, vous me ferez crédit de savoir de quoi je parle. J’ai été l’un des tout premiers médecins auprès du Polisario, en 1975-1976. Les camps de Tindouf, je les ai connus. Et je me suis rapidement rendu compte du côté bloqué de cette ­histoire.

Vous êtes contre le référendum d’autodétermination ?

Je constate que jusqu’ici le référendum n’a pas marché. Tout ce que la France souhaite, c’est que la médiation menée par les Nations unies aille à son terme, qu’il y ait enfin un accord entre le Maroc et l’Algérie et que ce dossier cesse d’empoisonner leurs relations. Et tout ce que je souhaite, c’est que nos rapports avec ces deux grands pays soient sereins. Même si je sais, pour l’avoir vécue, tout comme le président Bouteflika, à quel point la guerre d’Algérie est encore inscrite dans nos mémoires.

Abdelaziz Bouteflika a fait modifier la Constitution pour être en mesure de briguer, le 9 avril, un nouveau mandat…

Je crois qu’il n’est pas le seul, non ?

C’est une bonne ou une mauvaise chose ?

Je n’ai rien à déplorer, ni à accepter, ni à commenter.

Mouammar Kaddafi est-il fréquentable ?

Il l’est devenu. Il a changé, renoncé au terrorisme, liquidé son arsenal d’armes de destruction massive. Il a été absous par l’ONU. Les chefs d’État du continent l’ont porté à la tête de l’Union africaine. Son pays est aujourd’hui membre du Conseil de sécurité des Nations unies. Que dire de plus ?

Quelle est votre opinion sur l’état des libertés en Tunisie ?

Je suis plutôt nuancé sur la Tunisie. C’est vrai qu’il y a des atteintes aux droits de l’homme, des journalistes tracassés, parfois emprisonnés, et une politique générale de fermeté. Je ne peux pas être d’accord avec ce qui contrevient à la liberté d’expression et d’association, et je serais très heureux si les élections se déroulaient dans un climat de transparence et de compétition. C’est vrai aussi que nous sommes d’autant plus attentifs que le niveau économique et social de la Tunisie est élevé, et que son attachement au droit des femmes et à la laïcité en fait un cas à part dans la région. Mais un ministre des Affaires étrangères, je le répète, ne peut pas être seulement un militant des droits de l’homme. Je souhaite que l’Union pour la Méditerranée, qui est en train de naître, soit le creuset qui permettra à chaque État membre d’évoluer vers des valeurs démocratiques communes.

Existe-t-il encore une politique arabe de la France ?

Je dirais plutôt qu’il y a une politique méditerranéenne de la France et des liens d’amitié privilégiés avec les pays arabes comme avec Israël.

L’armée israélienne a-t-elle commis des crimes de guerre à Gaza ?

Je laisse aux enquêtes en cours le soin de le déterminer. Mais je sais, sans pour autant accuser Israël, que les guerres génèrent souvent des crimes de guerre.

Peut-on parler avec le Hamas ?

Pas encore. Les Palestiniens doivent s’entendre entre eux et le Hamas doit reconnaître l’autorité de Mahmoud Abbas tout comme les principes du processus de règlement et l’initiative arabe de paix.

Vous avez prononcé le mot « guerre » à propos de l’Iran. Et cela vous a été reproché. Le regrettez-vous ?

J’ai dit que le pire serait la guerre. Était-ce faux ? On devrait surtout reprocher à Mahmoud Ahmadinejad d’avoir menacé de détruire Israël, alors que l’Iran est soupçonné d’élaborer son propre arsenal nucléaire. Mais je suis satisfait des contacts directs potentiels entre la nouvelle administration américaine et Téhéran. Moi-même, je n’ai jamais cessé d’en avoir.

Ce ministère des Affaires étrangères, vous en rêviez, reconnaissez-le…

Vous lisez trop ce qu’écrivent les journaux. Non, je n’en rêvais pas, même si je n’étais pas disposé à accepter un autre portefeuille que celui-là. Le poste a été proposé à deux personnes : Hubert Védrine et moi-même. Et le choix du président s’est en définitive porté sur moi, même si nous avions à l’époque des divergences de vue sur l’immigration et l’entrée de la Turquie dans l’Europe. Ce fut sa décision, je l’en remercie.

Et depuis, c’est plus dur que prévu ?

Plus éprouvant et plus enthousiasmant que prévu.

Vos relations avec les journalistes ne sont pas simples. Souvent conflictuelles. Pourquoi ?

Parce que certains journalistes – je dis bien certains – semblent appartenir à une génération qui oublie parfois de vérifier les faits, sans profondeur historique. J’entretiens des rapports difficiles, exigeants avec la vérité parce que je respecte et que j’admire le métier de journaliste.

Avez-vous déjà songé à démissionner ?

Cette idée ne m’a effleuré que rarement. Lors de la visite en France du colonel Kaddafi par exemple, en mémoire de mon ami l’imam libanais Moussa Sadr, disparu en Libye il y a trente ans sans laisser de traces. Si moralement quelque chose me choquait dans l’attitude de la France au point que mes convictions profondes en soient remises en cause, je m’en irais. Mais je fais confiance au chef de l’État pour que cela n’arrive pas.

Il est une question que, paraît-il, vous ne supportez pas. Celle qui suggère qu’entre votre compagne Christine Ockrent, directrice générale de RFI et France 24, et vous-même, il puisse y avoir un conflit d’intérêts.

Je n’accepte pas que l’on pense que la carrière d’une femme soit toujours soumise à celle de l’homme. Je n’accepte pas que l’on ne puisse admettre qu’une professionnelle aussi reconnue que Christine Ockrent ait sa propre vision des choses sans être influencée par moi. Les budgets de l’audiovisuel extérieur ont été, à ma demande, transférés du Quai d’Orsay à Matignon et, depuis sa nomination, je n’ai pas tenu une seule réunion sur ce sujet. Je considère ce soupçon comme injurieux. Et je vous le dis clairement : si par hasard, contre ma volonté et celle de Christine Ockrent, le moindre conflit d’intérêts pouvait apparaître, alors là oui, je démissionnerais. Est-ce assez clair ?

Source : JeuneAfrique.com

Par TCHADENLIGNE - Publié dans : INTERNATIONAL
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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 21:55

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Festival de référence dans le milieu de la danse hip-hop, les Rencontres de la Villette nous offrent lors deux semaines d’aventures effervescentes entre théâtre, danse, concerts, chantiers et échanges, du 15 au 26 avril 2009.
À cette occasion, gagnez des invitations pour "Women, 68 même pas mort" (théâtre) le vendredi 17 avril et bénéficiez d’une offre spéciale sur toute la programmation.

Affiche des Rencontres 2009

• Un festival de référence pour découvrir les arts d’aujourd’hui

Pour cette 14e édition, Les Rencontres de la Villette, se réaffirment avec force comme emblématiques de tous les dialogues, de tous les échanges entre les cultures les plus diverses. Lees Rencontres s’inscrivent dans la Saison Créole de la Villette : les artistes de la Réunion, des Antilles seront présents aux côtés de ceux de la métropole, de Suisse, du Danemark ou du Tchad. DJ, slam, rap, théâtre, danses traditionnelles, vidéo, danse contemporaine, des formes multiples et métissées à découvrir !

• La Villette vous invite pour le spectacle "Women 68, même pas mort" (théâtre)

- Women, 68 même pas mort, le vendredi 17 avril à 18h30 :

La pièce questionne la transmission de « l’héritage de mai 68 » avec un regard inhabituel. Comment représenter mai 68 au théâtre ? Que raconter de cet héritage ?
Quarante années plus tard nous n’en avons pas fini avec la recherche de sens de cette période. Sur l’écriture explosive de Nadège Prugnard et les hymnes de Brassens, Cohen, Joplin ou encore Zappa, trois comédiens-musiciens hommes interprètent trois femmes et rendent hommage à celles qui ayant entre 25 et 30 ans en 68 ont vécu les révolutions sociale, sexuelle et politique en opposition avec les valeurs de l’époque. Une comédie engagée, drôle et intelligente qui étonnera ceux qui n’ont pas connu cette période de l’Histoire.

Par la Compagnie Brut de Béton Production
Mise en écriture et texte Nadège Prugnard
Conception, réalisation, mise en scène Bruno Boussagol

Lieu : Halle aux cuirs, Grande salle Durée : 1h20.

Comment participer ?

Pour gagner une invitation pour une personne, il vous suffit de nous adresser votre demande par mail à contact@etudiantdeparis.fr, en nous précisant :
- Vos nom et prénom,
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- Votre numéro INE ou BEA,


La Villette vous propose une offre spéciale sur toute la programmation des Rencontres

La Villette vous fait bénéficier d’une offre spéciale "une place achetée une place offerte" 19 € (pour 2) sur le plateau danse Hip hop et 15 € (Pour 2) sur Théâtre et Variation. Il vous suffit de réserver vos places au 01 40 03 75 75 en donnant le code "etudiantdeparis"




•INFORMATIONS PRATIQUES :

Rencontres de la Villette
Du 15 au 26 avril 2009


Grande Halle et Parc de la Villette
Métro Porte de Pantin

Informations / Réservations : 01 40 03 75 75
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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /Mars /2009 20:44



                                                      
Pour célébrer le bicentenaire de la naissance de Darwin
, la Cité des sciences et de l’industrie de Paris propose jusqu’au 7 juin, une exposition paléoanthropologique, La Ruée vers l’homme. En bonus , en régions, cette manifestation qui interroge notre arbre généalogique et part à la recherche des origines de l’homme, est visible simultanément dans quatorze muséums régionaux.

L’homo sapiens face à ses ancêtres. L'exposition La Ruée vers l’homme, à la Cité des sciences et de l’industrie de Paris, initie jusqu'au 7 juin les visiteurs à l’évolution des espèces et en particulier, à celle de l’homme. Pour se faire, la Cité des sciences a tablé sur un parcours ludique, pédagogique et très efficace. C’est ainsi, que l’homo sapiens que nous sommes se retrouve confronté à des ancêtres grandeur nature. Le jeu des ressemblances et des différences peut commencer. Qu’avons-nous gardé du massif Homme de Neandertal ? Comment pouvons nous être sûrs que ces ancêtres ressemblaient à ça ?

La réponse se trouve dans l’exposition ! Les fossiles sont la clé... Cherchés comme le saint graal, ce sont eux qui donnent des renseignements précis aux scientifiques sur l’anatomie, les dents, les os ou encore les crânes de nos aïeuls. Malheureusement, le nombre de fossiles donnant des informations probantes sur les hommes préhistoriques est estimé à 2000, ce qui semble bien maigre au regard des millions d’années que représente l’histoire évolutive des hominidés.

Les ancêtres partagent la vedette avec les scientifiques. Depuis Charles Darwin, bon nombre de scientifiques ont tenté de reconstituer notre arbre généalogique ou ont apporté leur pierre à l’édifice. Il est donc logique que de nombreuses interviews de paléontologues, de paléoanthropologues et de préhistoriens soient accessibles tout au long du parcours de La Ruée vers l’homme.

Dans la même optique, une grande fresque murale intitulée Il était une fois l’évolution… revient sur les dates clés, les citations et les portraits de scientifiques ayant joué un rôle important dans la compréhension de l’origine des espèces ou dans l’élaboration de la théorie de l’évolution.

Enfin, quatre films nous proposent de partager le quotidien de certains d’entre eux, notamment lors de la découverte de Tourmaï au Tchad ou lors de recherches sur le terrain dans la vallée du rift au Kenya.

Ce qu’il reste à découvrir. Les profondeurs de la terre n’ont pas encore révélé tous leurs secrets. De plus, chacune des découvertes peut remettre en question l’ordre établi. De nouvelles interrogations apparaissent pour une matière qui n’en manque déjà pas.

Quelles sont les conditions exactes de la naissance du genre humain ? L’Homo habilis, qui vivait il y a environ 2,5 millions d’années, est-il son premier représentant, comme on l’admet généralement ? Les questions sans réponses sont légion.

Malgré tout, l'exposition La Ruée vers l’homme fait un tour non négligeable de l’état actuel des recherches paléontologiques et paléoanthropologiques. Surtout, son côté ludique et accessible pourra donner des idées de carrière aux visiteurs les plus jeunes.

La Ruée vers l’homme - Cité des sciences et de l’industrie, Paris 19ème - Jusqu’au 7 juin -
www.cite-sciences.fr

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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 23:16
 

 

Le discours de Dakar (pur moment de "racisme à la papa") ? Il ne l'a pas été écrit. Il n'a fait que le lire...

 

Le concept de Ministère de ... et de l'Identité Nationale ? Ca fait juste plaisir de se sentir chez soi.

 

La Réunion sur l'Immigration et l'Intégration à... Vichy ? Une ville d'eau, c'est tout. Et puis... quoi de mieux pour remplir un Karcher?

 

Sa collaboration avec le pro pro collabo Novelli ? On ne peut pas tout savoir.

 

Sa collaboration avec Buisson, ex directeur de Minute et journaliste au Crapouillot ? Il faut le prouver:

«Un journaliste de conviction, ce qui est rare; un journaliste de grande culture, ce qui est très rare.» Et puis Sarkozy laisse tomber son texte et improvise. «C'est à Patrick que je dois d'avoir été élu», dit-il.

 

Son culte du Panzer Pape "qui ne se sent pas seul" dans l'affaire Williamson ? Un catholique ne doit-il pas respect à son pape ?

 

ETC... 

 

Le racisme supposé du Guide n'est donc qu'une calomnie scandaleuse qui nous rappelle une autre époque...

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Dimanche 29 mars 2009 7 29 /03 /Mars /2009 23:15



S'il doit y avoir un seul accord lors du sommet du G-20 à Londres, le 2 avril, ce sera sur les paradis fiscaux, pronostique Daniel Lebègue dans un entretien à Mediapart. Le président de la section française de Transparency International assure que les participants sont tous d'accord désormais pour lutter contre la fraude et l'évasion fiscale. «Mais du côté des paradis fiscaux, les choses bougent aussi», dit-il. Certains pays, dont la Suisse, le Luxembourg, l'Autriche, Singapour, viennent d'annoncer qu'ils allaient souscrire aux préceptes de l'OCDE et modifier leur législation.
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 12:15
+ 80.000 demandeurs d'emploi en février. Le nombre de chômeurs a encore explosé. En six mois, 335.000 personnes supplémentaires se sont inscrites à Pôle Emploi. Mais le service public de l'emploi nouvelle mouture, fusion de l'ANPE et des Assedic, est en pleine désorganisation, comme en témoignent vos réponses à notre appel à témoins lancé début mars. Chômeurs qui peinent à s'inscrire, ratés du numéro unique d'appel surtaxé (le 39 49), demandes d'indemnisation en rade, agents déboussolés... En pleine crise sociale, décryptage du grand malaise du service public de l'emploi.
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Lundi 23 mars 2009 1 23 /03 /Mars /2009 11:20


Le Réseau des Associations de Droits de l’Homme du Tchad(RADHT), un regroupement proche du régime, a demandé au gouvernement, de rapatrier le Tchadien Muhammad Al Gourani, détenu pour « terrorisme » sur la base américaine de Guantanamo, a appris APA de sources concordantes.

Détenu sur la base de Guantanamo depuis plus de 5 ans, Muhammad Al Gourani est un jeune Tchadien né dans la très nombreuse communauté tchadienne d’Arabie saoudite.

Vers l’âge de 17 ans, le jeune homme quitta son cocon familial pour apprendre les sciences coraniques dans les médersas pakistanaises.

Arrêté par les services pakistanais puis remis aux Américains, le jeune homme a été expédié à Guantanamo.

Depuis trois ans, le RADHT multiplie conférences de presse et communiqués pour alerter le gouvernement tchadien sur le sort de ce jeune accusé de terrorisme.

Pour le RADHT, un juge de Washington l’a lavé des accusations portées contre lui et de ce fait, le jeune Al Gourani devrait être rapatrié par son pays.

Jusque-là, les autorités tchadiennes demeurent totalement sourdes aux cris du RADHT, pourtant proche du régime.

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